"Ton absence n’est que ténèbres" - Jón Kalman Stefánsson
"Je dirais, si j’osais, que le lombric reflète la pensée divine." J’ai tenté de fuir la canicule girondine en m’exilant, pour mes vacances, dans le Jura, réputé humide et plutôt frais à partir de la mi-août. Las ! Le mercure s’est envolé jusqu’à 39°c au cours de la première semaine, et j’y ai trouvé des prairies jaunies et des cascades vidées par la sécheresse (mais c’est tout de même une belle région, où je compte bien retourner). J’ai donc tenté de me procurer quelque sensation de fraicheur en partant en Islande, plus précisément du côté de ses fjords du nord-ouest, où se situe le roman de Jón Kalman Stefánsson, dont j’ai tant aimé Asta . Le rafraichissement a été relatif, sans doute parce que la majorité de l’intrigue se déroule en été. Si l’auteur insiste sur un point, c’est sur l’isolement de la petite communauté qui peuple la région. Un homme a perdu la mémoire. C’est le narrateur, et il ignore comment il est arrivé dans ce fjord où tout le monde semble le conna...