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Affichage des articles associés au libellé SF/Fantasy/Anticipation

"La Maison des Jeux – L’intégrale" - Claire North

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"J’ai commencé à te haïr le jour où tu as commencé à jouer pour jouer." L’ouvrage regroupe très logiquement des textes d’abord parus indépendamment, constituant une trilogie.  Si chaque volume diffère quant à son unité de temps et de lieu, et au personnage qui y est mis en avant, l’ensemble est cimenté par une cohérence aussi bien scénaristique que thématique. La Maison des Jeux, à la fois présence concrète et entité conceptuelle, est comme l’œil d’un cyclone autour duquel orbitent des héros que l’on retrouve parfois d’une partie à l’autre. Nous y entrons par une porte se situant dans la Venise du XVIIème siècle, " cœur commercial de l'Europe aimée de la peste et honnie des papes ", avec un premier Livre intitulé "Le Serpent". Nous y faisons la connaissance de Thene, fille d'un riche marchand d'étoffes et d'une juive défunte, qu’un oncle cruel a mariée à Jacomo, rejeton d’une grande lignée désargentée qu’a acheté sa dot. Homme froid et ...

"Sweet Harmony" - Claire North

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"- Compte tenu du temps que j’ai passé à travailler dessus, je dirais que c’est notre corps." Londres, dans un futur proche. La descente aux enfers d’Harmony Meads commence avec un bouton sur le menton… Anodin ? Pas tant que ça, dans un monde où la perfection esthétique impose sa dictature. Pour atteindre ladite perfection, l’être humain s’augmente, si l’on peut dire, à l’aide de programmes, nommés extensions, vendus par l’incontournable Fullife, qui propose, des plus futiles aux plus physiologiquement fondamentales, toutes les fonctionnalités possibles : renforcer les fonctions organiques, détruire les graisses, avoir une sexualité épanouie, se sentir heureux ou remodeler la silhouette, mais aussi avoir un teint parfait ou un sourire radieux, une voix d’ange et les yeux brillants, effacer les grains de beauté, prévenir le gueule de bois, empêcher les fesses de se marquer de tâches rouges après une longue station assise… Ayant contacté son fournisseur, Harmony apprend qu’elle...

"Plus haut dans les ténèbres" - Sequoia Nagamatsu

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"La mort était devenue un mode de vie." Voilà un roman qui ne nous emmène pas là où on s’y attend… Cela commence avec la découverte du corps, âgé d’environ 60 000 ans, d’une fillette, en Sibérie, en 2030. Clara, la scientifique qui en est à l’origine, est décédée en chutant dans la grotte où se trouvait celle qu’elle a prénommée Annie. Elle laisse derrière elle sa fille Yumi, qu’elle avait confiée à ses propres parents, afin de pouvoir se vouer à un travail dans lequel elle plaçait l’espoir d’un avenir meilleur. Annie, porteuse d’un génome mêlant origines néandertaliennes et ADN d’étoile de mer, est un mystère. Serait-elle le chaînon manquant ? Son corps héberge également un virus que la glace a conservé durant ces milliers d’années. Cette première partie est comme un prologue. Ce qui suit pourrait passer pour un recueil de nouvelles, se déclinant en quatorze épisodes aux liens souvent ténus, qui lui sont plus ou moins postérieurs -de quelques années à des siècles plus tard-,...

"Voile vers Byzance" - Robert Silverberg

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"La chaleur était suffocante ; il erra dans le labyrinthe de ruelles grouillantes où s'alignaient les mêmes maisons sans fenêtres aux toits en terrasse et les mêmes murs aveuglants et indistincts, jusqu'à ce qu'il finisse par émerger sur une grande place où se tenait un marché. La vie de la cité foisonnait autour de lui, ou plutôt la pseudo-vie, l'interaction complexe de ces milliers de temporaires qui n'étaient que poupées gonflables animées pour nourrir l'illusion d'une Inde pré-védique." Nous voilà projetés au Cinquantième siècle. Cinquantième après quoi ? Personne ne sait. La population mondiale a drastiquement diminué, le contour des continents s’est modifié : un vaste bras de mer sépare l’Europe de l’Asie, l’Australie a disparu, l’Afrique a rétréci… Le monde est composé de villes temporaires, jamais plus de cinq à la fois, qui sont les reproductions de métropoles anciennes -la Rome de César, Rio de Janeiro, Chicago, Alexandrie… Tombouctou ser...

"Qui après nous vivrez" - Hervé Le Corre

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"J’étais là quand tout a commencé vraiment à finir." Moitié du XXIème siècle, dans "un monde finissant qui n’en finit plus", où l’on s’étonne que le soleil se lève encore chaque matin... Un monde dévasté, parsemé de forêts de troncs morts, calcinés... Les êtres y survivent -ou pas- en se jetant dans l’errance, en quête d’un abri, de nourriture, tentant d’échapper aux brutes en quête de proies, auxquelles l’époque est propice. La mère de Léo n’a pas su leur échapper. Des années auparavant, il a assisté impuissant à son viol puis à son meurtre. A douze ans, il en garde un profond traumatisme et la conviction de son irrémédiable vulnérabilité, persuadé qu’il n’acquerra jamais ni la force ni la beauté de son père Marceau. Ils ne sont pas seuls. Nour et sa fille Clara, du même âge que Léo, rencontrées au cours de leurs pérégrinations, les accompagnent. Aucun désir ni aucune tendresse ne lient les deux adultes, focalisés sur un impératif de survie qui n’autorise au mieux ...

"Blade Runner" - Philip K. Dick

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"L'air matinal, chargé de particules radioactives qui le rendaient grisâtre et masquait le soleil lui rota au nez comme un renvoi d'évier bouché, et il ne put s'empêcher de renifler l'odeur de mort." Je trouve dommage que le roman ait été débaptisé au profit de son adaptation filmique, puisqu’à aucun moment le terme Blade Runner n’y figure (du moins dans la traduction française)… je comprends qu’il s’agit là d’une démarche à but commercial, motivée par le fait que faisant référence au film, ce titre est plus vendeur que celui d’origine, pourtant à mon avis bien plus "Dickien" ("Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?")* Mais qu’est-ce donc que ce "Blade Runner" ? C’est le nom donné à la brigade de chasseurs d’androïdes dont fait partie le héros du roman, Rick Deckard. Rick est un chasseur médiocre, dont les primes sont tout juste suffisantes à boucler les fins de mois, et ne parlons même pas de réaliser l’un des ses plus...

"Les rêves qui nous restent" - Boris Quercia

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"Un monde meilleur n’est pas nécessairement un monde plus humain." A la suite de Natalio, nous découvrons la City, ville tentaculaire et futuriste, théâtre d’une société profondément inégalitaire, marquée par un effondrement généralisé et des émeutes régulières, dont l’implacable répression ne suffit pas à régler le problème de surpopulation. C’est aussi une ville grise et ultra polluée où les rares étendues d’herbe peinent à subsister dans des parcs à l’entrée payante, entourée d’un inhabitable désert parsemé de décharges illégales, où brûle en continu le contenu des vieilles batteries que l’on y déverse. Une majorité de travailleurs s’échine à de basses œuvres pour un salaire de misère, ce qui favorise la multiplication des systèmes économiques souterrains. L’ensemble de sa population souffre d’une amnésie des rêves et d’une profonde détresse qu’une mystérieuse crise sanitaire que l’on évoque du bout des lèvres en faisant référence aux "évènements d’Oslo", a renfo...

"L’affaire Kovac" - Howard Fast

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"Qu'est-ce que l'humanité ? A-t-elle la moindre signification, n'est-ce pas un simple accident de la nature, un bouleversement de la structure moléculaire ?" Le premier texte donne son titre au recueil. On y assiste à l’assemblée annuelle que tient le Conseil d’une entreprise internationale, où règne une parfaite parité hommes/femmes, et où sont représentées toutes les nations et toutes les races. S’y traite, comme chaque année avant tout autre dossier, la question morale et légale que représente le "problème" Steve Kovac, le magnat à l’origine de la fondation de l’entreprise. Quelle est la nature de ce problème ? Et quelle question pose-t-il aux membres de cette assemblée qualifiée d’humaniste, dont l’influence dominante s’étend à l’ensemble de la Terre ? Je laisse planer le mystère, l’un des plaisirs de cette lecture consistant à découvrir, à chaque texte, le fondement des étranges intrigues imaginées par l’auteur. La deuxième nouvelle nous plonge dans...

"Les dangers de fumer au lit" - Mariana Enríquez

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"Ce n'est pas très cohérent d'essayer d'étrangler un mort, mais on ne peut pas être désespéré et raisonnable en même temps." La lecture de ce recueil a confirmé, après celle de son roman " Notre part de nuit ", l’appétence de Mariana Enríquez pour la noirceur et le surnaturel, et sa capacité à les entremêler. Il est ainsi abondamment question, dans "Les dangers de fumer au lit", de fantômes et de zombies, d’idoles malfaisantes, de sorts maléfiques, de cultes souterrains… Et ce n’est pas sous la forme d’ectoplasmes éthérés que s’y manifestent les errants de l’au-delà. Ils se parent au contraire d’une matérialité organique qui les rend d’autant plus repoussants, comme dans "L’exhumation d’Angelita", où la grand-tante de la narratrice, décédée en bas âge des décennies auparavant, lui apparait recouverte des sanies d’une putréfaction qui lui reste sur les doigts lorsqu’elle tente de se débarrasser de l’intruse. Les pestilences de ces appa...

"Terminus radieux" - Antoine Volodine

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"Bourgazine est pas encore mort (…). Quand il meurt je le passe à l’eau pour qu’il revienne. Jusqu’à maintenant il est toujours revenu. Pas la peine de l’enterrer de son vivant." Qu’y aurait-il après ? Après l’effondrement des idéologies, après l’irradiation nucléaire généralisée, après le glas d’une Deuxième Union soviétique dont la morale prolétarienne égalitariste n’aurait pas fait long feu ?... Il y aurait des steppes et des villes désertes, des routes à l’abandon, un retour à la " gueuserie (…) du temps des premiers nomades ". Il y aurait d’effrayantes forêts où l’on perdrait tout repère spatial, royaume de loups, d’ours et de champignons d’où il serait impossible de sortir. Il y aurait Kronauer, Vassilissa Marachvili et Iliouchenko. Ces trois soldats de la révolution sont devenus déserteurs après avoir abattu leur commandant devenu fou. Ils errent depuis dans des territoires vides au taux de radiation effrayant, et sont à bout de force. Vassilissa Marachvili e...

"L'âme de l'empereur" - Brandon Sanderson

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"L'art véritable allait au-delà de la beauté ; au-delà de la technique. Ce n'était pas une simple imitation. C'était l'audace, le contraste, la subtilité." On ne sait pas vraiment où l’on est, ni à quelle époque. C’est presque en passant que l’on apprend que l’action se situe dans l’Empire de la Rose, où l’on vénère quatre-vingts soleils. Mais cela n’a aucune importance. Wan ShaiLu est une faussaire. Une faussaire de génie, qui maîtrise un art aussi complexe que magique, considéré comme une abomination morale par les dirigeants de l’Empire. La falsification consiste à concevoir des tampons dont le sceau, appliqué sur un objet, en modifie l’histoire, le transformant ainsi en une autre version de lui-même. (J’adore l’idée, basée sur le principe que les objets ayant une perception d’eux-mêmes, il s’agit de les convaincre d’en changer en les trompant sur leur propre nature). Mais Wan ShaiLu est pour l’heure en mauvaise posture. Condamnée à mort pour avoir tenté de...

"Crasse rose" - Fernanda Trías

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"Pour toi qu’est-ce qui compte le plus, la liberté ou la vie ?" Intrigant ce titre sous forme d’oxymore, non ?  Mais avant de savoir ce qu’est cette "Crasse rose", on se familiarise avec un mystérieux Vent Rouge qui charrie chaleur, odeurs nauséabondes, et une épidémie mortelle qui a contraint une petite ville portuaire au confinement. Lorsqu’il tombe, c’est pour faire place à un brouillard couleur sang lui aussi, qui installe une atmosphère aussi surréaliste qu’angoissante. Le quotidien, surchargé de mesures de sécurité - garder les fenêtres fermées, faire bouillir l’eau deux fois avant de la consommer…- est rythmé par les alertes annonçant ce vent délétère. Les corps des malheureux qui n’ont pu y échapper sont récupérés par des taxis pour être déposés devant le Clínicas, hôpital-sanatorium où sont accueillis tous les malades. Ne sont restés là que ceux qui n’avaient pas les moyens de se réfugier dans leurs maisons de campagne ou leurs villas sur les hauteurs. Parm...

"Les tentacules" - Rita Indiana

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"Dans les Caraïbes, nous vivons dans les zones obscures du cerveau planétaire, comme sous l’emprise du LSD." Quel singulier roman. Il nous embarque d’abord dans une ambiance futuriste. Nous sommes en 2027. Depuis le passage, trois ans auparavant, d’un tsunami dévastateur, la République Dominicaine est divisée en deux. Une moitié de l’île est déclarée en quarantaine, pendant que dans l’autre, des dispositifs de sécurité automatisés tuent et désintègrent tout intrus identifié comme étant porteur d’un virus sur lequel nous n’apprendrons rien de plus. Les smartphones sont devenus obsolètes : une puce implantée dans le poignet permet, d’une simple pression, de naviguer sur internet. Acilde Figueroa vit dans la bonne partie de l’île. Elle s’y prostituait dans un parc public auprès de sexagénaires excités par son physique de jeune garçon jusqu’à ce qu’Esther Escudero, une célèbre prêtresse vaudou proche du président, la prenne sous son aile. Acilde a été convaincue par un de ses ami...

"L’arithmétique terrible de la misère" - Catherine Dufour

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"Et regarde le collier ! C'est un clito. En bronze. - Pourquoi un clito ? - Innovation ménagère du XXe siècle. - Et... comment ça, innovation du XXe siècle ? - Découverte du XXI siècle, si tu préfères. Les organes qui ne sont jamais malades, pourquoi veux-tu les étudier ? - A un moment, un truc qu'on a le nez dessus depuis cent mille ans..." Futuristes, les nouvelles du recueil de Catherine Dufour ? Dans l’univers qui leur sert de contexte, le capitalisme -profit et rentabilité à court terme- règne en maître aux dépens du bien-être et de la sécurité des populations, les villes occidentales voient s’affronter la misère de citoyens victimes d’une précarité grandissante à celle de migrants fuyant des territoires devenus inhabitables pendant que les services publics s'en déresponsabilisent en se renvoyant mutuellement la balle, les traces que laissent nos navigations sur internet sont exploitées à des fins commerciales, les relations virtuelles ont supplanté dans bien...

"Faute de temps" - John Brunner

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"L’humanité devait être en train de perdre la bataille : tout espoir de reconstruction sapé, toute ambition réduite à celle de survivre." Max Harrow vit une sale période. Sa femme et lui ne parviennent pas à se remettre de la mort in utero de leur unique enfant. Depuis, il fait des rêves baignés d’une atmosphère froide et humide, peuplés d’individus vêtus de fourrure en loques, affamés et désespérés. Des rêves si prégnants qu’il a le sentiment d’être " écartelé entre deux réalités ". Or, une nuit, il est réveillé d’un de ces cauchemars, dont l’horreur est exhaussée par la vision d’une phalange détachée de sa main, par la police qui frappe à sa porte, devant laquelle un vagabond, en fort mauvais état, s’est écroulé. Et comme Max est médecin…  L’homme présente les symptômes d’une mystérieuse maladie, la même que celle qui a emporté le fils des Harrow, probablement dû aux ravages génétiques produits par les radiations nucléaires. Or, il paraît impossible d’atteindre l’...

"Ubik" - Philip K. Dick

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"Une pulvérisation invisible d'Ubik et vous bannirez la crainte obsédante, irrésistible, de voir le monde entier se transformer en lait tourné". "Ubik" mêle aux grands thèmes de la science-fiction -télépathie, machines intelligentes, lune colonisée- les obsessions de l’auteur pour la subjectivité du réel, la tendance de toute chose à dégénérer en chaos et la manipulation des masses à grande échelle.  Le récit débute en 1992, soit vingt-trois ans après sa date de publication. Certaines avancées scientifiques témoignent de l’incessante quête de jeunesse éternelle. Des agonisants sont conservés dans un état proche du coma, et temporairement réveillés par leurs proches pour des échanges ponctuels de plus en plus laborieux au fur et à mesure que le capital vital ainsi préservé s’épuise. Les individus les plus riches se font greffer des organes artificiels pour remplacer les vrais lorsqu’ils sont défaillants, prolongeant ainsi leur existence de plusieurs années. Car i...