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Florida" - Olivier Bourdeaut

Factice. J’ai aimé " En attendant Bojangles ". Ce n’est pourtant pas le genre de titre pour lequel j’ai de l’appétence, mais j’avais été séduite par le pétillement du texte, le mélange de fantaisie et de tragédie qui m’a par moments presque fait penser à Boris Vian. Pour autant, et bien qu’ayant apprécié, à l’occasion d’une dictée organisée à l’occasion d’un salon littéraire, le naturel et l’humour de l’auteur, je n’ai jamais eu envie de récidiver… jusqu’à ce que je tombe sur un exemplaire d’occasion de son dernier roman. Malgré l’ombre de l’ extraordinaire roman de Joyce Carol Oates sur un sujet similaire , et encouragée par les avis positifs de lectrices fort recommandables, je me suis dit "pourquoi pas ?". C’est malheureusement le "pas" qui l’a emporté… Elizabeth Vernn voit sa vie basculer le jour de ses sept ans, lorsque sa mère lui offre comme cadeau d’anniversaire une participation à un concours de mini-miss, qu’elle remporte. C’est le début d’une na

PETIT BAC 2021 : bilan d'étape

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Je vous ai parlé il y a quelques mois de l'activité qu'organise Enna depuis plusieurs années maintenant : son célébrissime Petit Bac , qui consiste à compléter une ligne du jeu du même nom, dont elle a au préalable déterminé les différentes thématiques. J'y participe pour la première fois cette année, et j'avoue une certaine satisfaction à l'idée d'avoir terminé, grâce à la lecture de "Tout ce bleu", de Percival Everett, ma deuxième ligne, objectif que je m'étais fixé au moment de mon inscription. Voici le récapitulatif desdites lignes, qui me permet, à mi-parcours de l'année, de remettre en avant des titres que pour la plupart j'ai aimés : PRÉNOM MARGUERITE n’aime pas ses fesses – Erwan Larher ANDREW est plus beau que toi - Arnaud Cathrine & The Anonymous Project LIEU LITTORAL – Mouawad Wajdi Le quai de OUISTREHAM - Florence Aubenas ANIMAL L’ O ISEAU – Oh Jung-hi Courir au clair de lune avec un CHIEN volé - Callan Wink  OBJET

"Cotton County" - Eleanor Henderson

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"Il y a bien peu de choses que les femmes puissent faire dans ce monde mais s'il y en a bien une c'est empêcher les hommes de verser le sang." Début des années trente. Géorgie. Zoom sur la bourgade de Cotton County. Approchons-nous encore, jusqu’aux abords de la ferme du Croisement... Tiens, voilà cette forte tête de Juke Jesup qui arpente les cultures qu’il gère pour le compte de George Wilson, l’homme puissant du comté, à la fois propriétaire terrien et patron de la filature qui fait vivre des centaines d’ouvriers et leurs familles. Les liens qui unissent Juke et George sont toutefois plus complexes que ceux d’un simple métayer et de son bailleur. Le fermier a longtemps été très proche de String, le fils de George qui n’est jamais revenu de la guerre. C’est sans doute la raison pour laquelle le père Wilson lui a aussi confié la gestion de la distillerie clandestine qui, en approvisionnant, du shérif aux ouvriers, la population masculine de Cotton County, rapporte bi

"Tout ce bleu" - Percival Everett

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"Les métaphores sont comme la peinture à l’huile : quand on dilue on perd le contrôle". L’intrigue se déroule alternativement sur trois pans, plus précisément trois périodes de la vie de Kevin Pace, le narrateur, artiste peintre noir et sexagénaire, qui mène une vie paisible dans une insignifiante bourgade américaine. 1979. Kevin, alors étudiant, accompagne son meilleur ami Richard au Salvador, à la recherche du frère de ce dernier, qui a disparu dans des circonstances louches, probablement en s’adonnant à quelque trafic. Le pays est alors au bord de l’explosion et de la guerre civile. Les deux jeunes hommes ramènent de leur pourtant bref séjour le souvenir de rencontres terrifiantes, de scènes d’horreur, et un lourd secret. Aujourd’hui. Marié à Linda depuis trente ans, Kevin est également père de deux adolescents avec lesquels il entretient des rapports devenus distants. Aussi, quand sa fille lui confie un secret qu’elle lui demande de ne même pas dévoiler à sa mère, la tort

"Chien Blanc" - Romain Gary

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"(…) car ce sont, ne l’oublions pas, les hommes forts qui ont bâti le monde, à croire que le salut ne peut venir que de la féminité". Chaque fois que j’entame un roman de Romain Gary, je me souviens brusquement à quel point j’aime son écriture. Sa plume alerte, percutante et en même temps élégante, a le pouvoir de vous happer immédiatement dans ses univers. Dans "Chien Blanc", c’est en l’occurrence dans celui de l’auteur que nous pénétrons. Nous sommes plus précisément en 1968. Romain Gary vient de rejoindre sa compagne l’actrice Jean Seberg dans leur maison de Beverly Hills. Au retour d’une de ses escapades, son chien ramène un compagnon, un superbe berger allemand placide et sociable, jusqu’au moment où il se trouve face au jardinier noir qui entretient le jardin des Gary, dont la vue le métamorphose en bête haineuse et agressive, épisode qui révèle une bête dressée à attaquer les personnes de couleur, descendant d’une lignée forgée par les esclavagistes. Désarmé

"Mécanique de la chute" - Seth Greenland

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"L'amour, c'est donner une chose que nous n'avons pas à quelqu'un que nous ne connaissons pas." Petit a. : présentation d’une certaine élite américaine version papier glacé… …que l’on voit évoluer de demeures obscènement fastueuses en diners mondains -où l’on aura à l’occasion la chance de croiser Barack Obama- en passant par les tribunes des terrains de basket où ladite élite encourage ses joueurs (car posséder une équipe de sport professionnelle est un privilège réservé aux fabuleusement riches). Le représentant en est ici Jay Gladstone, quinquagénaire svelte et séduisant aux dents irréprochablement blanches, homme sérieux et courtois dont l’assurance naturelle confirme qu’il est né pour assumer ses responsabilités. Il est pourtant le fils de juifs d’origine paysanne nés dans le Bronx, qui se sont hissés au sommet à la force du poignet et de judicieuses spéculations, bâtissant l’un des plus puissants empires immobiliers du pays. Jay est donc à l’aise dans se

"Orange amère" - Ann Patchett

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"- Vous n'avez jamais eu envie d'être écrivain ? - Non, (...). J'ai toujours voulu être une lectrice." Ma première expérience avec Ann Patchett avait été moyennement concluante. J’avais en effet reproché à " Dans la course " une intrigue trop rapide, traitant de manière trop superficielle les thématiques abordées. J’ai été tentée dans un premier temps de reprocher l’inverse à "Orange amère" dont l’entame paraît comme diluée, semble se perdre dans un écheveau de fils reliés de manière a priori fantaisiste, au gré d’une chronologie déstructurée, et focalisée sur des événements anecdotiques, voire insignifiants. Cela commence par un baptême -celui du bébé Franny-, au cours duquel est échangé un baiser fugace entre la très séduisante maîtresse de maison et un invité qui s’est incrusté dans la fête pour fuir la perspective d’un autre dimanche avec sa propre marmaille. (…) Un bond de quelques décennies nous emmène aux côtés d’une Franny quinq