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"Moi, Tituba sorcière..." - Maryse Condé

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Ma sorcière mal-aimée. Tout le monde a plus ou moins entendu parler des sorcières de Salem. La littérature comme le cinéma se sont d'ailleurs à plusieurs reprises, en prenant parfois une grande liberté avec la réalité, emparé de ce fait divers alimenté par les luttes intestines et une paranoïa puritaine, qui marqua les esprits pendant plusieurs décennies. Pour rappel des faits, des jeunes filles de Salem Village, Massachusetts, à la fin du XVIIème siècle, accusent certains de leurs concitoyens de les avoir envoûtées. Ces accusations visent dans un premier temps trois présumées sorcières : Sarah Good, une mendiante, Sarah Osborne, une vieille femme peu appréciée par les villageois suite à une histoire d'héritage, et Tituba, esclave de Samuel Parris, le pasteur de Salem, dont la fille et la nièce sont parmi les accusatrices. S'ensuit une véritable épidémie de "possédées", dont certaines vont jusqu'à accuser leurs propres parents... S'ouvre une multi...

"La migration des coeurs" - Maryse Condé

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Couleur locale. Hubert Gagneur est un mulâtre (1) guadeloupéen à qui son béké (2) de père a légué "L'Engoulvent", domaine isolé, prétentieux mais décrépit et battu par les vents. Depuis le décès de son épouse, il élève seul ses deux enfants, Justin et Cathy. De retour d'une visite en ville, il ramène un jour un petit garçon trouvé dans les roseaux, noir comme l'ébène, qu'il prénomme Razyé. Il se passionne rapidement pour le jeune orphelin, dont la vivacité le fascine, et avec lequel il passe beaucoup de temps. Inévitablement, Justin devient jaloux de l'attention que Razyé suscite chez son père, d'autant plus que ce dernier a également noué avec Cathy une relation fusionnelle et trouble dont il est exclus. Quelques années plus tard, à la mort d'Hubert, Justin fait payer à Razyé l'indifférence qu'il a subie. Il le chasse de l'Engoulvent, puis, ayant pris soin d'acquérir un minimum d'instruction, il épouse Marie-F...

"Histoire de la femme cannibale" - Maryse Condé

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"O (...) fille discrète, Tu es pour moi une héroïne..." Stephen a lâchement abandonné Rosélie, après 20 ans de vie commune, en se faisant assassiner dans une rue du Cap alors qu'il était parti acheter des cigarettes... C'est du moins ainsi que le ressent Rosélie : le décès de son compagnon la laisse complètement démunie. Le fait de se retrouver seule est une épreuve profondément intime et déstructurante ; elle ne peut plus se définir comme l'élément d'un couple, et doit s'interroger sur celle qu'elle est vraiment, afin d'exister au monde comme une personne à part entière... Il faut dire que Rosélie est une héroïne qui pourrait a priori sembler insignifiante. Elle-même s'imagine comme une "invisible woman", d'après ce qu'elle lit dans le regard indifférent, voire condescendant, que les autres lui accordent. Et le fait qu'elle soit noire (guadeloupéenne, pour être plus précise) n'aide pas ! Dans cette Afrique du Su...