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Affichage des articles associés au libellé stalinisme

"L’aviateur" - Evgueni Vodolazkine

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"… dans le ciel, tout ne dépend que du savoir-faire de celui qui vole. De l'aviateur, beau dans sa solitude". Le narrateur, Innokenti, se réveille… d'un coma ? On ne sait pas vraiment, ni combien de temps a duré son inconscience. Toujours est-il qu’elle semble avoir été très longue, et qu’il en ressort amnésique. Il a oublié qui il est comme ce qu’il a vécu, et s’étonne du traitement spécial dont il fait l’objet, seul dans une chambre d’hôpital où sa présence semble considérée comme un secret, y recevant comme uniques visites celles de l’infirmière Valentina et du docteur Geiger. C’est à la demande de ce dernier qu’Innokenti couche dans un journal les étapes du réveil de sa mémoire.  C’est au départ un peu foutraque et surtout très ténu. Lui reviennent en vrac l’écho de phrases toutes faites, sans doute souvent entendues ou prononcées, d’épisodes de son enfance -souvenirs de rêves de petit garçon (devenir pompier ou aviateur) ou de la lecture éblouie de Robinson Cruso...

"Sandormokh - Le livre noir d’un lieu de mémoire" - Irina Flige

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La mémoire persécutée. Irina Flige a consacré trente ans de sa vie à un objectif : sortir de l’oubli les victimes de la répression stalinienne. Elle est la présidente de la branche pétersbourgeoise de l’association non gouvernementale Memorial, principale organisation russe de défense des Droits de l’Homme, qui œuvre activement en ce sens. Lors de recherches réalisées juste après ses études de géographie sur les camps des îles Solovki, elle acquiert la certitude qu’un grand nombre de détenus évacués fin 1937 ont littéralement disparu. Elle met dix ans à retrouver leurs traces, à une centaine de kilomètres de l’archipel, dans les fosses communes d’un charnier de Carélie. "Sandormokh - Le livre noir d’un lieu de mémoire", est d’abord la relation de cette (en)quête. Pour rappeler le contexte, en 1937 débute la Grande Terreur : des vagues massives d’arrestations ordonnées par Staline sont perpétrées par le NKVD, chargé de maintenir l’ordre en U.R.S.S., et s’accompagnent d’une opé...

"Zouleikha ouvre les yeux" - Gouzel Iakhina

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"La mort était omniprésente -plus rusée, plus intelligente et plus puissante que la stupide vie, qui perdait toujours le combat". Zouleikha est une petite et frêle créature soumise à l’autorité de son mari et à celle de Dieu. Mariée à quinze ans à Mourtaza, de trente ans son aîné, elle vit depuis dans une maison faite de deux isbas reliées par une entrée commune, dont l’une abrite sa belle-mère -qu’elle surnomme en secret La Goule-, centenaire mauvaise, capricieuse et tyrannique, aveugle et sourde mais loin d’être muette...  Ce sont des tatares, des paysans à la vie rude, dont le quotidien est rythmé par un incessant labeur. Zouleikha ne ménage pas sa peine, obéissant naturellement aux règles séculaires qui déterminent la place et les missions de chacun, s’oubliant. Sa seule transgression consiste à aller en catimini déposer des offrandes au cimetière pour assurer la paix aux quatre petites filles qu’elle a à peine eu le temps de connaître après leur avoir donné une vie trop ...

"L'homme qui aimait les chiens" - Leonardo Padura

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"Le socialisme a creusé sa propre tombe et je pressens qu’il va y pourrir pour longtemps". Grande fresque au sein de laquelle fiction et réel s’entremêlent, "L’homme qui aimait les chiens" introduit, parallèlement au récit de deux véritables destins liés par l’Histoire -ceux de Trotski et de son assassin Ramon Mercader-, un troisième héros, fictif celui-là, en la personne d’Iván Cárdenas Maturell. Au début du roman, ce dernier vient de perdre sa compagne Ana. On est en 2004, sur une île de Cuba traumatisée par la faim, les coupures d’électricité, la dévaluation des salaires, la paralysie des transports. Brisé par cette disparition, Iván est aussi un homme désabusé. Écrivain prometteur lorsqu’il était étudiant, la censure d’une de ses œuvres, qualifiée de contre-révolutionnaire, l’a condamné à végéter professionnellement. Il a lui-même capitulé en cessant d’écrire. La mort d’Ana le décide à reprendre la plume, et surtout à entreprendre la relation d’une histoire -...

"Les neiges bleues" - Piotr Bednarski

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"Tout va mal, mais nous sommes en vie ; et si ça empire encore, nous survivrons quand même". En une succession d'épisodes significatifs, Piotr Bednarski, avec "Les neiges bleues", nous immerge dans le quotidien de Petia, huit ans, "fils d'ennemis du peuple travailleur", détenu avec sa mère dans un centre en Sibérie, son père ayant été expédié au goulag.  Nous partageons avec lui le froid et la faim, les humiliations, mais aussi les manifestations d'amitié ou de solidarité, les petits bonheurs ravis à la misère... et nous partageons surtout le regard qu'il porte, entre naïveté et lucidité précoce, sur le monde qui l'entoure. Philosophe en herbe, il nous livre ainsi ses réflexions sur les événements souvent dramatiques et violents dont il est le témoin, exprime son incompréhension face à l'absurdité d'un système dont il ne saisit pas le sens, le tout avec une vivacité et un optimisme rafraîchissant, en dépit du sombre c...

"Les vaincus" - Irina Golovkina

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Colossal... "Les vaincus" d'Irina Golovkina sont les perdants de la révolution bolchevique, ces représentants d'une noblesse autrefois toute puissante, que l'on a surnommés les "blancs". Avec comme point central de son récit les membres -du moins les membres survivants- de la famille Bologovski, issue de l'aristocratie militaire, elle met en scène une riche galerie de personnages, dont les terribles destins reflètent les humiliations et les violences subies par ces vaincus. Certains de ces héros affichent une personnalité aux caractéristiques assez marquées pour paraître caricaturale. Ainsi la jeune Assia Bologovskaïa et sa fraîcheur naïve, enfantine, son optimiste bienveillance qui lui permet, il est vrai, de surmonter les épreuves avec une étonnante vaillance. Ainsi la grand-mère de celle-ci, l'intraitable Natalia Pavlovna et sa conviction d'une supériorité innée, qui en fait le symbole même de cette condescendante dignité que l...

"La fin de l'homme rouge" - Svetlana Alexievitch

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"En 70 ans de communisme, l'URSS a créé dans le laboratoire du marxisme léninisme l'Homo Sovieticus." Journaliste et écrivain biélorusse, Svetlana Alexievitch fait, à travers ses œuvres, s'exprimer l'autre. Ou plutôt les autres, rassemblant les témoignages d'individus multiples, à partir desquels elle brosse le portrait d'une nation, la sienne, et des divers drames qui l'ont irréductiblement marquée. Sa démarche est davantage, ainsi qu'elle le dit elle-même, littéraire qu'historique. Ce qui l'intéresse, ce sont les destins individuels, ce " petit espace " qu'est l'homme.  Dans "La fin de l'homme rouge," elle part à la rencontre de citoyens de l'ex Union soviétique dont elle recueille, au fil de longues conversations (parfois entrecoupées de plusieurs années), les histoires. Elle tente ainsi de définir, en le laissant s’exprimer, ce qu'elle désigne comme le socialisme " intérieur ...

"La plaisanterie" - Milan Kundera

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"La jeunesse est horrible : c'est une scène où, sur les hauts cothurnes et dans les costumes les plus variés, des enfants s'agitent et profèrent des formules apprises qu'ils comprennent à moitié, mais auxquelles ils tiennent fanatiquement". Les retrouvailles avec certains auteurs font surgir des évidences, comme celles qu'ils vous ont profondément manqué, et que le plaisir que procure leur lecture est inextinguible... Une fois refermé le premier roman de Milan Kundera, une autre évidence m'est encore apparue, celle de l'immense respect qu'il donne l'impression d'éprouver pour son lecteur (et qu'est-ce que ça fait du bien !). Sa prose est un subtil équilibre entre densité et fluidité, profondeur et simplicité. Sa démarche : sonder les méandres de l'âme humaine et transcrire la complexité des relations entre individus, ne s'encombre ni de fioritures stylistiques, ni de discours inutilement alambiqués. L'acuité ave...

"Vilnius poker" - Ričardas Gavelis

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"Vytautas, il ne vous est jamais venu à l'esprit que Vilnius sert de toilettes à Dieu ? Que tout ce qu'il fait, ici, c'est pisser et vider ses intestins ? Vous n'avez jamais pensé que même nous, vous et moi, nous ne sommes que les excréments du Seigneur ?" Ils sont partout, et pourtant insaisissables. Leur pouvoir est infini, qui se manifeste -depuis sans doute la nuit des temps- sous la forme de toutes les barbaries, de tous les asservissements qu'a connus l'humanité. Ils forment une organisation tentaculaire, " kanuk'ant " les masses (les privant de leur cerveau et de leur résolution) et utilisant pour servir leurs desseins des suppôts dont ils  ont vampirisé l'âme... Peu d'hommes sont conscients de leur existence. Vytautas Vargalis fait partie de ces élus. Engagé sur le Sentier de la compréhension de l'ordre du monde, de la composition du Bien et du Mal, il est investi d'une mission mortellement dangereuse :...

"Une exécution ordinaire" - Marc Dugain

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Naufrage d'une nation. U.R.S.S. de Staline. Ce dernier, pour soulager ses douleurs liées à des troubles articulaires, fait venir auprès de lui, dans le plus grand secret, Olga Ivanovna Atlina. Olga est urologue, mais ce sont surtout ses dons de magnétiseuse qui intéressent le dirigeant soviétique. RDA, guerre froide : Plotov, membre du KGB, est mis à l’épreuve par ses supérieurs, qui se préparent pour la fin, qu’ils sentent proche, du régime soviétique. Août 2000 : l’Oskar, sous-marin nucléaire russe, fait naufrage lors d’une démonstration, avec pour conséquence la mort des 118 hommes qui se trouvaient à son bord*. A priori peu de rapports entre ces 3 parties… et pourtant, si je vous dis que le petit-fils d’Olga, Vania, est l’un des sous-mariniers détachés sur l’Oskar ? Que Plotov (qui n’est autre que Poutine, ainsi que le lecteur l’aura bien vite compris) est lui-même le petit-fils du cuisinier qu’employait Staline lors de ses séjours sur les bords de la Mer Noire, et qu...

"Le Testament d'un poète juif assassiné" - Elie Wiesel

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"Le testament d'un poète juif assassiné" est un roman à plusieurs voix : - Paltiel Kossover, poète juif né en Russie au début du XXème siècle, depuis la cellule d’une prison soviétique, couche sur papier le récit de sa vie, des événements et des choix qui l’ont mené en ce lieu. - Grisha, son fils, découvre ce témoignage posthume d’un père qu’il n’a pas connu, puisqu’il n’était encore qu’un bébé lorsqu’il fût arrêté. Il a grandi en union soviétique près de sa mère, envers laquelle il semble éprouver des sentiments ambivalents, car entachés de rancune ; au commencement du récit, il arrive, seul, en Israël, où il a décidé d’émigrer. Grisha est muet, pour une raison que le lecteur ne découvrira qu’en dernière partie du roman. - Viktor Zupanev, veilleur de nuit de l’immeuble où logeaient la veuve et le fils de Paltiel Kossover à Krasnograd, est celui qui a remis à Grisha le testament de son père. Le garçon, avec qui il s’était lié d’amitié, se remémore à intervalles ...