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"La saga des émigrants" – Tomes I & II : "Au pays" et "La traversée" - Vilhelm Moberg
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" (…) quiconque prétendait que les hommes étaient égaux et devaient mettre leurs biens en commun n’avait rien de bon à attendre de la vie." "La saga des émigrants", série romanesque, déploie le destin de paysans suédois qui émigrèrent, au milieu du XIXème siècle, vers les Etats-Unis d’Amérique. Originellement parue en quatre romans, elle est scindée, dans sa traduction française au format poche, en cinq volumes. Le premier, "Au pays", met en place la galerie de personnages que nous allons suivre tout au long de la saga -du moins je le suppose-, et expose les conditions et les motivations à l’origine de leur exode. L’intrigue gravite autour de la famille Nilsa, lignée de fermiers du Småland (région du sud-est suédois) comptant régulièrement parmi ses membres un homme au nez proéminent au point de le défigurer, cette caractéristique physique s’accompagnant d’un caractère bien trempé. Le dernier en date à avoir hérité de l’insigne tarin est Karl Oskar, ...
"La petite sœur – Un portrait de Silvina Ocampo" - Mariana Enriquez
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"Elle se cachait. Voici, dans ce livre, les indices que j'ai trouvés derrière ses textes explosifs. Et leurs traces ont le parfum luxuriant du secret." C'est à la demande de l'écrivaine et journaliste Leila Guerriero que Mariana Enriquez écrit ce qui se veut un portrait de Silvana Ocampo. Un portrait, et non une biographie, avec ce que cela suppose de subjectivité. Silvana est connue comme la sœur de -l’écrivaine Victoria Ocampo-, l'épouse de -Adolfo Bioy Casares-, l'amie intime de -Luis Borges- … mais qui était-elle vraiment ? Certains la définissent comme l'une des femmes les plus riches et excentriques d'Argentine, d’autres comme l’une des écrivaines les plus brillantes et étranges de la littérature espagnole, mais tout cela ne dit rien d'elle. Pour tenter de percer son mystère, Mariana Enriquez reprend des extraits d'entretiens, de biographies et de témoignages de proches, se rend sur les lieux où vécut Silvana Ocampo - villa col...
"Les villages de Dieu" - Emmelie Prophète
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"N’importe quel silence entre deux êtres ouatait le bruit de la Cité de la Puissance Divine." J’ignore si c’est le reflet de la réalité, mais dans le roman d’Emmelie Prophète, les ghettos de la périphérie de Port-au-Prince portent, comme s’ils étaient des lieux saints, des noms bibliques. Triste ironie… La narratrice nous fait plus précisément découvrir celui de la Cité de la Puissance Divine, situé près d’une mer dans laquelle elle n’a jamais trempé les pieds, mais dont elle connaît par cœur les ruelles labyrinthiques, si étroites qu’on les appelle des corridors. Célia, " petite et pas très jolie ", a tout juste vingt ans. Sa Grand Ma, qui l’a élevée suite au décès d’une mère toxicomane et atteinte du sida dont elle n’a aucun souvenir, est morte à son tour quelques mois auparavant. Un soir d’affrontement plus intense que les autres entre gangs rivaux a eu raison de son cœur. Pour survivre, Celia se prostitue. Elle n’a qu’un seul client, qui chaque jour se pré...
"Scarborough" - Luc Dagognet
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"Parfois, j’ai l’impression que la ville entière glousse dans mon dos." Les péripéties vécues par le narrateur alors quadragénaire prennent leur source dans un étrange épisode de son adolescence. Alors en séjour chez ses grands-parents, il assista à l’agonie d’une grand-tante qui lui confia, sans explication, un livre dont elle avait souligné certains passages. Il s’agissait du recueil de nouvelles d’un certain R. Basson. La lecture d’un de ses textes, virant au surnaturel, trouva un étrange écho dans la réalité, et s’associa à l’écoute d’un ensorcelant arpège joué à la guitare par un voisin dont la fenêtre était ouverte, et qui se grava dans sa mémoire. Quelques décennies plus tard, notre héros est professeur d’anglais dans un collège de Rueil Malmaison. Son projet initial était d’enseigner le dessin, mais il n’en n’éprouve aucune aigreur, s’épanouissant dans la transmission. C’est un enseignant plutôt laxiste, parfois distrait, toutefois suffisamment passionné pour teni...
"Le hameau" - William Faulkner
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"Son visage était aussi vide d’expression qu’une pâte à tarte avant la cuisson." "Le hameau" est le premier volet de la trilogie dite "des Snopes", que complètent "La ville" et "Le domaine". Ce titre est lui-même scindé en quatre parties -ou quatre "livres", ainsi qu’elles sont intitulées- qui pourraient se lire indépendamment les unes des autres, mais que l’auteur, avec cette parfaite maîtrise de la construction qu’on lui connaît, lie. On est dans le comté (fictif) de Yoknapatawpha, familier aux lecteurs de l’écrivain. Le hameau est celui de Frenchman’s Bend, isolé au fond d’une vallée fertile où l’on cultive le coton et le maïs (pour son alcool). Plus ou moins coupé du reste du monde, il est régi par ses propres lois, et les agents fédéraux n’y sont pas les bienvenus ; les noirs évitent eux aussi de s’y aventurer. Will Varner est le personnage le plus important du pays. Il en est le plus gros propriétaire terrien, et a...
"Le Peuple de l’Abîme" - Jack London
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"Et ainsi, bonnes gens, s’il vous arrive un jour de visiter Londres et d’y trouver des hommes endormis sur des bancs ou sur l’herbe, ne croyez surtout pas que ce sont là des fainéants, qui préfèrent le sommeil au travail." Eté 1902, Jack London doit couvrir la guerre des Boers comme correspondant pour un média américain. Mais lorsqu'il arrive en Angleterre le 6 août, la guerre est finie. Il reste alors à Londres et décide de vivre pendant six semaines dans le quartier pauvre de l'East End. Il va se plonger, "corps et âme", dans ces bas-fonds de la capitale anglaise, où vivent travailleurs misérables et sans abri. Son reportage est initialement publié en épisodes dans un magazine. Afin que l’immersion soit totale, il se met en quête d’un logement dans le quartier, y cherche du travail, dort dans un asile de nuit… En documentant ces expériences auxquelles s’ajoutent les nombreux témoignages qu’il collecte au contact des habitants, il restitue le spectacle quot...
"Diables blancs" - James Robert Baker
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"(…) j’ai un peu de mal avec les attardés qui suintent dans leurs fringues en polyester, les ploucs qui empuantissent ma Saab (…)" Si l’on en croit la préface de l’auteur, le récit est la transcription de six cassettes audio qu’une de ses connaissances, Tom Dunbar, lui a adressées. Ce dernier y détaille sa descente aux enfers… Le procédé instille au texte une oralité qui le dynamise, où se mêlent spontanéité et art du récit. Et pour cause : Tom Dunbar est écrivain. Après l’immense succès que lui a valu un ouvrage de true crime , il a écrit un roman plus exigeant et donc moins lucratif. Son épouse Beth, sublime et intelligente mais complètement givrée et droguée aux anti dépresseurs, a par ailleurs dilapidé leurs économies dans un projet de restaurant qui a périclité. Le couple, qui habite l’un des plus chics quartiers de Los Angeles, se retrouve endetté, mais refuse de renoncer à son train de vie ou d’en être réduit, concernant Tom, à écrire la biographie d’Imelda Marcos (veu...