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Affichage des articles associés au libellé Théâtre

"Qui a peur de Virginia Woolf ?" - Edward Albee

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"La route qui mène au cœur d’un homme passe par le ventre de sa femme." George et Martha rentrent d’une sauterie bien arrosée chez le père de cette dernière, président de l’université où George exerce comme professeur au département d’Histoire. Il est deux heures du matin, mais la soirée n’est pas terminée : au grand dam de son époux, Martha a convié un couple dont elle vient de faire la connaissance à venir prendre un dernier verre. Nick, beau gosse, est un jeune loup aux dents longues, qui vient d’intégrer l’université où travaille George, en tant que professeur de biologie. Sa conjointe Honey donne d’emblée l’impression d’être un peu cruche, que son comportement ne démentira pas par la suite. L’arrivée du couple n’interrompt pas -bien au contraire- le cinglant échange entamé par George et Martha depuis qu’ils ont passé le pas de leur porte… Echauffés par l’alcool -surtout Martha, visiblement-, tous deux se livrent à une joute verbale multipliant les sarcasmes et les ...

"Le sang des promesses" - Volets I et II – Wajdi Mouawad

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"Le sang des promesses" est une tétralogie théâtrale dont "Littoral" et "Incendies" sont les deux premiers volets. Chacun des quatre textes, non liés par une suite narrative, peut se lire indépendamment du quatuor, mais j’ai bien l’intention de lire les deux suivants, l’intérêt étant de comprendre le projet, dans son ensemble, de Wajdi Mouawad, qui avec ces pièces évoque les thèmes de l’héritage, du deuil, de l'exil et de la guerre. Dans "Littoral", Wilfrid apprend la mort de son père alors qu’il est, selon ses propres mots, " en pleine partie de baise ". Un père qu’il n’a pas connu, puisque, orphelin d’une mère morte à sa naissance, il a été élevé par la famille de cette dernière, qui refuse, dans l’expression d’une rancœur haineuse, que le défunt soit enterré dans le caveau familial aux côtés de son épouse. Le fils décide alors de lui offrir une sépulture dans son pays natal. C’est le début d’une quête macabre… Le pays d’origine d...

"Long voyage du jour à la nuit" - Eugene O'Neill

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"Le bégaiement est notre éloquence innée, à nous autres, gens du brouillard." C’est en effet à un long voyage que nous convie Eugene O’Neill, en quatre actes qui nous mènent du début de la matinée à la nuit d’une même journée, au cours de laquelle nous quittons l’espoir -certes illusoire- inauguré par le matin d’un jour nouveau, pour s’enfoncer dans la noirceur, le pessimisme, le malheur, au fur et à mesure que l’on avance vers le crépuscule. C’est aussi un voyage éreintant, éprouvant, dans les noirs méandres des relations unissant les quatre protagonistes d’une même famille, dont le couple que forment Marie et Tyrone, acteur dont l’heure de gloire n’est plus qu’un souvenir, et leurs deux fils : Jamie, trentenaire, et Edmund, de dix ans son cadet. L’ambiance est d’emblée tendue, électrisée par l’angoisse que révèle le comportement des trois hommes vis-à-vis de Marie, qui semblent marcher sur des œufs face à l’irritation nerveuse que l’on devine chez cette dernière, que dissim...

"Les cerfs noirs" - Inga Ābele

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"Laisse tomber tes menaces, Auguste, la pisse de chat comme on sait ne coule pas vers le haut." Encore une découverte due à Passage à l'Est , dont le blog est une véritable mine d'idées originales. Me voici donc partie pour une contrée littérairement inconnue, à l'occasion d'une incursion certes brève ("Les cerfs noirs" étant une courte pièce de théâtre) mais néanmoins prenante. Le lecteur est comme projeté dans l'épisode mis en scène par Inga Ābele, au cœur d'un huis-clos à l'ambiance pesante. Nous sommes à Rasa Panemune, coin reculé de Lettonie, royaume forestier boueux, battu par le vent et le froid. Dans la salle à manger d'une maison isolée, nous faisons connaissance avec la famille Alster : Alf, son épouse Nadine, et sa fille adolescente Ria.  D'autres personnages orbitent autour de ce trio, dont Papi, aïeul robuste et grincheux, et Auguste, une vieille connaissance d'Alf, qui surgit à l'improviste, et s...

"Un tramway nommé désir" / "Une chatte sur un toit brûlant" - Tennessee Williams

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Tout le monde -du moins le monde de ma génération...- connait Tennessee Williams, ne serait-ce que grâce au titre de notre défunt grand (1m82) chanteur national (à condition de n'avoir pas cru qu'il y était question de l'Etat américain célèbre pour sa musique country) ou aux films tirés de ses œuvres... Moi aussi, je le "connaissais", sauf que je n'avais lu aucun de ses textes, et, qu'en raison d'une de ces nombreuses lacunes dont on s'explique difficilement les causes, je n'ai jamais vu non plus les adaptations cinématographiques de ses textes les plus célèbres. Aussi, j'ai profité du thème proposé ce jour par Titine dans le cadre du Mois Américain ("un classique de la littérature américaine") pour sortir de mes étagères l'anthologie dénichée en bouquinerie il y a quelques mois, regroupant l'ensemble de ses écrits, et décidé de commencer par les deux plus illustres. Et ça m'a rudement plu ! Je crois que je n'im...

"C'était hier" - Harold Pinter

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"Au fait, je voudrais poser une question. Est-ce que je suis le seul ici qui commence à trouver tout ça de mauvais goût ?" Il faut à peine une heure pour lire "C'était hier", mais ce texte possède un charme étrange et vénéneux, capable de vous hanter plusieurs jours durant... La pièce met en scène trois personnages : Deeley et Kate, mari et femme, reçoivent Anna, une amie de jeunesse -et même la seule amie qu'elle ait jamais eue- que Kate n'a pas vue depuis vingt ans. La discussion qui s'engage entre les protagonistes provoque d'emblée une vague sensation de malaise. Bien que tous trois soient présents presque tout au long du récit, les dialogues n'engagent jamais que deux d'entre eux à la fois, excluant l'autre. Cet autre est souvent Kate, dont le mari et l'amie parle comme si elle était absente, voire comme si elle était morte, ainsi qu'elle le suggère elle-même... Au fur et à mesure que se déroulent ces curieux éc...

"La nuit juste avant les forêts" - Bernard-Marie Koltès

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Bref mais intense. Une ville. Il pleut. Un homme en interpelle un autre, il a couru pour le rattraper, il ne le connaît pas, mais croit deviner en lui quelqu'un qui lui ressemble, en tous cas quelqu'un qui pourrait l'écouter, le comprendre... et donc, il lui parle, lui dit son amertume, sa désespérance, son inadéquation à une société dans laquelle sa condition d'étranger le condamne à l'exclusion, à la pauvreté et à l'absence de perspectives d'avenir. "La nuit juste avant les forêts", c'est la voix de cet homme, son long cri de révolte. C'est aussi l'expression de son déchirant besoin de trouver un peu de chaleur humaine, de compréhension et de fraternité. En une seule et unique phrase qui couvre les quelques soixante pages de l'ouvrage, Jean-Marie Koltès nous impose le rythme hypnotique de la logorrhée à la fois poignante et lancinante de son personnage. L'impression est celle d'un fuite éperdue, par laquelle...

"Une maison de poupée" - Henrik Ibsen

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 Trop... théâtral ? "Une maison de poupée", pièce de théâtre de l'auteur norvégien Henrik Ibsen, bénéficie d'un curriculum vitae impressionnant ! Elle est inscrite au registre international "Mémoire du monde de l'UNESCO", qui compte entre autres parmi sa collection le journal d'Anne Franck, la tapisserie de Bayeux, la déclaration des droits de l'homme, Le journal de bord du Endeavour (navire de l'explorateur James Cook), ou encore le registre des esclaves des Caraïbes britanniques... Lors de sa sortie en 1879, cette pièce fit scandale en raison de la façon dont l'auteur y présente les relations entre époux et fustige les valeurs d'une société "d'hommes avec des lois écrites par les hommes", au sein de laquelle la femme ne peut pas être elle-même. Alléchant, non ? Et pourtant... je dois dire que je n'ai pas vraiment été emballée par cette lecture. Certes, remise dans son contexte -une Europe de fin du XI...

"Les sorcières de Salem" suivi de "Vu du pont" - Arthur Miller

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" Les sorcières de Salem " s'inspire d'un authentique fait divers qui remonte à la fin du XVIIème siècle. Sur la foi des accusations de quelques jeunes filles du village de Salem (aujourd'hui nommé Danvers), plus d'une vingtaine de personnes furent pendues pour avoir soi disant pratiqué la sorcellerie et s'être alliées à Satan... Arthur Miller a choisi d'écrire son récit sous la forme d'une pièce de théâtre, privilégiant ainsi les dialogues, ce qui lui permet de mettre en avant le pouvoir parfois dangereux des mots, lorsqu'ils sont habilement utilisés à des fins malveillantes. Car ici, nulle preuve ne vient étayer les dires d'Abigail Williams, la plus virulente et la plus rusée des accusatrices à l'origine de cette triste affaire. Donnant une interprétation des faits qui sert ses intérêts (car son but est au départ de mettre en cause l'épouse de l'amant qui a fini par l'éconduire), elle déploie des trésors de ...

"Hamlet - Othello - Macbeth" - William Shakespeare

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Valeur sûre... Certaines œuvres sont tellement célèbres, d'une pérennité si établie, que l'on a l'impression de les connaître sans même les avoir lues. C'est le cas notamment de la plupart des œuvres de William Shakespeare, dont les personnages sont devenues des stars du panthéon de la littérature, et dont certaines des répliques ont traversé les siècles pour devenir connues de tous. Qui n'a, en effet, jamais entendu parler de Hamlet, d'Othello, de McBeth ? De la noyade d'Ophélie ? Qui n'a jamais entendu prononcer cette phrase : "être ou ne pas être...", sans savoir qu'elle émanait de l'illustre écrivain ? Rappelons par ailleurs que l'anglais est surnommé "la langue de Shakespeare"... A part "Roméo et Juliette" que j'ai lu adolescente, je ne connaissais pas vraiment l’œuvre de ce monument de la littérature, et j'ai comblé partiellement cette lacune en lisant ses pièces "Hamlet", "O...

Soit dit en passant...

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"Chroniques de l'oiseau à ressort" - Haruki Murakami Entrer dans un roman de Murakami, c'est pour moi comme entrer dans un rêve, et c'est particulièrement vrai en ce qui concerne ces "Chroniques de l'oiseau à ressort". Après le mystérieux coup de téléphone d'une inconnue qui semble le connaître et le départ inattendu de sa femme (ainsi que de son chat...), nous suivons Toru Okada dans une série de rencontres incroyables et d'événements à la limite du fantastique. A vrai dire, il est très difficile de résumer ce roman, tant il est dense et riche. L'auteur sait susciter toute une gamme d'émotions diverses, allant de l'horreur à l'émerveillement... avec un style parfois très poétique. Il nous lance sur la piste d'énigmes dont il ne livre jamais vraiment la clé, et pourtant, sitôt terminé, j'avais déjà envie de relire ce roman ! "Le Dieu du carnage" - Yasmina Reza (pièce de théâtre)   Les Reille son...