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"L’esprit d’aventure – Itinéraire d’un explorateur excentrique" – Reid Mitenbuler

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L’explorateur, c’est Peter Freuchen -prononcer Froy-ken -, un de ces aventuriers comme on n’en voit plus, dont les périples datent d’une époque sans GPS ni motoneige, sans duvet sarcophage ni communications radio. Né au Danemark à la fin du XIXème siècle, il a parcouru l’Antarctique et la jungle sud-américaine, visité l’URSS, la Maison-Blanche et l’Allemagne nazie, a participé aux débuts du cinéma à Hollywood. On le trouverait peu crédible comme personnage de roman tant il semble avoir été non seulement présent, mais surtout impliqué, dans les événements majeurs de son époque. Homme pluridisciplinaire - voyageur, conférencier, combattant pour la liberté, journaliste, écrivain…-, même son apparence est incroyable. Avec son mètre 95 et sa carrure d’ours, sa tignasse blonde en bataille et son étonnante voix douce, il a été surnommé " le plus grand hippie de l’histoire polaire " par une certaine génération danoise. Il a grandi dans une famille socialement à l’aise mais peu guindé...

"Octobre" - Søren Sveistrup

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"Le chagrin est un amour qui n'a plus de maison." Récemment noté chez Dasola , "Octobre" n’a pas fait long feu sur mes étagères… Et il a tenu ses promesses, en alliant suspense haletant, richesse de l’intrigue et personnages consistants. Une jeune mère est retrouvée morte et mutilée dans un square pour enfants de la banlieue de Copenhague. Ce meurtre est bientôt suivi d’un autre perpétré selon le même mode opératoire. La présence sur les scènes de crime de bonhommes en marron s’accompagne par ailleurs d’une inexplicable découverte, celle des empreintes de la fille adolescente de la ministre des affaires sociales Rosa Hartung, disparue un an auparavant et présumée morte, bien que les aveux de son assassin n’aient pas permis de retrouver son cadavre. Naia Thulin est chargée de l’enquête. Cette jeune inspectrice et mère célibataire se languit de sa future mutation à la division de la cybercriminalité, où elle pourra bénéficier d’équipements high-tech...

"Homo sapienne" - Niviaq Korneliussen

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"Tu trouveras ton foyer quand tu te trouveras toi-même ; et alors, rentre chez toi." Ce titre me faisait de l’œil depuis un certain temps. J'étais attirée à la fois par sa couverture et son titre intrigants, et le fait, rarissime, qu'il soit écrit par une groenlandaise... J'imaginais qu'il serait l'occasion d'en savoir plus sur cette froide et lointaine contrée que je ne savais même pas peuplée, inculte que je suis ! A l'issue de cette lecture, je n'en sais guère plus sur le Groenland : "Homo sapienne" pourrait se dérouler dans n'importe quelle ville d'Europe, le roman étant centré sur le microcosme d'une jeunesse urbaine, désœuvrée, en quête d'identité, notamment sexuelle, et d'amour. Le récit, polyphonique, donne successivement la parole à cinq jeunes adultes qui occupent leurs soirées en boîtes et fêtes diverses où ils boivent, pour certains beaucoup, draguent des partenaires avec lesquels ils finiron...

"Submarino" - Jonas T. Bengtsson

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Quelque chose de pourri au royaume du Danemark... Dire que Jonas T. Bengtsson casse l'image de "championne du bonheur" de sa nation, le Danemark, est un euphémisme. Avec "Submarino", il nous engouffre avec une force propre à couper le souffle dans le quotidien sordide de deux anti-héros, au coeur du monde des laissés-pour-compte de la capitale danoise, gangréné par la drogue et les gangs, lieu de déshérence des SDF, prostituées, toxicomanes et paumés en tout genre. Nick et Martin sont frères, mais n'ont pas vraiment le sens de la famille, du moins pas au sens traditionnel du terme. Séparés très jeunes suite à leur abandon par leur mère, ils sont réunis par cette dernière quelques années plus tard, dans une pitoyable tentative pour recréer un foyer... l'alcool, et l'extrême déchéance qui en découle auront vite raison des bonnes intentions maternelles. Livrés à eux-mêmes, Nick et Martin font l'apprentissage de la vie dans la violence et ...

"Silence en octobre" - Jens Christian Grøndahl

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Quand l'absence de l'autre renvoie à soi-même. Cela fait un mois que sa compagne, Astrid, est partie. Après dix-huit ans de vie commune, elle lui a annoncé un beau matin avoir besoin de prendre de la distance, et est partie en voyage pour une durée indéterminée. Leurs enfants devenus grands ayant tous deux quitté le foyer, le narrateur se retrouve seul, pour la première fois depuis longtemps, dans leur appartement de Copenhague. C'est une séparation sans fureur ni éclat, à l'image de l'existence routinière et sereine de ce couple bourgeois évoluant dans le monde artistique... couple élégant, cultivé, ouvert, au sein duquel ne se prononce jamais un mot plus haut que l'autre... dont l'union débuta sous des auspices romanesques : tous deux meurtris par des histoires compliquées, ils ne se sont plus quittés à partir du soir où elle est montée dans son taxi -alors étudiant, il arrondissait ainsi ses fins de mois- pour échapper à un mari volage et célèbre...

"Les mains rouges" - Jens Christian Grøndhal

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L'art de la nuance. Difficile gageure que celle d'atteindre le lecteur sans vraiment l'impliquer, de le toucher presque malgré lui... Je n'avais lu avant "Les mains rouges" que deux romans de Jens Christian Grøndhal, et si le détachement délicatement mélancolique du ton de " Piazza Bucarest " m'avait charmée, il m'avait laissée froide dans "Virginia" (que je n'ai d'ailleurs même pas pris la peine de chroniquer). Jens Christian Grøndhal déroule les destins de ses héros sans leur conférer d'éclat ou d'intensité flagrants. Il le fait doucement (j'ai envie de dire "du bout des lèvres"), en égrenant peu à peu les indices qui vont amener le lecteur à appréhender, sans heurt, les blessures de ses personnages. Non pas que ces blessures soient superficielles, mais plutôt que de s'attarder à mesurer leur profondeur, il préfère dépeindre les résonances qu'elles laissent de manière durable et insid...

"Tête de chien" - Morten Ramsland

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"Il y avait Anne Katrine, qui a été privée de l’amour de sa mère. Il y avait Leila, qui a perdu ses parents. Il y avait Niels junior avec ses oreilles et son corset. Il y avait Knut et son nez cassé. Il y avait le chagrin accablant de Madame Maman, la maladie permanente de grand-mère Elisabeth et la tumeur galopante de Grand-Père Hans Carlo. La faillite de l’arrière-grand-père Thorsten. Il y avait Grand-Mère et son alcoolique de mari, grand-père avec son index sectionné et ses chiens de sang sur une plaine de l’est de l’Allemagne." Il y a des dynasties célèbres, des lignées royales, des descendances marquées du sceau de la bonne fortune… … et il y a les Eriksson., famille norvégienne au destin plus piteux que glorieux, dans laquelle se transmettent plus de tares et de déveine que de bonheur et de richesses, surtout à partir du moment où Askild y fait son apparition. Ce dernier, fils d’un second de navire qui lors de ses rares retours au foyer en profitait pour le cor...

"Piazza Bucarest" - Jens Christian Grøndhal

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Presque suranné. Scott, photographe américain établi au Danemark, rencontre lors d’un voyage professionnel en Roumanie Elena, qui lui sert de guide. C’est l’époque du régime Ceausescu, et pour permettre à la jeune femme de fuir le pays, il lui propose de l’épouser. L’union sera de courte durée : après quelques mois de mariage, la jolie roumaine le quitte, à son grand désarroi. Des années plus tard, le narrateur, fils de la première épouse de Scott, lui apporte une lettre en provenance de Roumanie et destinée à Elena. A la demande de son ex beau-père, il accepte de jouer les facteurs et part à sa recherche. L’écriture de Jens Christian Grøndahl a un parfum mélancolique, presque suranné. Il imprègne son récit d’une ambiance romanesque, qui adoucit la cruauté des événements décrits par un narrateur qui se pose davantage en tant que spectateur qu’en tant qu’acteur. J’ai ressenti aussi à cette lecture une impression de familiarité, d’intimité partagée, liées aux similitudes qui exis...