Articles

"Purity" - Jonathan Franzen

Un certain manque de liant...
Purity est le véritable prénom de celle qui, par honte de ce patronyme, se fait appeler Pip. Et elle n'en est pas à une mystification près, sa mère ayant trafiqué son certificat de naissance et vivant elle-même sous une fausse identité, en recluse, depuis qu'elle a soi-disant fui un mari violent.
Purity était alors trop jeune pour avoir gardé ne serait-ce qu'un vague souvenir de son père. Et ses tentatives régulières pour extorquer à sa mère la moindre information qui lui permettrait de le retrouver se heurtent à un mur. Non pas que la jeune femme éprouve le besoin de renouer avec une partie de ses racines... mais elle entame sa vie adulte plombée d'une dette de 130 000 dollars due à un prêt étudiant que son boulot sous-payé de téléprospectrice ne lui permet pas d'éponger, et elle estime qu'il serait temps que son géniteur assume ses responsabilités.
De quoi rendre tentante la proposition qui lui est faite de rejoindre, en tant que …

Napo... lit !

Image
 J'ai eu la chance, fin mai, de partir en escapade à Naples et sur la côte amalfitaine, une très belle région entre Méditerranée et rocaille, dominée par la douce pente du 
Vésuve. 

J'ai beaucoup aimé aussi la capitale de la Campanie, si vivante, si populaire, grouillante sans être agressive...
... une ville maîtrisée par ses habitants, dont les dessins et les affiches s'étalent sur les murs, dont le linge colonise l'étroitesse des ruelles...
... une ville qui exprime les obsessions et les croyances de son peuple...

... une ville parsemée de librairies !

Je vous en ai rapporté un petit florilège (malheureusement fortement réduit suite à dysfonctionnement de mon appareil photo)...













LES TOILES DU SEMESTRE

Image
A croire que j'y ai pris goût... après un premier bilan vous restituant mes quelques expériences cinématographiques sur l'année 2016, me revoilà avec dans ma mallette à distractions culturelles une petite quinzaine de films vus au cours de ce premier semestre 2017, dont certains m'ont suffisamment emportée pour que je décide de renouveler l'exercice.
Ce sera, comme précédemment, sans fanfare ni grands discours, un bref amalgame de mes coups de cœur et coups de griffes, de ce qui m'a bouleversée, amusée, agacée...
Parmi les fictions, c'est "Manchester by the sea" qui m'a sans doute procuré l'émotion la plus intense. Très habilement, le film commence lentement, semble tourner autour de l'intrigue sans oser s'attaquer au vif du sujet. Un homme, que l'on devine immensément seul, retourne à la mort de son frère dans sa ville natale, le temps d'assister aux obsèques, de régler quelques détails administratifs, entre autres la tutelle…

"Soumission" - Michel Houellebecq

Image
Beaucoup de bruit pour rien ?
Au vu des réactions suscitées par le dernier roman en date de Michel Houellebecq, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre... roman subversif ou visionnaire ? Ouvrage de science-fiction ou brûlot anti-musulman ? Et je dois bien avouer qu'après avoir refermé "Soumission", je reste perplexe quant au sens à donner à cet ouvrage...
Plantée dans un futur proche, à l'horizon des élections présidentielles de 2022, l'intrigue part d'un postulat auquel j'ai eu un peu de mal à adhérer, à savoir que l'électorat français se retrouverait partagé entre une moitié votant Front national, l'autre moitié choisissant de porter au pouvoir un parti religieux. Une situation engendrée par une fissure du système politique traditionnel menant à la fin de la suprématie "centre droite-centre gauche", par une lassitude du peuple face à des partis à bout de souffle, en manque de projet, séparés des citoyens et de leurs préoccupat…

"Le faon" - Magda Szabó

Image
Un intérêt tardif.
Après la lecture de "La porte", retrouver Magda Szabó était une évidence...
Eszter est comédienne. "Le faon" est le long monologue intérieur qu'elle déroule, le temps de regagner son domicile depuis la maison d'une amie chez qui elle a passé la nuit, à l'attention de celui que l'on devine être son amant.
On comprend rapidement qu'à l'instar d'Emerence, l'atypique héroïne de "La porte", Eszter est un personnage peu banal... Elle se dépeint elle-même comme égoïste, peu aimable. Elle prétend aussi se sentir "floue", insignifiante, comme si elle n'avait pas de personnalité propre. Elle en déduit que c'est ce qui lui confère le talent troublant avec lequel elle imite les autres, et habite littéralement les personnages qu'elle joue, sur scène ou dans la vie. Elle dévide son monologue avec une totale sincérité, n'édulcore ni ses pensées ni ses sentiments, se montrant parfois cruelle, ou …

"Le garçon" - Marcus Malte

Image
"Puisque c'est ainsi que les hommes vivent".
Je m'attendais plus ou moins à un remake de "L'enfant sauvage", à la confrontation entre un être mal dégrossi élevé par quelque mammifère et des sommités scientifiques en quête de gloire et de trouvailles...
Ce n'est pas tout à fait ce que j'ai trouvé dans "Le garçon"...
Il a toujours vécu dans un coin de forêt reculé de l'Hérault, avec pour seule compagnie celle de sa mère, quoique pour lui ce terme n'ait pas réellement de sens, aucun échange de paroles, aucune marque d'affection ne définissant leur relation. Mais il sent instinctivement qu'un lien l'attache à cette femme qui lui appris à se procurer sa nourriture, dont il a partagé la masure, et sa connaissance intime de la nature. Elle est par ailleurs le seul modèle d'humanité à imiter pour lui qui n'a jamais eu aucun contact avec ses semblables. Lorsque sa mère meurt, il est aussi ignorant du monde que le mon…

"Heimska, La stupidité" - Eiríkur Örn Norðdahl

Image
Stóri Bróðir.
Dans un futur proche...
... les individus sont privés de toute intimité, ce dont ils s'accommodent visiblement fort bien. En effet, pour ces citoyens d'un monde hyper connecté, l'omniprésence de caméras permettant à la planète entière de suivre leurs faits et gestes à tout moment, y compris chez eux, est devenu non seulement une évidence, mais aussi un besoin. Car ne pas être vu revient alors à disparaître, l'existence étant principalement définie par la possibilité du regard des autres. "C'était peut-être ça, le plus terrifiant, l'idée d'être seul sans que personne vous voie, l'idée que tous pouvaient vous observer, mais que personne ne s'y intéressait". Le dispositif qui régit techniquement cette vaste toile d'araignée est désigné sous le nom de surVeillance, comme si son principal but était la protection (de qui ? contre quoi ?) et non l'observation, voire le contrôle.
Áki et Lenita Talbot évoluent dans cette sociét…