"La solitude des nombres premiers" - Paolo Giordano

Quand l'analyse tue l'émotion.



Suite à un accident de ski, Alice est devenue boiteuse, et à l’âge de l’adolescence, cette infirmité couplée à des relations difficiles avec son père la pousse vers l’anorexie.

Mattia ressent lui aussi le besoin d’infliger des blessures à son corps depuis la disparition, alors qu’il était chargé de la surveiller, de sa sœur jumelle. Solitaire à l’extrême, il a développé pour les mathématiques des aptitudes hors normes.

Rongés par leur mal-être, les deux adolescents vont se reconnaître et se rapprocher.

« La solitude des nombres premiers » se lit très facilement. On entre rapidement dans l’histoire de ces jeunes à la vie bancale, que leurs différences marginalisent, qui pour se protéger du monde extérieur, et parce qu’ils ne se sentent pas dignes d’être heureux et aimés, se retranchent derrière l’indifférence…

Cependant, je ne crois pas que je garderai un souvenir impérissable de cette lecture, en raison sans doute de la façon dont l’auteur dépeint ses personnages. J’ai trouvé en effet son approche très « scientifique », ce qui m’a parfois donné l’impression que les dits personnages étaient comme désincarnés, sans véritable substance.

Paolo Giordano décrit les symptômes du mal-être (l’anorexie, l’auto mutilation), énumère des faits, et puis… c’est tout. Est-ce que cela suffit ? Les événements décrits sont certes assez terribles pour que le lecteur en retire une certaine émotion, mais cette émotion s’apparente pour moi à celle que l’on peut ressentir en lisant un fait divers dans le journal. Et ce n’est pas ce que je recherche dans un roman.

Alors, bien que je reconnaisse des qualités à "La solitude des nombres premiers" (une histoire prenante, un style agréable), il m'a manqué un petit quelque chose pour m'attacher vraiment à ses protagonistes.

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