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"Marcher droit, tourner en rond" - Emmanuel Venet

"Au fond je n'aime pas les cérémonies de funérailles parce que leurs tissus de mensonges me ramènent à la vraie vie (...)".
C'est en quelque sorte l'enterrement de la grand-mère Marguerite qui a tout déclenché. Comme lors des précédentes obsèques auxquelles il a assisté, le narrateur a dû y subir le tissu d'énormités proférées à l'occasion de l'oraison évoquant une défunte soi-disant pourvue de toutes les qualités...

Il entreprend donc de nous édifier quant à la véritable nature de son aïeule, dont il brosse un portrait bien peu flatteur de mégère réactionnaire, égoïste, malveillante, et ce faisant, de digressions en associations d'idées, en profite pour nous livrer ses considérations sur la vie, son avis éclairé sur l'ensemble des membres de sa famille, pour nous parler, aussi, de lui... de sa passion pour le scrabble et les catastrophes aériennes, de son amour indéfectible (et à sens unique) pour Sophie Sylvestre-Lachenal, camarade de lycée …

A L'AIDE !!

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Bonsoir à tous,

Je suis complètement dépitée : suite à une mauvaise manipulation, j'ai supprimé l'index de mon blog, que j'ai heureusement pu récupérer, parce que j'en avais enregistré un brouillon il y a quelque temps, que j'ai complété pour le mettre à jour. Seulement, un autre problème se présente : les liens qui permettaient, depuis le sommaire alphabétique en haut de page, d'accéder en un clic à la lettre voulue, ne fonctionnent plus.

J'essaie depuis deux heures de les recréer, en cherchant sur divers forums la méthode adéquate, sans succès...

Y a-t-il par ici un expert de Blogger qui pourrait m'aider ?

"La mélancolie de la résistance" - László Krasznahorkai

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"On se demandait si la fin du monde n'était pas imminente".

Il s'agit de se fondre dans le rythme... ne pas tenter de contrer cette logorrhée constituée de longues phrases à propositions multiples -véritables leçons de ponctuation !-, emboîtant idées principales et digressions. Il faut laisser László Krasznahorkai vous prendre par la main pour vous entraîner dans cette effrayante sarabande qui, vous verrez, n'est pas si abrupte qu'il y paraît de prime abord... Il s'agit de se fondre dans son rythme...
Vous êtes parachutés dans un lieu aux contours vaguement définis, parce qu’innommé, et que vous êtes laissés dans l'ignorance quant à l'époque à laquelle se déroulent les faits. L'auteur nous place ainsi dans un semblant d'égalité avec ses personnages, qui ont toutes les peines du monde à reconnaître leur ville depuis que des phénomènes insidieux mais pesants l'ont peu à peu transformée : accumulation de détritus sur les trottoirs attiran…

"Les échoués" - Pascal Manoukian

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"Je croyais qu'étudier rendait plus intelligent, dit-il en grimaçant.
- Ça doit pas marcher sur tout le monde", conclut Virgil.


Je me souviens, lors de sa sortie, d'un concert de louanges. Et c'est vrai, "Les échoués" compte de nombreuses qualités.
En suivant le parcours de quatre migrants quittant leurs pays pour la France, Pascal Manoukian nous immerge dans un quotidien dont il n'omet aucune des difficultés, des dangers, des vexations et des violences.
Virgil a laissé derrière lui, en Moldavie, sa femme bien-aimée et leurs trois garçons, pour tenter de gagner sur les chantiers français l'argent qui lui permettra de rembourser la dette contractée auprès des mafieux qui, depuis la chute de l'URSS, ont la mainmise sur tous les niveaux de l'économie du pays.  Chanchal, orphelin, a fui quant à lui la pauvreté du Bangladesh, et tente de vendre ses roses aux amoureux attablés sur les terrasses parisiennes. C'est la guerre, enfin, qui a pous…

"Testament à l'anglaise" - Jonathan Coe

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"Estimons-nous heureux si nous nous réveillons demain matin sains et saufs dans notre lit".
Jonathan Coe fait dorénavant partie de ces auteurs que je m'étonne de ne pas avoir découvert plus tôt... voilà pourtant un écrivain à la célébrité bien installée, à propos duquel je crois n'avoir jamais lu que des avis positifs. Est-ce justement sa renommée et le bienveillant consensus autour de son oeuvre qui me retenaient ? Un reste d'a priori quant à la soi-disant froideur britannique (mon expérience avec Mc Ewan aurait dû pourtant me servir de leçon...) ? Toujours est-il qu'il aura fallu la caution d'Athalie pour me convaincre de franchir le pas...
Après avoir obtenu avec ses deux premiers romans un succès d'estime, Michael Owen, déprimé, en manque d'inspiration, en froid avec sa mère -unique famille qui lui reste-, vit depuis deux ans en retrait du monde. Les approches et la gentillesse d'une nouvelle et séduisante voisine l'incitent peu à peu …

"Le chemin s'arrêtera là" - Pascal Dessaint

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"Quand on est faible, on a tort".

Comme dans "Les derniers jours d'un homme", Pascal Dessaint explore avec "Le chemin s'arrêtera là" les conséquences de la crise économique sur les destinées individuelles de ceux dont la voix nous parvient rarement. Et comme dans "Les derniers jours d'un homme", il focalise son récit sur un microcosme représentatif de cette crise et de ses corollaires, un récit qui prend racine dans le paysage de grise désolation que constitue La Digue, son canal devenu quasiment inutile, son usine fermée, son atmosphère polluée, et sa centrale nucléaire dont la silhouette massive parachève la dimension mortifère de ce triste tableau.
On est loin, ici, des malheurs du monde mis en exergue au journal de 20 heures ou sur les chaînes d'info continue, même si la situation désastreuse de ce coin de France est en partie le résultat d'une conjoncture économique mondiale. On approche l'intime, le quotidien. On se…

"Joseph libéré" - Alain Julien Rudefoucauld

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"Les tentations mises de côté, il causa franc-matois le scribeux. Ca plaisait bien à Joseph ce style direct et pas farouche."

Chaque nuit, Joseph Deogratias se réveille en hurlant une phrase qu'il ne comprend pas, étreint d'une angoisse que d'aucuns disent transmise et amplifiée de génération en génération, à ceux dont la lignée a pour origine l'accouplement forcé d'esclaves... 
Ascendance maudite ou non, à soixante ans passés, Joseph a de toutes façons connu au cours de son existence assez d'événements susceptibles d'expliquer ses cris nocturnes, l'un des plus traumatisants restant l'identification, à la morgue, du cadavre disloqué de sa mère, qui venait de se défenestrer. Dépressive suite au départ pour la métropole du père de Joseph, un homme qui la maltraitait mais dont elle était pourtant follement éprise, elle laissa ainsi son fils de dix ans livré à lui-même.
De l'orphelinat à l'armée, où il s'engagea ensuite et dont il p…