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Affichage des articles associés au libellé Poésie

"Tout s’écoule" - Antoine Vigne

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"il voit les villes à terre les nations épuisées les services publics démantelés les démocraties vidées de leur sens, la pauvreté rampante, les détritus qui s’amoncellent partout, la haine et la colère qui montent la folie de ceux qui meurent les restes de la fête qui vient de se terminer" Ce qui frappe d’emblée, c’est la forme, évidemment. Ecrit en vers libres, "Tout s’écoule", avec son accumulation d’images percutantes et son rythme empreint d’urgence, nous embarque dans sa scansion. Ce choix narratif, pertinent, colle parfaitement au propos. L’intrigue est minimaliste. Gilles est pilote de ligne. Au cours d’une escale à Détroit, il déambule dans la ville, d’abord seul, puis en compagnie de Luc, une aventure d’un soir ou peut-être plus. Le jeune homme est lui aussi de passage, venu accompagner des œuvres exposées dans un musée. Gilles est un désabusé, dénué de toute illusion non seulement sur son métier, conscient d’être un rouage de l’une des industries les plus ...

"Plume" - Henri Michaux

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"Aventures terribles, quels que soient vos trames et débuts, aventures douloureuses et guidées par un ennemi implacable". Ce fût une drôle d'expérience... dans les deux sens du terme : à la fois bizarre et cocasse. L'une des caractéristiques les plus remarquables de ces textes, est de prendre sans cesse le lecteur à contre-pied. Il ne s'y passe jamais ce à quoi vous vous attendiez, Henri Michaux déployant une logique -ou une absence de logique- qui lui est propre. Lire "Plume", c'est par conséquent accepter de se détacher de nos critères de "normalité", de parcourir des chemins aux méandres inattendues, d'aboutir à des conclusions sans aucun rapport avec ce qui les a amenées... Les historiettes qui composent le recueil ont tout de même un point commun, c'est de mettre en scène le même personnage, celui qui en l’occurrence lui a donné son titre. Plume voyage, va au restaurant, chez le médecin, marche au plafond... il...

"Matins noirs" - Karfa Diallo

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« La négritude est un fait, une culture. C'est l'ensemble des valeurs économiques, politiques, intellectuelles, morales, artistiques et sociales des peuples d'Afrique et des minorités noires d'Amérique, d'Asie et d'Océanie . » Léopold Sédar Senghor. « Ce mot désigne en premier lieu le rejet. Le rejet de l'assimilation culturelle ; le rejet d'une certaine image du Noir paisible, incapable de construire une civilisation. Le culturel prime sur le politique. » Aimé Césaire. « Matins noirs » ne pouvait sans doute qu’être ce long poème, sous-titré « Essai poétique pour une nouvelle négritude ». En effet, il est ainsi, dans un premier temps, un hommage aux « pères » de la négritude, que sont entre autres Aimé Césaire, Edouard Glissant, Léopold Sédar Senghor, qui utilisaient cette forme d’expression pour porter leurs cris et leurs messages. Il me semble dans un second temps que la poésie possède une force d’évocation qui fait que le lecteur s...