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"Pour tout l’or de la forêt" - Matthieu Delaunay

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"Le problème avec les hommes qui s’ennuient c’est qu’ils ne savent pas quoi faire de leurs mains." L’ouvrage compte huit nouvelles, dont la cohérence est à la fois géographique -elles ont toutes le Québec pour cadre- et thématique. Il y est question de la domination et de la violence perpétrées par les hommes aussi bien sur leurs semblables que sur le reste du vivant. "Le golfe" inaugure le recueil et a pour narratrice une baleine. Au fil d’un compte à rebours basé sur ses pulsations cardiaques, de plus en plus lentes, le cétacé nous rappelle quelques évidences que l’on a tendance à occulter, celle de la responsabilité de l’avidité et du sentiment de toute puissance de l’être humain dans son extinction en cours, celle des souffrances et des horreurs que ce dernier, de tout temps, lui a infligées, celle de notre inconséquence mortelle et de notre catastrophique indifférence, ayant mené à l’empoisonnement de l’ensemble de notre environnement… La chute, surprenante...

"Faire bientôt éclater la terre" - Karl Marlantes

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"Le faux mythe du marxisme ne gagnera jamais face au faux mythe de l’Amérique." Après celle du suédois Vilhelm Moberg -dont je vous parlerai bientôt du tome IV), voici une autre saga d’émigrants scandinaves. Il s’agit cette fois de Finlandais, et si leur exil survient un demi-siècle après celui des Nilsa, leur destination est la même. Nous sommes à l’aube du XXème siècle. La Finlande est alors sous une domination russe dont les manifestations se font de plus en plus concrètes. La famille Koski vit dans la région de Kokkola, au nord des côtes finlandaises, d’une ferme qu’elle loue et des revenus aléatoires de sage-femme de la mère. Le roman s’intéresse aux trois aînés des enfants qui suite à divers circonstances, migrent aux Etats-Unis, et plus particulièrement à leur cadette, Aino. C’est une adolescente fougueuse et rebelle, séduite par l’idéologie socialiste, dont le petit ami Voitto fait partie d’une cellule révolutionnaire très active. A la suite de l’échec d’un attenta...

"La femme sans tête" - Antoine Albertini

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  "(…) la vérité est une putain qui se vend au plus offrant – au plus patient." Sous-titré "Enquête sur une affaire classée", le récit commence par un premier mystère a priori anodin : dans l’après-midi du 7 août 1988, Pierre-Ange Cristofari, doyen de la commune de San Gjacintu, sur le cap Corse, convoque ses enfants sur son lit de mort et demande à être enterré, non dans l’emplacement du caveau familial qui lui a été réservé après d’âpres négociations, mais dans un endroit bien précis, et surtout bien plus "ordinaire", du cimetière de Santa Maria. Au moment de creuser, advient une autre surprise, bien plus retentissante : l’emplacement est déjà occupé, par un corps momifié et décapité, dont l’autopsie révèle qu’il a été méthodiquement battu. Serrier est le gendarme missionné pour l’enquête. Ce métropolitain exerce en Corse depuis trois ans, et il y a vite compris la dimension pulsionnelle du crime, qui a hissé l’île sur le podium des statistiques mondiale...

"Je ne suis pas là" - Lize Spit

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"Simon faisait partie des rares personnes à être plus belles de près que de loin." Le récit, porté par la voix de Leo, fait des allers-retours entre trois temporalités. La première est celle de sa rencontre avec Simon et des débuts de leur vie de couple.   Alors étudiants, c’est un deuil similaire qui les rapproche, celui de leur mère. Lorsqu’il perd la sienne, cela fait deux ans que Leo peine à faire son deuil d’une femme qui aura passé sa vie de couple à subir un époux autoritaire et exclusif. Immédiatement, une osmose nait de leur solitude et de leur détresse communes. Leur relation est empreinte d’une familiarité et d’une tolérance qui repousse toute gène et tout dégoût, l’autre étant accepté et aimé dans une entièreté qui inclus ses pires manies, ou les moins ragoutantes de ses sécrétions. Leur union se renforce au fil des nombreux rituels communs qu’ils instaurent, allant jusqu’à s'inventer leur propre langage. La seconde est celle du moment de bascule qui sur...

Sous les pavés, les pages 2026 - Résultat des Pastiches de juin !

 Les auteurs pastichés étaient : "La rue hurlait, crachait, suant la misère et la crasse. Les corps sortaient ruisselants, avalés, recrachés par la gueule noire de la bouche de métro. La ville dévore tout." > Emile Zola "Je ne sais plus. Une rue, peut-être la même. Ou une autre. Des ombres. Des souvenirs qui glissent. Quelqu’un que j’ai connu sûrement. Une ombre que j’ai cru reconnaitre, peut-être." > Patrick Modiano "O ville monstrueuse et sublime, abîmes et sommets entremêlés où l’ombre démesurée du néant guette l’éternel errant, où l’ombre enlace l’éblouissement …" > Victor Hugo Bravo à Keisha qui a repéré la noirceur de Zola, les fluctuations de Modiano et les antithèses de Hugo et a gagné trois points bonus … On vous fera d’autres propositions en juillet et en août ! ... et bravo également à Sacha , qui a trouvé l'auteur du deuxième pastiche.

"La Maison des Jeux – L’intégrale" - Claire North

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"J’ai commencé à te haïr le jour où tu as commencé à jouer pour jouer." L’ouvrage regroupe très logiquement des textes d’abord parus indépendamment, constituant une trilogie.  Si chaque volume diffère quant à son unité de temps et de lieu, et au personnage qui y est mis en avant, l’ensemble est cimenté par une cohérence aussi bien scénaristique que thématique. La Maison des Jeux, à la fois présence concrète et entité conceptuelle, est comme l’œil d’un cyclone autour duquel orbitent des héros que l’on retrouve parfois d’une partie à l’autre. Nous y entrons par une porte se situant dans la Venise du XVIIème siècle, " cœur commercial de l'Europe aimée de la peste et honnie des papes ", avec un premier Livre intitulé "Le Serpent". Nous y faisons la connaissance de Thene, fille d'un riche marchand d'étoffes et d'une juive défunte, qu’un oncle cruel a mariée à Jacomo, rejeton d’une grande lignée désargentée qu’a acheté sa dot. Homme froid et ...

Sous les pavés les pages, Cinquième !

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Pour annoncer cette cinquième édition de notre défi urbain, Athalie et moi-même (surtout Athalie d'ailleurs, je me suis personnellement contentée d'approuver sans réserve sa très chouette proposition)  nous sommes amusées à un petit jeu littéraire parce que la ville s'écrit, se réécrit sans cesse … C'est donc trois pastiches que nous vous soumettons avant de vous rappeler les règles, fort souples par ailleurs, de nos lectures urbaines, et enfin, nos propres suggestions programmées.  Le jeu bonus : retrouver les auteurs qui auraient pu écrire ces trois visions de la ville (on n'a pas encore fixé le bonus, on a trois mois pour réfléchir), vous pouvez déjà nous envoyer vos propositions par mail (pour ceux qui ont nos adresses) ou via le formulaire de contact de nos blogs respectifs : "La rue hurlait, crachait, suant la misère et la crasse. Les corps sortaient ruisselants, avalés, recrachés par la gueule noire de la bouche de métro. La ville dévore tout." ...