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Affichage des articles associés au libellé Condition animale & désastre environnemental

"Le livre des souterrains" - Phoebe Hadjimarkos-Clarke

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"L’abjection gueusarde était sans doute mon plus bel atour." C’est un livre fait d’enchâssements. Il débute par l’avant-propos d’une certaine Gabrielle Camara, historienne de l’art, qui présente le texte à venir, transcription du journal que l’artiste Marie Marzouk a rédigé au cours des dernières semaines précédant sa mystérieuse disparition, survenue le 30 juillet 2030, à l’occasion d’une performance réalisée pendant le festival de Glücksheim. Le journal, retrouvé dans la chambre d’hôtel où logeait Marie, donne à voir selon Gabrielle les préliminaires (inconscients) à la création artistique, ce qui se joue dans le corps et l’intimité de l’artiste pour donner naissance, presque à son insu, à l’œuvre. Il débute au moment où Marie accepte l’invitation au festival, sans trop savoir pourquoi. Elle manque d’inspiration, a délaissé depuis longtemps les performances, et est entièrement focalisée sur son nouveau passe-temps : voler sous terre. Il s’agit, plus prosaïquement, de ...

"Sauvagines" - Gabrielle Filteau-Chiba

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 Tu sais que tu souffres de solitude quand tu souhaites bonne nuit à un chien qui dort déjà et que tu souris à ta poêle en fonte." Après Anouk, l’héroïne de " Encabanée ", ce deuxième volet de la trilogie de "La forêt du Kamouraska" nous fait rencontrer Raphaëlle, qui en début de récit lie son existence à celle de Coyotte, jeune chienne qu’elle récupère dans un élevage de huskys où ses yeux marron la condamnaient à l’euthanasie. C’est d’ailleurs ce qui l’a fait choisir par sa nouvelle maîtresse, dont le physique de métisse -preuve d’une trahison maternelle ou legs d’une aïeule inuite ? - jurait au sein d’une famille de Blancs aux yeux bleus qu’elle a reniée. Elle a en même temps tourné le dos à une société mesquine, violente envers les plus faibles et dédiée au consumérisme, dans laquelle elle ne se sentait pas à sa place. Elle vit dorénavant, du moins à la belle saison, dans une roulotte stationnée dans le Haut-Pays de Kamouraska, là où naissent les Appalach...

"Encabanée" - Gabrielle Filteau-Chiba

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"J’ai filé en douce." Elle a fui la vie citadine, sa végétation domptée et son eau mise en bouteille, sa mesquinerie et sa violence, le ravalement de tout à d’uniques considérations matérielles, les injonctions toxiques faites aux femmes… Terrorisée par l’acharnement de l’homme à tout dévaster, dégoutée par la folie des grandeurs des temps modernes, par l’extinction d’un bonheur que l’on croit atteindre en satisfaisant des besoins qui n’en sont pas, elle a troqué ses appareils contre des livres, son emploi à temps plein contre une pile de pages blanches, en espérant réaliser son rêve de toujours : vivre de sa plume au fond des bois. Exilée dans une cabane exiguë, sans eau ni électricité, elle tente de recommencer sa vie, en quête de solitude et de simplicité totales. Anouk s’est donc installée dans la région de Kamouraska, au bord d’un affluent du fleuve Saint-Laurent. On est en plein hiver, les températures descendent fréquemment jusqu’à moins 40°c. L’essentiel de sa rou...

"Pour tout l’or de la forêt" - Matthieu Delaunay

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"Le problème avec les hommes qui s’ennuient c’est qu’ils ne savent pas quoi faire de leurs mains." L’ouvrage compte huit nouvelles, dont la cohérence est à la fois géographique -elles ont toutes le Québec pour cadre- et thématique. Il y est question de la domination et de la violence perpétrées par les hommes aussi bien sur leurs semblables que sur le reste du vivant. "Le golfe" inaugure le recueil et a pour narratrice une baleine. Au fil d’un compte à rebours basé sur ses pulsations cardiaques, de plus en plus lentes, le cétacé nous rappelle quelques évidences que l’on a tendance à occulter, celle de la responsabilité de l’avidité et du sentiment de toute puissance de l’être humain dans son extinction en cours, celle des souffrances et des horreurs que ce dernier, de tout temps, lui a infligées, celle de notre inconséquence mortelle et de notre catastrophique indifférence, ayant mené à l’empoisonnement de l’ensemble de notre environnement… La chute, surprenante...

"Faire bientôt éclater la terre" - Karl Marlantes

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"Le faux mythe du marxisme ne gagnera jamais face au faux mythe de l’Amérique." Après celle du suédois Vilhelm Moberg -dont je vous parlerai bientôt du tome IV-, voici une autre saga d’émigrants scandinaves. Il s’agit cette fois de Finlandais, et si leur exil survient un demi-siècle après celui des Nilsa, leur destination est la même. Nous sommes à l’aube du XXème siècle. La Finlande est alors sous une domination russe dont les manifestations se font de plus en plus concrètes. La famille Koski vit dans la région de Kokkola, au nord des côtes finlandaises, d’une ferme qu’elle loue et des revenus aléatoires de sage-femme de la mère. Le roman s’intéresse aux trois aînés des enfants qui suite à divers circonstances, migrent aux Etats-Unis, et plus particulièrement à leur cadette, Aino. C’est une adolescente fougueuse et rebelle, séduite par l’idéologie socialiste, dont le petit ami Voitto fait partie d’une cellule révolutionnaire très active. A la suite de l’échec d’un attenta...

"Sidérations" - Richard Powers

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"Je ne savais pas comment être un bon parent." Le talent de Richard Powers pour entremêler détresses intimes et drame collectif s’exprime dans ce roman de manière poignante. La détresse intime est celle d’un deuil. Aly, infatigable activiste à la tête d’une ONG de défense de l’environnement, est morte dans un accident de voiture deux ans auparavant. Theo, astrobiologiste, s’est ainsi retrouvé à élever seul leur fils Robin, alors âgé de sept ans. Une tâche d’autant plus ardue que Robin n’est pas un enfant comme les autres. Aucun diagnostic n’a pu être concrètement posé sur son syndrome, que l’on découvre surtout par ses manifestations : crises de rage ou d’angoisse incontrôlables, hypersensibilité, attachement irraisonné à divers manies et rituels. C’est aussi un garçon très doué pour le dessin, doté d’une compréhension aigue des choses, d’une mémoire prodigieuse et d’une gravité qu’on ne s’attend pas à trouver chez un enfant de cet âge. Robin est, enfin, à la fois obsédé ...

"Je pleure encore la beauté du monde" - Charlotte McConaghy

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"La forêt a un cœur battant que nous ne voyons pas." Inti Flynn, biologiste, chapeaute un programme de réintroduction du loup dans les Highlands écossais, région que, comme la plupart des membres de son équipe, elle découvre à l’occasion de ce projet. Fille d’une australienne et d’un canadien qui se sont rapidement séparés après la naissance de leurs jumelles, elle entretient avec sa sœur Aggie une relation fusionnelle, notamment depuis que cette dernière, suite à un traumatisme dont on découvre ultérieurement l’origine, est devenue mutique et incapable de mettre un pied dehors, voire, certains jours, de sortir de son lit. Elles communiquent à l’aide d’une langue des signes qu’Aggie, encore enfant, avait inventée à leur seul usage. Elles ont grandi aux côtés d’une mère dure à cuire, citadine jusqu’au bout des ongles, et qui, marquée par sa fonction d’inspectrice de brigade criminelle, s’est efforcée d’aguerrir l’hypersensible Inti, atteinte d’un rare syndrome dont la cara...

"Les racines du ciel" - Romain Gary

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"Chaque fois que je vois un désespéré, j’ai envie de lui botter le cul. Ce sont tous des cochons." Le roman est dense, très dense… sa cohérence se dessine lentement, au fil de l’élaboration minutieuse d’une mosaïque de témoignages, d’un enchâssement de récits dont émergent le portrait et le parcours d’un homme, qui en acquiert une dimension quasi légendaire. Nous sommes dans les années 1950 au Tchad, qui fait alors partie de l’Afrique-Equatoriale française. Plus pour longtemps. Même s’il ne veut pas le savoir, le colonialisme vit ses dernières heures. Ses fondations s’ébranlent, voire s’effondrent, comme en témoigne notamment la récente révolte des Mau mau du Kenya, qui rend les impérialistes nerveux. Dans ce contexte d’agitation politique, un homme a décidé de sauver les éléphants, décimés par le braconnage et le commerce d’ivoire. Après avoir fait circuler une pétition en ce sens, il a pris non pas le maquis mais la brousse, et a fait parler de lui en agressant des tueurs ...

"Les habitantes"- Pauline Peyrade

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"Elles vivent partout. Sous la glace, dans les déserts, au fond des océans, des lacs et des rivières. Bactéries à pigments, elles peignent le ciel en bleu, les pierres en noir." Emily vit en quasi recluse dans la maison de Moune, sa défunte grand-mère. C’est une maison taillée dans le bâtiment d’un vieux corps de ferme, cernée par les bois. Sa chienne Loyse y vit aussi. Et autour, vivent des saules et des hirondelles, des trembles, des chauve-souris et des abeilles, une rivière, des champignons…  C’est un roman où l’ensemble du vivant, qu’il soit humain, animal ou végétal, occupe une même place. C’est ce qui le rend à la fois si singulier et si beau. Pauline Peyrade y pratique une sorte de remise à niveau, contraint notre regard à se faire multidirectionnel, à abolir toute hiérarchie anthropomorphique. Son roman accorde autant de place à ses héroïnes (puisque qu’on ne croise, dans Les habitantes, que des femmes) qu’au monde qui les entoure, et à ses manifestations les plus re...

"Le dernier loup" - László Krasznahorkai

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"(…) l’amour des animaux est le seul amour qui ne déçoive jamais l’homme, ça veut dire quoi ?" Le texte est constitué sur ses soixante-quinze pages d’une phrase unique, un long monologue que le narrateur déroule, tout en buvant de la bière, à l’intention du barman du Sparschwein , situé dans un quartier populaire de Berlin aux murs couverts de graffitis et aux trottoirs gluants de crachats, peuplé de toxicomanes. Le ciel, gris et sinistre, renforce la morosité ambiante. L’auteur de cette tirade, ancien universitaire, a délaissé la philosophie et l’écriture depuis qu’il a acquis la conviction que la pensée, à force d’appauvrissement, est finie, et que les livres sont gonflés de mots vains et de logiques déprimantes. Il a donc été très surpris de recevoir l’invitation d’une obscure Fondation à venir séjourner une à deux semaines en Estrémadure afin d’écrire sur cette région. Ce territoire du sud-ouest espagnol aride, austère et peu peuplé, réputé pour être un foyer de pauvr...

"La disparition d’Hervé Snout" - Olivier Bordaçarre

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"Le patron est invité, toujours avec une main autour du quiqui et une clé du poignet droit à la limite de lui tresser le radius avec le cubitus, à entrer en lui-même pour constater, déjà, les premiers signes d’un changement radical de comportement." Les Snout ont réussi, passant de la caste des salariés sans envergure à celle de ces petits-bourgeois que l’on désigne communément comme des "parvenus". L’ostentation de leur pavillon cossu, avec ses colonnades et sa décoration intérieure un peu kitsch, les inscrit d’ailleurs dans ce cliché. A trente-huit ans, Odile Snout est une belle blonde énergique, compétente dans son travail, qui passe son temps libre à reproduire sur toile des chefs-d’œuvre impressionnistes. Le foyer compte par ailleurs deux adolescents, des jumeaux on ne peut plus dissemblables. Tara est une fille brillante mais inadaptée au milieu scolaire, une rebelle qui s’adonne à la course à pied de manière compulsive et refuse depuis quelque temps de manger...

"Cabane" - Abel Quentin

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"Devenir fou est parfois une réponse appropriée à la réalité." (Philip K. Dick) En 1972, paraît le rapport Meadows, commandé à des chercheurs américains par le Club de Rome, groupe de réflexion réunissant des scientifiques, des économistes, des hauts-fonctionnaires et des industriels de cinquante-deux pays. Il s’agit de prévoir les conséquences écologiques de la croissance économique, compte tenu de la limitation des ressources et de l’évolution démographique.  Abel Quentin s’inspire de ce rapport pour imaginer la trajectoire suivie par ses quatre rédacteurs (fictifs). Dans son roman, ils deviennent des étudiants de Berkeley. Au couple Dundee, formé des Américains Eugene et Mildred, s’ajoutent le français Quérillot et le norvégien Gudsonn. Ce dernier, jeune génie des mathématiques, a au sein du groupe un statut particulier : contrairement à ses camarades, il n’a pas postulé. Le professeur Stoddard, qui pilote le projet, est allé chercher cet introverti aux allures de prêtre r...

"Dernier cri" - Hervé Commère

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"Dans les affaires, on n’assassine pas après, on élimine avant." Dans une autre vie, Etienne Rozier a été flic. Trouvant ce métier bien peu rémunérateur au vu de l’investissement requis, il est devenu garde du corps pour sommités politiques, avant de se faire engager par des lobbyistes pour lesquels il se charge des basses œuvres, notamment en intimidant les idéalistes susceptibles d’empêcher les puissants de gagner leurs millions en toute impunité. Une reconversion qui ne lui pose aucun problème de conscience, puisque " le monde ne s’en porte pas plus mal ", et qu’il s’en met plein les poches… Sa vie personnelle est elle aussi source d’épanouissement. Sa femme Nelly et lui sont les parents d’une lumineuse petite Telma, eue sur le tard, et d’un adolescent un peu rebelle, avec qui la communication est parfois difficile -rien que de très banal, en somme… Sa vie bascule lors d’une escapade à Rotterdam où il retrouve une ancienne camarade de classe rencontrée quelques j...

"De Marquette à Veracruz" - Jim Harrison

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"(…) il est presque terrifiant de penser qu'une panne de carburateur modifie parfois de manière radicale le cours d'une existence." Pour s’émanciper d’une figure paternelle haïe, le narrateur, David Burkett, se lance dans une enquête familiale. Il est issu d’une lignée prospère de la région des Grands Lacs (Michigan), qui a bâti sa fortune sur l’exploitation des forêts, notoirement de manière illégale. Ses ascendants ont dévasté un demi-million d'arpents de pins blancs qui ne leur appartenaient pas. C'était à l'époque d’un mythe que certains remettent aujourd’hui en question, celui de la conquête de territoires faciles à s’approprier pour tout ambitieux dénué de scrupule. Si la haine de David se focalise essentiellement sur son père, ce n’est pas parce que ce dernier, alcoolique et paresseux, a dilapidé une partie de la fortune familiale, mais en raison de ses agissements pédophiles, pour lesquels il n’a jamais été inquiété, protégé par son statut de riche...