"Le prestige" - Christopher Priest

Juste une illusion ?

Andrew Wesley, journaliste, ne se doutait pas, au moment où il partait enquêter sur une secte installée dans le village de Cadlow, qu'il y aurait rendez-vous avec une jeune inconnue -Kate Angier- qui allait l'entraîner sur les traces de son passé, ou plutôt celui de son ancêtre Alfred Borden, célèbre illusionniste contemporain de la fin du XIXème siècle. Il n'éprouve d'ailleurs que peu d'intérêt pour cet aïeul "biologique". En effet, Andrew a été adopté à l'âge de 3 ans, et n'a aucune curiosité concernant ses véritables parents. En revanche, les révélations faites par Kate sur son illustre arrière grand-père vont peut-être lui permettre de retrouver la piste de ce frère jumeau qu'il est persuadé d'avoir, avec lequel il communiquerait mentalement de façon régulière. Nous allons donc remonter le temps afin de faire plus ample connaissance avec Alfred Borden et Rupert Angier (l'aïeul de la jeune femme), tous deux magiciens, et tous deux rivaux, qui se livrèrent un duel aux conséquences parfois dramatiques...

Christopher Priest nous plonge donc avec ce récit dans l'univers de l'illusion, plus précisément dans celui de ses "techniciens", car ainsi qu'il l'est exposé au lecteur, la réussite des tours les plus époustouflants repose souvent sur des astuces d'une simplicité désarmante, et puis surtout sur la dextérité, acquise au prix d'heures acharnées d'entraînement, de celui qui les pratique. Le pacte tacite passé entre le prestidigitateur et son public, qui accepte le principe du secret indispensable à la féérie du spectacle, fait le reste. Le revers de la médaille, c'est le risque que la préservation de ce secret devienne une obsession pour le magicien, occultant tout le reste... c'est ce qui arrive à nos deux héros, qui dans leur lutte acharnée pour surpasser l'autre et conquérir la gloire, finissent par devenir nuisibles à eux-mêmes. "Le prestige" est un récit diablement efficace, qui flirte subtilement avec le fantastique, et qui embarque le lecteur d'autant plus aisément que Christopher Priest manie la plume avec fluidité, sans jamais verser dans la facilité en ce qui concerne l'élaboration de son intrigue.

Commentaires

  1. J'adore ce bouquin. Je le trouve totalement... fascinant !

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  2. Oui... Priest accroche le lecteur comme l'illusionniste son public.

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  3. Zut, toujours pas lu celui-là. A cause du film que j'ai toujours pas oublié. Fichue mémoire qui ne marche que quand elle ne devrait pas !

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  4. Je verrais bien le film, moi, maintenant...

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