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"Mon ange" - Guillermo Rosales

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"Je te le dis d’homme à homme : tu sais pourquoi tu es devenu à moitié fou ? C’est à force de lire." William Figueras est un exilé, un exilé "total", selon ses propres termes. Il a quitté Cuba il y a six mois pour Miami, où se trouve une partie de sa famille, mais il est persuadé qu’il aurait fui quel que soit l’endroit où il aurait vécu. On pourrait même dire de lui qu'il est un exilé du bonheur et de l’espoir, qui vit en marge d’une normalité où il ne peut trouver sa place.  Cet amoureux des lettres, qui a lu Proust, Faulkner, Hesse, Mann ou Joyce a écrit il y a vingt ans un roman qu’il n’a jamais réussi à faire publier, et il en est devenu fou. Il lui arrive de voir des diables sur les murs, d'entendre de voix qui l’injurient... En désespoir de cause, après son internement (en six mois donc) dans trois asiles d’aliénés, sa tante vient de le laisser dans un boarding home , " refuge marginal où échouent ceux que la vie a condamnés, des fous pour la pl...

"Les brumes du passé" - Leonardo Padura

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"La conviction que le monde pouvait être un champ de bataille mais qu'une bibliothèque était un terrain inviolablement neutre et collectif s'était enraciné dans son esprit comme un des apports les plus beaux de sa vie." Après " Le palmier et l’étoile " et " L’homme qui aimait les chiens ", je découvre Leonardo Padura avec l’un des opus de sa série "Mario Conde". Cela fait dix ans que ce dernier a quitté la police pour se consacrer à une activité plus en adéquation avec son éthique et ses affinités : l’achat et la revente de livres anciens. Mais en ce torride mois de septembre, c’est justement cette activité qui va le remettre sur les rails du travail d’investigation. Cuba est en proie à l’une de ses crises incessamment renouvelées, peut-être l’une des pires. La pénurie fait de l’obtention de la moindre allumette, aspirine ou paire de chaussures une véritable gageure, l’espoir est devenu une denrée rare, la lutte pour la subsistance atroph...

"L'homme qui aimait les chiens" - Leonardo Padura

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"Le socialisme a creusé sa propre tombe et je pressens qu’il va y pourrir pour longtemps". Grande fresque au sein de laquelle fiction et réel s’entremêlent, "L’homme qui aimait les chiens" introduit, parallèlement au récit de deux véritables destins liés par l’Histoire -ceux de Trotski et de son assassin Ramon Mercader-, un troisième héros, fictif celui-là, en la personne d’Iván Cárdenas Maturell. Au début du roman, ce dernier vient de perdre sa compagne Ana. On est en 2004, sur une île de Cuba traumatisée par la faim, les coupures d’électricité, la dévaluation des salaires, la paralysie des transports. Brisé par cette disparition, Iván est aussi un homme désabusé. Écrivain prometteur lorsqu’il était étudiant, la censure d’une de ses œuvres, qualifiée de contre-révolutionnaire, l’a condamné à végéter professionnellement. Il a lui-même capitulé en cessant d’écrire. La mort d’Ana le décide à reprendre la plume, et surtout à entreprendre la relation d’une histoire -...

"Le palmier et l'étoile" - Leonardo Padura

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Correspondances. "Le palmier et l'étoile" est un roman au charme subtil, qui vous séduit doucement, presque à votre insu. Leonardo Padura y déroule son intrigue pas à pas, en prenant tout son temps. C'est qu'il en faut, de la minutie et de la patience, pour enchevêtrer comme il le fait époques et événements, tout en gardant la maîtrise de son récit. Fernando Terry revient à Cuba après dix-huit ans d'exil en Espagne. Cet ancien professeur de littérature a dû quitter son île natale au milieu des années 70 après son renvoi de l'université, pour avoir soi-disant favorisé la tentative d'émigration d'un de ses amis. Son retour, autorisé pour une durée limitée, est motivé par l'espoir de retrouver le mystérieux manuscrit du poète José Maria de Heredia, sujet de sa thèse. A cette occasion, il reprend contact avec Les Merles moqueurs, groupe constitué par ses amis de jeunesse, liés entre autres par un amour commun de la poésie, amputé de Victor...