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Affichage des articles associés au libellé Chine

"Le clou" - Zhang Yueran

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"J’aime bien avoir quelques mauvaises habitudes, ça me permet de ne pas trop me détester". C’est au départ un peu confus. On comprend bientôt lire un dialogue flottant, fait de l’alternance de longs monologues qui ne se répondent pas forcément, du moins dans un premier temps. Ces monologues sont déroulés par Li Jiaqi et Cheng Gong, deux anciens camarades d’école qui se retrouvent après des années d’éloignement et de silence, et qui vont, tout au long de leur nuit de retrouvailles, se livrer à une sorte de confession mutuelle. Leurs histoires, qu’ils ont longtemps gardées en eux, mêlent trois générations. Li Jiaqi est revenue à Nanyan quinze jours auparavant, pour assister l’agonie de son grand-père Li Jisheng, grand académicien et en son temps cardiologue le plus réputé de Chine. Elle s’est éloignée de sa famille, menant une vie nomade, devenue experte dans l’art de faire disparaitre toute trace de son passage en un temps record. La manière dont elle évoque avec le recul ses ...

"L'insondable profondeur de la solitude" - Hao Jingfang

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"Choisir d'être soi-même, c'est une forme de courage". C’est avec enthousiasme que je me suis lancée dans la lecture de ce recueil, noté suite à un billet élogieux de Guillome , par ailleurs occasion de cumuler incursion en Chine et interlude « SF »… Malheureusement, je dois bien avouer que le résultat n'a pas été à la hauteur de mes attentes... Cela commençait plutôt bien, l’auteur faisant preuve d’une subtile inventivité dans sa première nouvelle ("Pékin origami"). Elle y imagine une société future organisée selon un système d'alternance sociale que matérialise une division d’espaces urbains qu’un mécanisme de basculement fait "vivre" à tour de rôle. Ainsi, trois groupes de population se partagent des tranches de de quarante-huit heures, les immeubles d’un espace se repliant pour laisser la place à l’un des deux autres… Un fonctionnement qui concrétise aussi les inégalités, l’espace comptant le plus grand nombre d’habitants dis...

"Le septième jour" - Yu Hua

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"On n'a même plus les moyens de mourir !" Le narrateur, Yang Fei, vient de mourir. Trop pauvre pour acquérir une sépulture, il ne peut se faire incinérer. Il erre alors dans un entre-deux où il rencontre des défunts coincés comme lui dans ces limbes, et retourne parfois sur des lieux évoquant des épisodes de sa vie. Directement expulsé du ventre de sa mère sur les rails d'un train en marche, il fut recueilli par un jeune employé de gare qui n'hésita pas à sacrifier sa vie sentimentale pour préserver l'inaltérable et tendre relation l'unissant à ce fils adoptif. Après ses études, employé d'une grande entreprise, Yang Fei contracta une union inespérée mais brève avec une beauté intelligente et ambitieuse qui malgré son affection pour lui, ne put se résoudre à la médiocrité sociale à laquelle la condamnait son insignifiant époux. Il ne se remaria jamais, menant une existence sans éclat mais sereine, jusqu'à ce que son père tombe malade. Il q...

"La mort immortelle" - Liu Cixin

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Toujours plus loin... J'ai eu un mal fou à m'atteler à la rédaction de ce billet, et de le faire maintenant, après avoir terminé le dernier opus de la trilogie de Liu Cixin il y a bien trois semaines, ne va pas m'aider... j'ai d'ailleurs presque autant de mal à cerner les raisons de cette difficulté, liée me semble-t-il à la vague impression que l'auteur met en place des mécanismes dont la vocation est de placer le lecteur dans un état d'esprit inédit, et à mon incapacité à identifier précisément ces mécanismes. ******** A l'issue du deuxième tome, les Terriens avaient contré avec succès l'invasion trisolarienne, par une technique dissuasive fondée sur l'hypothèse que le cosmos, tel une "Forêt sombre", est peuplé d'ennemis et d'envahisseurs potentiels. En menaçant de diffuser à travers l'univers les coordonnées de la Terre que les trisolariens, fuyant leur monde hostile et instable, pensaient coloniser, et en mi...

"La forêt sombre" - Liu Cixin

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"... la survie est la nécessité première de toute civilisation... " Si vous n'avez pas lu, et que vous en avez l'intention, " Le problème à trois corps ", premier volet de la trilogie dont "La forêt sombre" est le deuxième opus, arrêtez-vous là... Pour les autres, j'essaierai cette fois encore de ne pas trop dévoiler l'intrigue de ce roman, dont l'un des intérêts réside dans ses rebondissements. Informés de l'existence de la Terre et de sa position par les messages lancés par des astrophysiciens chinois dans l'espace, la flotte de Solaris, fuyant l'hostilité de sa planète aux trois soleils, a mis le cap sur le monde des hommes, entamant un long voyage de quatre siècles. L'humanité a donc quatre-cent ans pour se préparer à contrer cette invasion. Elle doit pour cela développer les technologies qui lui permettront de mettre en oeuvre la stratégie militaire idoine, avec une contrainte de poids : Solaris a...

"Le problème à trois corps" - Liu Cixin

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"Dieu est un joueur de dés. Et notre seul espoir est de lancer le dé à notre tour". Dans la Chine de la fin des années soixante, la répression menée au nom de la révolution culturelle décime intellectuels et dissidents. Les rouges, répartis en diverses factions qui s'opposent, s'entendent tous au moins sur un point : l'éradication de ceux qu'ils désignent comme les réactionnaires, terme englobant tous ceux qui osent remettre en cause le régime, parmi lesquels gens du peuple, scientifiques... C'est dans ce sombre contexte que Ye Wenjie assiste à l’exécution publique de son père, professeur de physique qui a refusé de se plier aux diktats idéologiques imposés par les autorités. La jeune femme, elle-même brillante astrophysicienne, échappe aux purges en intégrant le mystérieux projet Côte rouge... De nos jours... Wang Miao, chercheur dans le domaine des nanotechnologies, est recruté par les plus hautes instances scientifiques et militaires, pour appo...

"Dix yuans un kilo de concombres" - Célia Lévi

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Mutations. Le père de Xiao Fei était un lettré, et sa famille a vécu confortablement et paisiblement jusqu'à l'avènement de la Révolution culturelle. Elle a alors été expulsée de sa maison, pour intégrer un misérable logement au sein d'un lilong -quartier fermé typique de Shanghai-, où il est décédé peu de temps après. Depuis, Xiao Fei y vit avec sa Vieille mère, ses deux sœurs, charmantes et de nature joyeuse, et un neveu accro aux jeux vidéo.  Habiter un lilong , c'est subir la vétusté, l'insalubrité, et la promiscuité, mais c'est aussi pouvoir compter sur la solidarité de ses voisins, et entretenir les souvenirs attachés aux lieux. Toujours est-il que la destruction du quartier est prévue pour bientôt. La municipalité a assuré ses habitants qu'ils seraient relogés dans des appartements plus grands, au confort moderne, mais ces belles promesses tardent à se concrétiser... Xiao Fei, autour duquel tourne le roman, est un individu perpétuellement...

"La dure loi du karma" - Mo Yan

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Malgré la déception ressentie lors de ma première expérience avec Mo Yan , j'ai décidé de lui donner une deuxième chance, celle-ci étant par ailleurs l'occasion de lancer avec Apo (avec qui j'ai régulièrement l'opportunité d'échanger autour de nos découvertes respectives sur l'Agora des livres ) un projet de lecture commune autour du titre "La dure loi du karma". Apo étant par conséquent mon invité en ces lieux, où j'ai grand plaisir à l'accueillir, je vous laisse dans un premier temps découvrir ses impressions à l'issue de cette lecture :   Sous forme de roman épique, est contée l’histoire des membres du clan Ximen, parents et descendants du maître du village du même nom situé dans le nord-est de la Chine, entre le 1 er janvier 1950 et le 1 er janvier 2001.  L’épopée représente une longue description picturale de l’évolution socio-politique de la République populaire en milieu rural depuis son instauration. Le narrateur princi...

"Le chantier" - Mo Yan

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 Sur la route... Un groupe de "rééduqués" -c'est-à-dire de condamnés à des peines légères- s'échine à la construction de la "Route de la Révolution Prolétarienne Constante". Le chantier, mobile, se déplace au fur et à mesure de la progression des travaux. Il est, au moment du récit, installé non loin du village de Masang, où certains ouvriers font quelques incursions nocturnes, tantôt pour tenter d'y séduire quelque femme esseulée, tantôt pour y chasser le chien qui, lorsque la faim devient trop pressante, constitue un supplément de nourriture bienvenu... Le comportement des travailleurs fait un peu désordre dans une Chine régie par la discipline et le matraquage idéologique... Ils sont joueurs, buveurs, bagarreurs, sales, mais il faut préciser à leur décharge que les baraquements de fortune dans lesquels ils sont entassés ne sont pas vraiment propices au maintien de l'hygiène. Nous faisons peu à peu plus amplement connaissance avec certains...

"Brothers" - Yu Hua

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Pas si drôle... Qui aurait imaginé que Li Guangtou, devenu célèbre à 14 ans après s'être fait surprendre en plein délit de voyeurisme, alors qu'il reluquait les fesses des femmes dans les toilettes publiques, deviendrait le "nabab" du bourg des Liu ? "Brothers" débute au moment où ce richissime quadragénaire pense à la réalisation de sa dernière lubie : s'offrir un vol à bord de la navette spatiale Soyouz. N'ayant plus aucune famille depuis la mort de son frère trois ans plus tôt, il réalise en même temps le poids de sa solitude. Le récit fait ensuite un bond en arrière d'une trentaine d'années, pour décrire le destin incroyable qui a mené Li Guangtou à la position qu'il occupe aujourd'hui, et évoquer la relation très forte qui l'a uni à son frère Song Gang. Les deux garçons n'étaient pas frères de sang, mais furent réunis par le mariage en seconde noce de leur parent respectif. Devenus orphelins suites à différents év...

"Le vendeur de sang" - Yu Hua

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Le sang comme lien. Chine, années 50. Xu Sanguan est ouvrier dans une filature de cocons de soie. Un jour qu’il revient de la campagne, où il est allé rendre visite à son oncle, il croise deux de ses amis qui vont vendre leur sang. Ils le persuadent de faire de même, d’autant plus facilement qu’il s’agit d’une solution rapide pour gagner beaucoup d’argent. Les fonds obtenus vont permettre à Xu Sanguan d’épouser Xu Yulan, « la belle aux beignets frits », qui lui donnera trois garçons prénommés Premier Plaisir, Deuxième Plaisir et Troisième Plaisir. La vente de sang constitue le fil rouge de ce récit : à chaque grande difficulté rencontrée dans sa vie et pouvant être solutionnée financièrement, le héros y aura recours. Voici un roman qui se lit très facilement, comme un conte, grâce à un style extrêmement simple, et des personnages haut en couleurs, voire par moments caricaturaux. Il s’agit sans aucun doute d’une démarche volontaire de l’auteur, lui permettant non seulement de ren...

"Un monde évanoui" - Yu Hua

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Univers aquatique.   Je connais assez peu les auteurs chinois, et je ne connaissais pas du tout Yu Hua, dont Mbu m’avait recommandée la lecture. Prudente –non pas que je me méfie des suggestions de Mbu, mais ma PAL mesurant environ deux mètres de haut, j’essaie de ne pas perdre de temps avec des livres qui ne me conviendraient pas-, j’ai débuté par "Un monde évanoui", court recueil de deux nouvelles : celle qui a donné son titre à l’ouvrage, et "Erreur au bord de l’eau". L’ayant terminé voici quelques semaines maintenant, l’impression que j’en garde avec le recul est … comment dire… "aquatique" ! Le point commun entre les deux textes est, en effet, l’omniprésence de l’élément eau : dans "Erreur au bord de l’eau", l’inspecteur Ma Zhe enquête sur une série de crimes commis près d’une rivière le long de laquelle tous les personnages sont amenés à flâner, à se croiser, et le récit d’ "Un monde évanoui" est rythmé par une pluie quasi...