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"Le cercle fermé" - Jonathan Coe

Séance de rattrapage (2).

Nous retrouvons vingt ans après "Bienvenue au club", qui s'achevait avec l'élection de Margaret Thatcher comme premier ministre du Royaume-Uni, Benjamin et son frère Paul, Doug et Philip, Claire...
Dans l'Angleterre de Tony Blair, on s'étonne de retrouver Paul le cynique, le libéral, en jeune député travailliste, mais on comprend vite qu'il doit sa place davantage à son opportunisme qu'à ses convictions. Son gouvernement est d'ailleurs d'une gauche bien relative, qui privatise les services publics et dont le chef de file, après un houleux débat à l'assemblée, finira par soutenir la guerre en Irak. C'est un bel orateur, le cadet des Trotter, mais on peut regretter qu'il ait gâché son intelligence acérée par la servilité qu'il met au service de ses ambitions.

Benjamin, lui, subit sa vie... Marié à  Emily, il est resté obsédé par Cicely et la brève aventure qu'ils eurent ensemble. Expert-comptable, il…

"Bienvenue au club" - Jonathan Coe

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Séance de rattrapage (1).
En écoutant Jonathan Coe s'exprimer sur son dernier titre "Le cœur de l'Angleterre", lors de sa venue à l'Edition 2019 de Lirenpoche de Gradignan, j'ai bien compris qu'il était conseillé, avant de le lire, de faire la connaissance de Benjamin Trotter au moment où tout avait commencé...
C'est désormais chose faite, avec les lectures successives de "Bienvenue au club" et de "Le cercle fermé" (dont je vous parlerai dans les jours qui viennent). 
C'est une véritable immersion dans l'Angleterre des années 70 à laquelle nous invite Jonathan Coe avec le premier. C'est toutefois la facette d'une Angleterre plutôt privilégiée qu'il nous présente, celle de la classe moyenne de Birmingham, cité tranquille, cossue, où le nombre de noirs que vous croisez dans une journée, voire en une semaine, peut se compter sur les doigts d'une main... 
Nous y suivons un groupe d'adolescents, dont ce fameu…

"L'étrange histoire de l'ours brun abattu dans les quartiers espagnols de Naples" - Antonio Menna

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Drôle de drame.

Chaque matin, avant l'aube, les insomnies de Tony Perduto le poussent dans les rues des quartiers espagnols de Naples, où il vit depuis toujours.
Ce pigiste dont la carrière a toujours végété, car il est plus attaché au style qu'au scoop, complète ses revenus médiocres par les cours particuliers qu'il donne à un adolescent obèse et fainéant, et par ses contributions à un site internet spécialisé dans la botanique. Célibataire, au grand dam de sa mère envahissante, il éprouve une attirance visiblement unilatérale pour son amie d'enfance Marinella.
Le spectacle incongru sur lequel il tombe lors d'une de ses sorties matinales, pourrait bien donner à sa carrière l'élan qu'il n'espérait plus : le cadavre d'un ours brun gît en pleine rue...
Une information certes insolite, mais qui devient d'autant plus vendeuse quand, avec l'aide de Marinella qui travaille pour le cabinet vétérinaire ayant pratiqué l'autopsie de l'animal, …

"Homo sapienne" - Niviaq Korneliussen

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"Tu trouveras ton foyer quand tu te trouveras toi-même ; et alors, rentre chez toi."

Ce titre me faisait de l’œil depuis un certain temps. J'étais attirée à la fois par sa couverture et son titre intrigants, et le fait, rarissime, qu'il soit écrit par une groenlandaise... J'imaginais qu'il serait l'occasion d'en savoir plus sur cette froide et lointaine contrée que je ne savais même pas peuplée, inculte que je suis !
A l'issue de cette lecture, je n'en sais guère plus sur le Groenland : "Homo sapienne" pourrait se dérouler dans n'importe quelle ville d'Europe, le roman étant centré sur le microcosme d'une jeunesse urbaine, désœuvrée, en quête d'identité, notamment sexuelle, et d'amour.
Le récit, polyphonique, donne successivement la parole à cinq jeunes adultes qui occupent leurs soirées en boîtes et fêtes diverses où ils boivent, pour certains beaucoup, draguent des partenaires avec lesquels ils finiront parfois l…

"Réveiller les lions" - Ayelet Gundar-Goshen

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"On vit tous en supposant que ce qui a été sera".
Le docteur Ethan Green est un homme honnête, incorruptible. La preuve, il a refusé de toucher des pots-de-vin et menacé de dénoncer son moins scrupuleux chef de service, son mentor pourtant, auprès duquel il exerçait à l'hôpital de Tel-Aviv. Résultat, le voilà relégué dans un établissement de seconde zone à Soroka, ville de poussière et de médiocrité.
Un drame, plus précisément un accident, le confronte aux limites de son intégrité...
Lors d'une virée nocturne en 4x4 dans les dunes du désert proche de Soroka, il écrase un homme, un noir d'origine érythréenne, un clandestin. Après de vains efforts pour le réanimer, il fuit sans donner l'alerte. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'un témoin a assisté à toute la scène... assez vite, la veuve de l'individu se présente à sa porte. Sirkitt l'érythréenne est belle, et d'une dureté stoïque. Elle lui impose un marché : son silence contre son savoir m…

"Les monades urbaines" - Robert Silverberg

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"Le gène de l'acceptation nous manque-t-il ?"

2381. Les hommes, désormais au nombre de 75 milliards, ont trouvé la solution au surpeuplement qui menaçait la pérennité de leur monde. Ils vivent entassés par centaines de milliers dans des tours de 3000 mètres de haut qu'ils ne quittent jamais, ces "monades", ainsi qu'on les appelle, étant auto-suffisantes, avec leurs écoles, leurs lieux de travail, et leur propre approvisionnement en énergie, fournie par les déjections de ses habitants.
Pour assurer la viabilité de ce système vertical, la notion d'intimité et le sens de la propriété ont été bannis, et afin d'éviter les frustrations forcément engendrées par la promiscuité, le sexe est devenu "libre". Aussi, bien que vivant toujours en couple, les individus entretiennent des relations sexuelles avec les partenaires de leur choix. Ainsi, à la nuit tombée, nombreux sont ceux qui errent dans les couloirs de la monade pour aller rejoindre celu…

2010 -2020 : les "TOPS" de la décennie - Polars, fantasy et Science-fiction...

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Le polar est un genre auquel, à une époque, je me consacrais presque exclusivement. Et même si mes lectures sont dorénavant plus variées, j'y reste particulièrement attachée :

La griffe du chien de Don Winslow Underworld USA de James Elroy La Religion de Tim Willocks Ténèbres, prenez-moi la main de Dennis Lehane Sympathy for the Devil de Kent Anderson

J'y fait des incursions plus rares, mais la SF, la fantasy ou le roman d'anticipation sont des genres que j'apprécie à chaque fois de retrouver :