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Affichage des articles associés au libellé Franquisme

"La tristesse du samouraï" - Víctor del Árbol

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"Les dieux et les héros, ça n’existe pas. Il n’y a que des miasmes." Barcelone, mai 1981. Une femme agonise sur un lit d’hôpital. Comme elle a refusé toute visite, seul un inspecteur de police passe la voir : suspecte dans une affaire mêlant plusieurs assassinats et l’évasion d’un prisonnier, elle a promis qu’elle allait "tout lui raconter". A partir de cette scène qui ouvre le roman, Víctor del Árbol remonte le temps, reconstituant le fil des événements qui y aboutissent. C’est d’une tumeur au cerveau qu’est en train de mourir María Bengoechea, 35 ans. Contrairement à ce que l’on nous fait croire de prime abord, son implication dans cette histoire ne remonte pas au moment (trois ans auparavant) où cette avocate en droit pénal a fait condamner César Alcalá, un policier véreux qui a torturé jusqu’à le plonger dans le coma un indic qui menaçait de le dénoncer. Ce moment de gloire a fait décoller une carrière jusqu’alors faite d’une routine insatisfaisante et peu r...

"L’imposteur" - Javier Cercas

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"Un livre peut-il réconcilier un homme avec la réalité et avec lui-même ?" Comment un homme a-t-il pu faire croire, à de multiples reprises, et de manière publique, à son passé fantasmé de rebelle républicain et de déporté de camp de concentration ? Car tel est l’exploit, si l’on peut dire, d’Enric Marco (âgé aujourd’hui de 101 ans !), qui a pendant des années, dans des écoles et lors de conférences télévisées ou radiophoniques, témoigné de son internement au camp de Flossenbürg, nourrissant ses propos de moult détails et anecdotes, sans avoir jamais mis un pied dans un camp de concentration. C’est l’historien Benito Bermejo qui découvre, en 2005, l’imposture : si Enric Marco a bien été en Allemagne au début des années 40, c’était volontairement, pour y travailler et fuir la misère de l'Espagne franquiste. C’est après beaucoup d’hésitations que Javier Cercas se décide à écrire sur ce sujet. Suite à l’échec de plusieurs tentatives pour écrire de la fiction, il tourne autou...

"Pas pleurer" - Lydie Salvayre

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"(...) moi qui ne savais même pas ce qu'était embrasser n'ayant jamais vu deux personnes le faire et pas de télévision pour m'instruire, moi qui savais encore moins comment se practiquait l'Acte (ma mère dit l'Acte pour l'acte sexuel), ni le 69, ni les pipes, ni rien, je suis devenue en une semaine une anarquiste de choc prête à abandonner ma famille sans le moindre remordiment et à piétiner sans pitié le corazon de mi mamà." Montse a quatre-vingt-dix ans, l’esprit qui parfois divague, la mémoire qui fout le camp. C’est pourtant avec beaucoup de clarté et de précision, comme si elle le revivait, qu’elle raconte à sa fille Lidia l’été qui marqua définitivement sa vie, celui de la funeste année 1936. Il fut pourtant pour elle un été de splendeur, qui a effacé tous ses autres souvenirs, balayé soixante-dix années d’un interminable hiver passé en exil dans un village du Languedoc, un été de jeunesse totale au cours duquel la vie et l’amour la prirent à bra...

"Cette putain si distinguée" - Juan Marsé

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Trous de mémoire. Espagne, début des années 80. Le narrateur, écrivain en mal d'inspiration, est sollicité par un producteur de cinéma pour écrire le scénario d'un film qui s'inspirera d'un fait divers survenu trois décennies auparavant : l’assassinat, par l'un de ses amants, d'une prostituée, perpétré dans la cabine de projection du cinéma où travaillait le meurtrier. Peu convaincu par ce projet, il laisse néanmoins le pragmatisme et la perspective d'une rémunération bienvenue l'emporter sur sa dignité. Fermín Sicart a purgé sa peine. C'est un homme vieillissant, dont l'insignifiance surprend. Le romancier organise des rencontres avec lui, afin de reconstituer non seulement le crime mais aussi les circonstances qui l'ont précédé. Il en résulte des interviews fondées sur la traque d'une vérité illusoire, soumises aux tergiversations de la mémoire de l'interrogé, somnambule et capricieuse. Fermín se souvient avoir tué mais a o...

"Sur le rivage" - Rafael Chirbes

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Accablement et désillusions... En dressant avec une précision et une acuité remarquables le portrait d'un homme qui entame le crépuscule de sa vie, Rafael Chirbes parvient, ce faisant, à capter l'air d'une contemporanéité faite de désillusions, plombée des traumatismes du passé. Septuagénaire, Esteban est de ceux qui donnent le sentiment de passer à côté de l'existence, de subir les événements avec une passivité amère mais silencieuse. L'investissement de ses maigres richesses dans l'un des projets immobilier de son ami Pedros a provoqué sa ruine, et la faillite de sa menuiserie, dont il a dû licencier l'ensemble du personnel. C'est de plus un homme seul, qui assiste l'interminable agonie d'un père tyrannique, hanté par son passé de républicain vaincu, avec lequel il a toujours entretenu des rapports dénués de toute affection.  Sa voix nous guide à travers un itinéraire qui peut sembler chaotique, au fil d'une narration qui, par son...

"Tableau de chasse" - Rafael Chirbes

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Autoportrait complaisant. Je suis bien embêtée... Voilà environ quinze jours que j'ai terminé la lecture de "Tableau de chasse", et je n'en ai gardé quasiment aucune empreinte. Je me souviens pourtant que cela n'a pas été une lecture désagréable, loin de là. L'écriture de Rafael Chirbes coule toute seule, emmène le lecteur sans peine au bout de son récit. Heureusement, j'avais pris quelques notes... qui ont quelque peu rafraichi ma mémoire. Le narrateur de "Tableau de chasse" est un homme vieillissant, qui vit seul avec Ramon, un domestique laconique mais efficace. Il revient sur son passé, plus précisément sur certains épisodes de celui-ci, évoque ses relations avec des personnages qui ont partagé son existence sur des périodes plus ou moins longues...  Il exprime la nostalgie rattachée au souvenir de sa liaison avec Elena, sa maîtresse, des années durant. Il revient sur son ascension sociale, qui a démenti les a priori que ses ...

"La pluie jaune" - "Lune de loups" - Julio Llamazares

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"Nous croyons parfois avoir tout oublié, que la rouille et la poussière des ans ont désormais complètement détruit ce que nous avons un jour confié à leur voracité. Mais il suffit d'un son, d'une odeur, d'un contact furtif et inopiné pour que soudain, les alluvions du temps tombent sur nous sans compassion et que la mémoire s'illumine avec la brillance et la fureur de l'éclair". Explorer les ravages de la solitude et de l'isolement... Observer le fléchissement de l'homme qui se retrouve face à lui-même... C'est ce que se propose de faire, dans ces deux romans, Julio Llamazares. "La pluie jaune" est aussi l'histoire d'une lente agonie, ou plutôt de deux agonies qui se confondent, se mêlent pour n'en former plus qu'une : celle d'un homme et de son village. Ainielle, petite bourgade des Pyrénées espagnoles, n'est plus que l'ombre d'elle-même. Peu à peu, tous ses habitants l'ont désertée,...