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"La Maison des Jeux – L’intégrale" - Claire North

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"J’ai commencé à te haïr le jour où tu as commencé à jouer pour jouer." L’ouvrage regroupe très logiquement des textes d’abord parus indépendamment, constituant une trilogie.  Si chaque volume diffère quant à son unité de temps et de lieu, et au personnage qui y est mis en avant, l’ensemble est cimenté par une cohérence aussi bien scénaristique que thématique. La Maison des Jeux, à la fois présence concrète et entité conceptuelle, est comme l’œil d’un cyclone autour duquel orbitent des héros que l’on retrouve parfois d’une partie à l’autre. Nous y entrons par une porte se situant dans la Venise du XVIIème siècle, " cœur commercial de l'Europe aimée de la peste et honnie des papes ", avec un premier Livre intitulé "Le Serpent". Nous y faisons la connaissance de Thene, fille d'un riche marchand d'étoffes et d'une juive défunte, qu’un oncle cruel a mariée à Jacomo, rejeton d’une grande lignée désargentée qu’a acheté sa dot. Homme froid et ...

Sous les pavés les pages, Cinquième !

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Pour annoncer cette cinquième édition de notre défi urbain, Athalie et moi-même (surtout Athalie d'ailleurs, je me suis personnellement contentée d'approuver sans réserve sa très chouette proposition)  nous sommes amusées à un petit jeu littéraire parce que la ville s'écrit, se réécrit sans cesse … C'est donc trois pastiches que nous vous soumettons avant de vous rappeler les règles, fort souples par ailleurs, de nos lectures urbaines, et enfin, nos propres suggestions programmées.  Le jeu bonus : retrouver les auteurs qui auraient pu écrire ces trois visions de la ville (on n'a pas encore fixé le bonus, on a trois mois pour réfléchir), vous pouvez déjà nous envoyer vos propositions par mail (pour ceux qui ont nos adresses) ou via le formulaire de contact de nos blogs respectifs : "La rue hurlait, crachait, suant la misère et la crasse. Les corps sortaient ruisselants, avalés, recrachés par la gueule noire de la bouche de métro. La ville dévore tout." ...

"Nord Sentinelle" - Jérôme Ferrari

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"C’est ce soir-là que j’ai, pour la première fois, eu l’intuition très nette que nous vivions peut-être tous en enfer." Lundi. J’achète le roman "Nord Sentinelle" de Jérôme Ferrari, que j’avais l’intention de lire depuis sa sortie, et dont la parution en poche quelques jours avant un séjour en Corse relève d’un hasard qu’après lecture je ne jugerais pas forcément heureux… Mercredi. J’entame "Les abandonnés de l’île Saint-Paul", de Valentine Imhof, en prévision du rendez-vous du 15 juin fixé par Cléanthe, sur la thématique îlienne. La quatrième de couverture évoque des marins bretons… Au bout de quelques pages, je me sens bien bête : le récit se passe sur une île de l’océan Indien. Il faudra repasser pour les Escapades Européennes… C’est parti pour une séance de fouille de fonds d’armoire et d’inspection des caisses de vins reconverties en boîtes à livres réparties dans l’appartement, à la recherche d’un titre idoine. Il y a bien un Maud Simmonot qui tr...

"Les cinq ami.e.s l’échappent belle in extremis" - Fabcaro

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"Apolline rougit, fière de sa découverte. Elle avait beau avoir ses règles, on pouvait toujours compter sur elle pour trouver des petits tas de paëlla par terre." Rire fait travailler les abdominaux, paraît-il… Ça tombe bien. L’échec de mes efforts pour tenir plus de trois secondes dans la posture du pont s’explique selon mon professeur de yoga par une déficience musculaire de mon "centre", qui vient donc inévitablement de se renforcer, puisque je crois n’avoir jamais autant ri (ou ne m’être jamais autant bidonnée, si j’ose un mauvais jeu de mot) qu’à la lecture du dernier ouvrage de Fabcaro… L’objet livre attire immédiatement le regard de ceux et celles qui comme moi ont été abreuvées dès leurs plus jeunes années des aventures de François, Claude, Annie, Nick et Dagobert, éditées par la Bibliothèque Rose : pastichant un épisode du célébrissime Club des Cinq de la romancière britannique Enyd Blyton, il en reproduit même l’apparence. Concernant le fond, on re...

"Le crime du bon nazi" - Samir Machado De Machado

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"(…) la seule manière concevable d’être un bon nazi est d’être un nazi mort." L’entame pourrait faire penser à une vieille blague un peu glauque, qui commencerait par "Trois nazis sont sur un bateau dans un ballon…". Nous sommes au début des années 1930, et le dirigeable allemand LZ 127 Graf Zeppelin survole le Brésil à destination de Rio de Janeiro. A son bord, des hommes d’affaires brésiliens, et quelques passagers de choix partageant la même table à l’occasion de repas proposant le "meilleur" de la fade et roborative gastronomie allemande : une baronne quinquagénaire et imposante qui compense l’interdiction de fumer à bord en enchaînant les verres de gin tonic ; un médecin hygiéniste porteur de l’étroite moustache alors à la mode en Allemagne, qui se rend au Congrès brésilien d’eugénisme pour y présenter les inconvénients du métissage ; un anglais arborant toutes les caractéristiques de ses origines, de l’élégance courtoise à l’humour "incisif...

"Sidérations" - Richard Powers

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"Je ne savais pas comment être un bon parent." Le talent de Richard Powers pour entremêler détresses intimes et drame collectif s’exprime dans ce roman de manière poignante. La détresse intime est celle d’un deuil. Aly, infatigable activiste à la tête d’une ONG de défense de l’environnement, est morte dans un accident de voiture deux ans auparavant. Theo, astrobiologiste, s’est ainsi retrouvé à élever seul leur fils Robin, alors âgé de sept ans. Une tâche d’autant plus ardue que Robin n’est pas un enfant comme les autres. Aucun diagnostic n’a pu être concrètement posé sur son syndrome, que l’on découvre surtout par ses manifestations : crises de rage ou d’angoisse incontrôlables, hypersensibilité, attachement irraisonné à divers manies et rituels. C’est aussi un garçon très doué pour le dessin, doté d’une compréhension aigue des choses, d’une mémoire prodigieuse et d’une gravité qu’on ne s’attend pas à trouver chez un enfant de cet âge. Robin est, enfin, à la fois obsédé ...

"Quatre jours sans ma mère" - Ramsès Kefi

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"Au vrai, je ne l’ai jamais autant aimée que depuis qu’elle a filé." Elle avait vraiment besoin de s’absenter. Elle reviendra quand elle sera prête. Voilà en substance les mots qu’Amani a prononcés au téléphone à son époux Hédi et laissés sur une note à son fils Salmane, avant de disparaître. Pour les deux hommes, c’est la stupeur. Le premier réflexe d’Hédi est d’éviter que cette fâcheuse affaire s’ébruite. Son deuxième est de jeter son alliance et de décréter qu’il est hors de question qu’Amani remette un jour les pieds chez eux : "ici, une femme ne se barre pas en laissant un homme à la maison. Elle doit rester, quoi qu’il en coûte". Ici, c’est La Caverne, ensemble HLM des environs de Paris dont les habitants, inspirés par son nom, ont décoré les tours d’aurochs et autres mammouths. Mais c’est surtout sur la réaction de Salmane, dont il fait son narrateur, que s’attarde l’auteur. Salmane est un grand garçon de trente-six ans qui vit toujours chez ses parents...