Articles
"La ville" - William Faulkner
- Obtenir le lien
- X
- Autres applications
"Tous ici nous avons acheté des Snopes, bon gré mal gré (…)" Après s’être attaqué au hameau de Frenchman’s Bend , les Snopes partent à l’assaut de Jefferson, bourgade de trois mille âmes du comté de Yoknapatawpha. A leur tête, mais toujours à sa manière discrète -ou vicieuse-, on retrouve Flem Snopes et son indéboulonnable nœud papillon, qui après avoir roulé son beau-père Will Varner, s’est installé avec sa femme Eula -dont la sensualité débordante affriole toute la population mâle de Jefferson- et leur fille Linda (dont il n’est pas le père, ce que seule la principale intéressée ignore), dans une petite maison aux abords de la ville. En l’espace de deux ans, ce paysan qui n’avait probablement jamais vu d’usine électrique a pris la direction de celle qui alimente Jefferson. Et ce n’est qu’un début… Il poursuit son ascension avec ruse et ténacité. En douce, sans rendre de compte à personne. Mais s’il était jusqu’à présent essentiellement guidé par sa cupidité, c’est à a...
Sous les pavés, les pages 2026 - Résultat des Pastiches de juillet !
- Obtenir le lien
- X
- Autres applications
Les auteurs pastichés étaient : 1/ "Les beaux quartiers eux-mêmes, aussitôt après le crépuscule, ils quittaient leur veston compassé, ils passaient des nippes de canailles... et froutt !... les voilà... ils devenaient tout de suite tout poissards, absolument méconnaissables... je me laissais caramboler dans leurs avenues soudainement enfaunées, bruissantes d'accents qui trainaillent... Merde ! Je m'y suis bien refait les arpions !" > Louis-Ferdinand Céline 2/ "Tentative d'épuisement d'une rue : deux vélo, dont l'un sans chaine et l'autre dont le guidon est chromé. Deux cafés, l'un plein, l'autre, presque. Trois feux rouges, un respecté par erreur. Un pigeon hésite puis décide de ne rien faire." > Georges Perec 3/ "La ville avait une odeur de tabac froid, les pavés luisaient à peine. On marchait dans un brouillard collant d'odeur de poissons. Près du quai, les hommes déchargeaient sans parler. Un autre, immobile, la pip...
"Encabanée" - Gabrielle Filteau-Chiba
- Obtenir le lien
- X
- Autres applications
"J’ai filé en douce." Elle a fui la vie citadine, sa végétation domptée et son eau mise en bouteille, sa mesquinerie et sa violence, le ravalement de tout à d’uniques considérations matérielles, les injonctions toxiques faites aux femmes… Terrorisée par l’acharnement de l’homme à tout dévaster, dégoutée par la folie des grandeurs des temps modernes, par l’extinction d’un bonheur que l’on croit atteindre en satisfaisant des besoins qui n’en sont pas, elle a troqué ses appareils contre des livres, son emploi à temps plein contre une pile de pages blanches, en espérant réaliser son rêve de toujours : vivre de sa plume au fond des bois. Exilée dans une cabane exiguë, sans eau ni électricité, elle tente de recommencer sa vie, en quête de solitude et de simplicité totales. Anouk s’est donc installée dans la région de Kamouraska, au bord d’un affluent du fleuve Saint-Laurent. On est en plein hiver, les températures descendent fréquemment jusqu’à moins 40°c. L’essentiel de sa rou...
"La classe et la fonction" - Mariana Alves
- Obtenir le lien
- X
- Autres applications
"Ils ont beau avoir toujours un balai à la main, les Portugais ont eux aussi de la poussière sous le tapis." On y entre par une petite porte discrète, invisible parmi les entrées stylisées Art déco de ce quartier d’Auteuil que les touristes viennent prendre en photo. C’est une loge de concierge, qui malgré son exiguïté parvient, car faite de coins, à être labyrinthique. Une minuscule pièce principale, un cagibi sous les escaliers de l’immeuble, des toilettes à la turque derrière ceux de service, et une chambre de bonne au sixième étage… C’est là que la Grande petite passe son enfance et son adolescence. Ses parents, comme de nombreux immigrés portugais arrivés à Paris dans les années 1980, sont gardiens d’immeuble. En de très brefs chapitres, d’une factualité presque aride, elle observe ce contexte par le biais de l’assignation qu’il induit. Les épisodes se déroulent majoritairement à la loge ou à l’école, et les faits alors décrits ont pour unique vocation de révéler l...
"Drama doll" - Rose Vidal
- Obtenir le lien
- X
- Autres applications
Rendez-vous manqué. En dépit de son sous-titre –"roman sans histoire", on ne peut pas vraiment dire que "Drama doll" soit un roman. Personnellement, je n’y ai pas compris grand-chose, et je garde de cette lecture un vague sentiment d’imposture… J’en avais entendu parler comme d’un texte abordant, à partir de divers témoignages, le thème de la douleur et des addictions aux traitements qui la soulagent. Et c’est bien ainsi que ça commence, avec l’évocation de l’histoire d’Emmanuelle, et sa douleur d’avoir perdu, lors de son accouchement, l’un des jumeaux qu'elle portait. Enfin, plus -ou autant- que cette histoire, ce qu’évoque l’auteure, c’est la manière dont elle lui a été confiée, et dont elle l’a reçue… D’autres témoignages s’invitent parfois dans le récit, mais ils restent à l’état de bribes, en acquièrent presque un caractère anecdotique. L’ensemble est constitué de digressions et d’interrogations, en une succession dont je ne suis jamais parvenue à att...
"La tristesse du samouraï" - Víctor del Árbol
- Obtenir le lien
- X
- Autres applications
"Les dieux et les héros, ça n’existe pas. Il n’y a que des miasmes." Barcelone, mai 1981. Une femme agonise sur un lit d’hôpital. Comme elle a refusé toute visite, seul un inspecteur de police passe la voir : suspecte dans une affaire mêlant plusieurs assassinats et l’évasion d’un prisonnier, elle a promis qu’elle allait "tout lui raconter". A partir de cette scène qui ouvre le roman, Víctor del Árbol remonte le temps, reconstituant le fil des événements qui y aboutissent. C’est d’une tumeur au cerveau qu’est en train de mourir María Bengoechea, 35 ans. Contrairement à ce que l’on nous fait croire de prime abord, son implication dans cette histoire ne remonte pas au moment (trois ans auparavant) où cette avocate en droit pénal a fait condamner César Alcalá, un policier véreux qui a torturé jusqu’à le plonger dans le coma un indic qui menaçait de le dénoncer. Ce moment de gloire a fait décoller une carrière jusqu’alors faite d’une routine insatisfaisante et peu r...
"Bien-être" - Nathan Hill
- Obtenir le lien
- X
- Autres applications
"Il y avait deux ou trois choses qu’ils devaient savoir avant de se rendre à une partouze." Dans l’un des épisodes de "Bien-être", un des personnages, à l’aube du développement d’internet, explique à un autre le principe révolutionnaire du lien hypertexte, à partir duquel un récit se construit par interconnexions, au fil d’une navigation libre, libérée de toute linéarité. C’est sur ce même principe que Nathan Hill semble avoir construit son récit, comme s’il suivait le fil d’associations d’idées dont on ne voit pas toujours de prime abord ce qui les lie. Pour autant, le lecteur n’est jamais perdu, l’intrigue orbitant autour de deux personnages principaux que cette construction en "toile" dote d’épaisseur et de complexité. Cela commence, pour le coup de manière "logique", par leur rencontre. On est en 1993. Alors tous deux étudiants, lui en photographie, elle en psychologie, ils vivent dans le quartier de Wicker Park à Chicago, un lieu sale, p...