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Affichage des articles associés au libellé Angleterre

"La Maison des Jeux – L’intégrale" - Claire North

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"J’ai commencé à te haïr le jour où tu as commencé à jouer pour jouer." L’ouvrage regroupe très logiquement des textes d’abord parus indépendamment, constituant une trilogie.  Si chaque volume diffère quant à son unité de temps et de lieu, et au personnage qui y est mis en avant, l’ensemble est cimenté par une cohérence aussi bien scénaristique que thématique. La Maison des Jeux, à la fois présence concrète et entité conceptuelle, est comme l’œil d’un cyclone autour duquel orbitent des héros que l’on retrouve parfois d’une partie à l’autre. Nous y entrons par une porte se situant dans la Venise du XVIIème siècle, " cœur commercial de l'Europe aimée de la peste et honnie des papes ", avec un premier Livre intitulé "Le Serpent". Nous y faisons la connaissance de Thene, fille d'un riche marchand d'étoffes et d'une juive défunte, qu’un oncle cruel a mariée à Jacomo, rejeton d’une grande lignée désargentée qu’a acheté sa dot. Homme froid et ...

"Sweet Harmony" - Claire North

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"- Compte tenu du temps que j’ai passé à travailler dessus, je dirais que c’est notre corps." Londres, dans un futur proche. La descente aux enfers d’Harmony Meads commence avec un bouton sur le menton… Anodin ? Pas tant que ça, dans un monde où la perfection esthétique impose sa dictature. Pour atteindre ladite perfection, l’être humain s’augmente, si l’on peut dire, à l’aide de programmes, nommés extensions, vendus par l’incontournable Fullife, qui propose, des plus futiles aux plus physiologiquement fondamentales, toutes les fonctionnalités possibles : renforcer les fonctions organiques, détruire les graisses, avoir une sexualité épanouie, se sentir heureux ou remodeler la silhouette, mais aussi avoir un teint parfait ou un sourire radieux, une voix d’ange et les yeux brillants, effacer les grains de beauté, prévenir le gueule de bois, empêcher les fesses de se marquer de tâches rouges après une longue station assise… Ayant contacté son fournisseur, Harmony apprend qu’elle...

"L’espion qui venait du froid" - John Le Carré

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"Il lui arrivait de penser qu’Alec était dans le vrai : qu’on croyait aux choses parce qu’on avait besoin de croire. Mais l’objet même de la foi n’avait aucune valeur en soi, aucune fonction véritable." Je n’avais jamais lu John Le Carré, auteur emblématique s’il en est du roman d’espionnage. La proposition de Moka consistant à lire pour février, dans le cadre de ses Classiques fantastiques, sur la thématique de la trahison, m’a donné l’occasion de combler cette lacune. Je ne le regrette pas… Nous faisons d’emblée connaissance avec le personnage central du roman, Leamas, qui peine à dissimuler sa fébrilité. Il attend près d’un poste frontière le passage de Karl, son dernier agent survivant. Le reste de son équipe, officiant dans le contre-espionnage à Berlin Est, a été décimée depuis l’arrivée à la tête des services secrets est-allemands de Mundt, que sa réputation a précédé. Issu des jeunesses hitlériennes, l’homme serait un technicien de la Guerre froide sans états d’âme. M...

"Sur l’île" - Elizabeth O’Connor

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"Je lève ses mains jusqu’à ma bouche et je souffle dessus. Elles ont la même odeur que Mam dans mon souvenir. Je détestais cette odeur. Je voudrais la sucer pour la faire partir et la recracher dans la mer." C’est une île au large du Pays de Galle, de quinze kilomètres carrés, bordée d’une mer grise, où l’on vit au rythme de la pêche, et des saisons qu’accompagnent les allées et venues des oiseaux. Elle compte douze familles, auxquelles s’ajoutent le pasteur et le gardien de phare. Aucun de ses habitants ne sait nager. Le nombre de ses maisons vides, envahies par les martinets, les chauves-souris et les guêpes, a dorénavant dépassé celui des maisons occupées.  C’est une île coupée du monde durant une bonne partie de l’année, où les nouvelles parviennent avec un temps de retard. D’ailleurs Manod, née un 20 janvier -en 1920- l’est officiellement le 30, son père n’ayant pas pu se rendre plus tôt au bureau de l’Etat civil. Elle a maintenant dix-huit ans. Sa mère est morte depuis ...

"Tokyo ville occupée" - David Peace

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"Car derrière moi, ce matin, sur ces quais gris, il y avait les ruines de Tokyo, les ruines du Japon, de l'Asie, de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, et de notre Mère Patrie la Russie et de nos Républiques Soviétiques, de l'Allemagne et de l'Europe, toutes rasées derrière moi, partout, tous ces lieux et toutes ces populations broyées, les villes et les gens, les gens souffrant encore." Janvier 1948. Un homme se présente dans une succursale de la Banque impériale de Tokyo, prétendant représenter le Ministère de la Santé publique. Sous le prétexte d’un traitement préventif contre une épidémie de diphtérie qui sévirait dans leur quartier, il fait ingérer du poison aux seize employés présents. Douze décèdent. David Peace s’empare, à sa manière si particulière, de ce fait divers, connu au Japon comme l’Affaire Teigin. Ceux qui connaissent bien l’auteur ne seront guère surpris par son entrée en matière, préambule halluciné et lancinant qui met en scène un écriva...

"Ironopolis" - Glen James Brown

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"-Je le vois d'ici, Mrs Jean Pauv'type. Tu fais de délicieux rognons de bœuf, et tu sais comment bien nettoyer les taches. Mr Pauv'type te met en cloque plusieurs fois et vos petits Pauv'type sont de vrais anges. Bien joué Jean ! Maintenant, tout ce qu'il reste à faire, ben c'est de tuer le temps jusqu'à devenir une vieille bique fripée aux doigts abîmés par la cuisine." Premier roman impressionnant de virtuosité, "Ironopolis" est construit comme un puzzle dont les six parties, affirme Glen James Brown, peuvent être lues dans n’importe quel ordre. Je l’ai personnellement lu dans celui présenté par l’auteur. Ironopolis est le surnom de Teesside, ville de métallurgistes qui vit à son apogée 40 000 personnes travailler dans les forges qui faisaient rougeoyer ses ciels nocturnes. Comme beaucoup de cités industrielles, Teesside a dû faire le deuil de son âge d’or suite au démantèlement et à la délocalisation de sa principale activité, qui a mi...

"L’histoire secrète de Kate Bush (& l’art étrange de la pop)" - Fred Vermorel

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"I want to be in a position where I can function as a human being. Even more so now where you've got this sort of truly silly preoccupation with celebrities. Just because somebody's been in an ad on TV, so what ? Who gives a toss ?" (Kate Bush) Adolescente, j’étais "fan", comme on dit, de Kate Bush. A l’époque, cela signifiait emprunter des 33 tours à la bibliothèque municipale (mon argent poche ne me permettant pas de les acheter, et ne parlons même pas d’envisager se rendre à un concert…) pour les enregistrer sur des cassettes audio, recopier dans des cahiers les textes de ses chansons et essayer de les traduire, collectionner les revues musicales où il était question de la chanteuse… Aujourd’hui encore, je l’écoute toujours avec beaucoup de plaisir (ayant depuis acquis l’intégralité de ses albums en CD). Je ne sais plus où j’ai appris l’existence du titre de Fred Vermorel, mais j’ai immédiatement été interpelée par la manière dont il était présenté, non c...

"Flush : une biographie" - Virginia Woolf

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"Il est naturel qu'un chien toujours couché avec la tête sur un lexique grec en vienne à détester d'aboyer ou de mordre; qu'il finisse par préférer le silence du chat à l'exubérance de ses congénères et la sympathie humaine à toute autre." "Flush", ainsi que le précise son sous-titre, est la biographie d’un chien. Mais pas n’importe quel chien. En effet, Flush est un épagneul cocker, race considérée depuis des siècles comme éminemment noble, dont les représentants " avaient leur place aux côtés du roi ". Il voit le jour vers 1842, au sein d’une famille bourgeoise désargentée établie à la campagne, ce qui lui permet de profiter, au cours de ses premiers mois, du grand air et d’une belle liberté de mouvement. Un changement radical de mode de vie survient avec son adoption, à Londres, par Miss Barrett, jeune femme qu’une mystérieuse maladie -probablement d’ordre psychologique- paralyse. Elle passe ainsi la majeure partie de son temps confinée ...

"Les vagues" - Virginia Woolf

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"À qui puis-je confier la tyrannie de ma propre passion ?" Nous avons là six narrateurs, qui se connaissent depuis toujours semble-t-il, et que l’on suit à différents moments de leur vie. Le premier épisode prend pied dans l’enfance, avec ses passions violentes, ses larmes et ses colères. Déjà se dessine la personnalité de chacun : Bernard, moulin à paroles maladroit et impulsif, qui ne se sent exister qu’en présence des autres et adore raconter des histoires ; Suzanne, pudique et sensible ; Rhoda la solitaire, fillette complexée et timide que la cruauté indigne ; Neville, le cérébral délicat ; la belle Jiny, lumineuse et virevoltante ; enfin Louis, qui se sent différent en raison de son accent australien. Il y a ensuite le pensionnat, très mal vécu par Suzanne, qui sépare filles et garçons. Ces derniers y côtoient des étudiants vigoureux à la simplicité virile, dont le charismatique Perceval, pas très futé mais solaire et attachant, dont Neville est secrètement amoureux. Les...

"Jane Eyre" - Charlotte Brontë

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"Je puis vivre seule, si le respect de moi-même et les circonstances m'y obligent; je ne veux pas vendre mon âme pour acheter le bonheur." De Jane Eyre, je n’avais lu, enfant, qu’une version abrégée, ainsi qu’il m’a fallu l’admettre en découvrant l’épaisseur de l’ouvrage dans l’édition du livre de poche... La thématique proposée en novembre par Moka et Fanny dans le cadre de l’activité "Les classiques c’est fantastique", était l’occasion de combler cette lacune. Orpheline, Jane a été recueillie dans la famille d’un oncle maternel qui a eu la mauvaise idée de décéder, la laissant aux bons soins de sa veuve, Mrs Reed. Elle passe ainsi sa petite enfance dans un foyer hostile, en butte à l’injustice et au mépris, où on ne cesse de lui rappeler son infériorité, subissant de la part des enfants Reed (deux filles et un adolescent stupide et brutal) arrogance et cruauté. Bien qu’en arrivant parfois à douter de de sa propre valeur, Jane se rebelle, et obtient de partir e...

"Tokyo revisitée" - David Peace

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"- Si tu te fais un ennemi de cet homme-là, tu le regretteras toute la vie, je te le jure. Mais si tu te mets dans ses bons papiers, tu pourras passer le reste de ta vie à péter dans la soie. - Ça puera quand même, soie ou pas." Dernier volet du triptyque tokyoïte de David Peace, cet opus, comme les deux précédents, s’inspire d’un réel fait divers : la mort, restée à ce jour mystérieuse, de Shimoyama, président de la société nationale des chemins de fer, dont les morceaux du cadavre sont retrouvés éparpillés sur les rails. Bien que les circonstances en marquent durablement l’opinion, l’événement ne surprend pas vraiment. Placé à la tête de l’entreprise pour en réduire le déficit, Shimoyama avait pour mission de dégraisser fortement les effectifs. L’annonce des 100 000 licenciements prévus avait fait fleurir des menaces de mort à son encontre sur les murs de la ville. On savait par ailleurs l’homme fortement tourmenté par cette situation où il avait été impliqué à son corps dé...

"Retour à Lemberg" - Philippe Sands

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"Il y a une fissure en toute chose ; c’est ainsi qu’entre la lumière." Invité à Lviv en 2010 afin d’y tenir une conférence sur ses travaux concernant le génocide et les crimes contre l’humanité, Philippe Sands y découvre une série de coïncidences à l’origine de l’enquête qu’il entreprend à la fois autour de son histoire familiale et de celle de l’introduction dans le droit international des notions de protection de l’individu et de la responsabilité criminelle. Point de départ de cette enquête, la ville en est aussi le repère qui lui permet de lier ses différents protagonistes.  C’est à Lviv (alors appelée Lemberg) qu’est né son grand-père maternel Leon Buchholz qui, exilé à Paris au début de la seconde Guerre mondiale, y a passé le reste de sa longue vie aux côtés de son épouse Rita. L’auteur se souvient d’un homme généreux et passionné, mais malgré les souvenirs heureux qu’il a conservé de ses séjours chez ses grands-parents, il en a aussi retenu l’absence de rires, et la t...

"Un lieu à soi" - Virginia Woolf

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"Ecrivez ce que vous désirez écrire, c'est tout ce qui importe, et nul ne peut prévoir si cela importera pendant des siècles ou pendant des jours. Mais sacrifier un cheveu de la tête de votre vision, une nuance de sa couleur, par déférence envers quelque maître d'école tenant une coupe d'argent à la main ou envers quelque professeur armé d'un mètre, c'est commettre la plus abjecte des trahisons." Invitée à donner une conférence sur les femmes et la fiction à l'université pour filles de Cambridge, Virginia Woolf surprend son auditoire en focalisant son propos sur une considération bassement prosaïque : tout ce dont une femme a besoin pour écrire, c’est d’une rente de 500 livres, et d’un lieu qui lui appartienne, où elle peut s’isoler. Elle structure son argumentation à partir de situations qu’elle a récemment vécues, représentatives des inégalités subsistant entre les hommes et les femmes, qui lui ont fait réaliser que le principal obstacle entre ces de...