"Tout s’écoule" - Antoine Vigne
"il voit les villes à terre les nations épuisées les services publics démantelés les démocraties vidées de leur sens, la pauvreté rampante, les détritus qui s’amoncellent partout, la haine et la colère qui montent la folie de ceux qui meurent les restes de la fête qui vient de se terminer" Ce qui frappe d’emblée, c’est la forme, évidemment. Ecrit en vers libres, "Tout s’écoule", avec son accumulation d’images percutantes et son rythme empreint d’urgence, nous embarque dans sa scansion. Ce choix narratif, pertinent, colle parfaitement au propos. L’intrigue est minimaliste. Gilles est pilote de ligne. Au cours d’une escale à Détroit, il déambule dans la ville, d’abord seul, puis en compagnie de Luc, une aventure d’un soir ou peut-être plus. Le jeune homme est lui aussi de passage, venu accompagner des œuvres exposées dans un musée. Gilles est un désabusé, dénué de toute illusion non seulement sur son métier, conscient d’être un rouage de l’une des industries les plus ...