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Affichage des articles associés au libellé Islande

"Ton absence n’est que ténèbres" - Jón Kalman Stefánsson

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"Je dirais, si j’osais, que le lombric reflète la pensée divine." J’ai tenté de fuir la canicule girondine en m’exilant, pour mes vacances, dans le Jura, réputé humide et plutôt frais à partir de la mi-août. Las ! Le mercure s’est envolé jusqu’à 39°c au cours de la première semaine, et j’y ai trouvé des prairies jaunies et des cascades vidées par la sécheresse (mais c’est tout de même une belle région, où je compte bien retourner). J’ai donc tenté de me procurer quelque sensation de fraicheur en partant en Islande, plus précisément du côté de ses fjords du nord-ouest, où se situe le roman de Jón Kalman Stefánsson, dont j’ai tant aimé Asta . Le rafraichissement a été relatif, sans doute parce que la majorité de l’intrigue se déroule en été.   Si l’auteur insiste sur un point, c’est sur l’isolement de la petite communauté qui peuple la région. Un homme a perdu la mémoire. C’est le narrateur, et il ignore comment il est arrivé dans ce fjord où tout le monde semble le conna...

"Requiem" - Gyrðir Elíasson

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"Ce pourrait être instructif de parler à une baleine, de musique par exemple. Ce serait sans doute plus révélateur pour moi que pour elle." Jónas a temporairement quitté Reykjavík pour un village de l’est de l’Islande, où il séjourne dans la vieille maison d’Andrés, un oncle de sa femme. La bourgade est isolée, et quel que soit le nombre d’années depuis lequel vous y vivez, vous êtes toujours considéré comme un nouvel arrivant si vous n’y êtes pas né.  Les raisons de ce séjour ne sont pas très claires. Le narrateur indique y être venu pour composer de la musique, mais il n’est pas compositeur. Du moins pas de métier. Seulement, depuis l’enfance, il éprouve pour les sons, qu’il perçoit avec une extraordinaire acuité, une passion qu’il concrétise en les transformant en notes. Constamment armé d’un carnet où il les griffonne, il élabore ainsi une œuvre qui, n’étant jamais interprétée -il n’a aucun lien avec le monde musical- reste confidentielle, et s’inspire du sifflement d’une...

"Le roi et l’horloger" - Arnaldur Indriðason

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"Tout ce que je sais, c’est qu’il n’est pas facile d’être islandais et que je ne suis pas certain que quiconque ait envie de l’être s’il a le choix." C’est un chef-d’œuvre façonné deux siècles auparavant à la gloire de Dieu et de la Vierge Marie par l’artiste suisse Isaac Habrecht, celui-là même qui a élaboré une autre horloge immensément célèbre, qui orne la cathédrale de Strasbourg. Celle qui nous intéresse est dorénavant en pièces détachées. Personne n’ayant réussi à restaurer son mécanisme, elle prend la poussière dans une remise du palais royal de Christiansborg, à Copenhague. Jon Sivertsen, modeste mais talentueux horloger islandais installé dans la capitale danoise, est pour son plus grand bonheur autorisé à tenter une réparation ; c’est peut-être là l’ultime occasion de laisser une trace dans sa profession. Alors qu’un soir, il s’échine à décrypter le mécanisme sophistiqué de l’instrument, il se retrouve face au roi en robe de chambre, pris dans une de ses déambulatio...

"Ásta" - Jón Kalman Stefánsson

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"Avons-nous un autre but dans la vie que de naître, de tousser deux ou trois fois, puis de mourir ?" Le roman s’ouvre sur la passion fougueuse qu’irradie le foyer du jeune couple formé d’Helga et de Sigvaldi, futurs parents d’Ásta, dont le prénom -inspiré de celui d’une héroïne d’un roman de Halldór Laxness - signifie, à une lettre près, amour. Un bond de trente ans en avant (quoique l’emploi, ici, d’un adverbe de temps ne soit pas vraiment indiqué, comme on le verra par la suite) montre Sigvaldi gisant sur un trottoir suite à sa chute d’un échafaudage ; dans un état de semi-inconscience, son esprit divague et nous avec, faisant se succéder les souvenirs d’enfance marqués par la douloureuse agonie de son père, ceux de sa propre paternité ou de son parcours d’homme deux fois marié. Puis Ásta écrit une lettre, qui sera suivie d’autres, à celui qui l’a conquise trente ans auparavant, exprimant le désespoir et la solitude provoqués par son départ. On la retrouve aussi à Vie...

"Les rois d'Islande" - Einar Már Guðmundsson

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"D'ailleurs, je n'écris pas vraiment l'histoire de la famille. Et peu importe qui en sont les personnages principaux et secondaires". C'est en évoquant le souvenir d'Arnfinnur Knudsen, qui fut l'un de ses professeurs, que le narrateur entame cette histoire, celle d'une dynastie de "roitelets" comme il en existe tant en Islande, où tout citoyen est convaincu d'être de haut lignage... Et si Arnfinnur possède bien les caractéristiques d'un héros de roman, avec son allure à la fois élégante et originale -ses beaux costumes un peu tape-à-l’œil, et sa manie de toujours se promener avec un cigare dans une main et une crème glacée dans l'autre- son optimisme débordant, son intelligence d'autodidacte, son talent pour inventer et raconter des histoires, ce n'est pourtant pas en sa compagnie que nous suivrons la majeure partie du récit, "Les rois d'Islande" se construisant au fil de digressions qui nous f...

"Heimska, La stupidité" - Eiríkur Örn Norðdahl

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Stóri Bróðir. Dans un futur proche... ... les individus sont privés de toute intimité, ce dont ils s'accommodent visiblement fort bien. En effet, pour ces citoyens d'un monde hyper connecté, l'omniprésence de caméras permettant à la planète entière de suivre leurs faits et gestes à tout moment, y compris chez eux, est devenu non seulement une évidence, mais aussi un besoin. Car ne pas être vu revient alors à disparaître, l'existence étant principalement définie par la possibilité du regard des autres. "C'était peut-être ça, le plus terrifiant, l'idée d'être seul sans que personne vous voie, l'idée que tous pouvaient vous observer, mais que personne ne s'y intéressait". Le dispositif qui régit techniquement cette vaste toile d'araignée est désigné sous le nom de surVeillance, comme si son principal but était la protection (de qui ? contre quoi ?) et non l'observation, voire le contrôle. Áki et Lenita Talbot évoluent ...

"Illska" - Eiríkur Örn Norðdahl

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"Vous vivez au Nazistan, où que vous soyez". "Illska" est né d'un projet à la fois clair et ambitieux : rendre compte de l'omniprésence et de la pérennité du mal. Pour étayer une telle démonstration, il n'existe sans doute pas de référence plus parlante que celle de l'Holocauste, qui hante les pages du roman d'Eiríkur Örn Norðdahl, insère ses tentacules dans le moindre repli de son intrigue, y compris lorsqu'elle est censée parler d'autre chose. Seulement voilà, dans "Illska", il n'y a pas d'autre chose. Le récit a beau prendre des allures d'histoire d'amour, et s'attarder sur certains de ses corollaires -jalousie, trahison...- on en revient toujours au même point : en filigrane, y plane, de manière permanente, l'idée de la possibilité du pire dont l'homme est capable. "Illska" commence par la rencontre entre Omar et Agnes. Ils approchent de la trentaine, ne se sont pas encore...

"Betty" - Arnaldur Indridason

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Arguments... Dans "Betty", septième roman de l'écrivain islandais Arnaldur Indridason, qui en a à ce jour publié quinze (dont tous n'ont pas été traduits en français), vous ne retrouverez pas : -le laconique et solitaire commissaire Erlendur Sveinsson, ses problèmes familiaux, ses états d'âme, ses sympathiques collègues aux patronymes imprononçables, -les longues descriptions de l’atmosphère grisâtre et glacée de Reykjavík, -l'évocation, par l'intermédiaire de multiples personnages secondaires, de certaines des problématiques sociétales de l'Islande contemporaine... Vous y trouverez en revanche : -un narrateur qui vous dévoile, presque sur le ton de la confidence, par flashbacks, les circonstances qui l'ont amené à l'endroit depuis lequel il nous livre ce récit, en l’occurrence la cellule d'une prison, -une intrigue parfaitement menée, diablement efficace, dénuée de toute fioriture, au service du plan machiavélique qui peu à p...

"Noir océan" - Stefan Mani

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Tous dans le même bateau… Johann Pétursson, dit « Le géant », et Jon Sigurdsson, dit « Le président », sont sur un bateau… Le premier passe pour avoir des sympathies socialistes. Le second, fasciste notoire, a des problèmes avec l’alcool. Jonas Bjarni Jonasson et Jon Karl Esrason sont sur un bateau… Le premier vient de tuer sa femme. Le second, surnommé « Le Démon », compte plus de trente inculpations pour trafics divers sur son casier judiciaire. Gudmundur Berndsen et Oli Johnsen, dit « Le soutier », sont sur un bateau… Le premier a décidé qu’il s’agissait là de sa dernière traversée. Le second éprouve une étrange fascination pour les démons et autres divinités marines. Arsaell Egilsson, Runar et Asi sont sur un bateau… Le premier laisse à terre une femme enceinte, un petit garçon et d’importantes dettes de jeu. Pour les deux autres, rien à signaler… Identité du bateau : le Per Se, qui quitte le port Islandais de Grundartangi afin d’aller charger une cargaison de...

Soit dit en passant... côté polars.

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"Tokyo" - Mo Hayder Un livre que l'on ne peut plus lâcher, une fois commencé... J'ai aimé le fait de suivre deux histoires parallèles, l'une dans le Tokyo d'aujourd'hui, où gratte-ciels et enseignes lumineuses géantes côtoient temples et jardins, l'autre dans la Chine de la fin des années 30, tiraillée entre traditions (voire superstitions) séculaires et volonté de modernisme. Les narrateurs respectifs de ces deux récits, (ainsi que les personnages secondaires), ont une personnalité complexe, avec leurs lâchetés, leurs faiblesses, et pour point commun la quête obsessionnelle de ce qui pourra apaiser les démons de leur passé. Une plongée dans l'horreur de la cruauté humaine... fascinante et terrifiante. "La voix" - Arnaldur Indridason A quelques jours du réveillon de Noël, le portier d'un hôtel de Reykjavik est retrouvé assassiné dans le cagibi situé au sous-sol dudit hôtel, qui lui servait de logement. L'inspecteur E...