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Affichage des articles associés au libellé Suisse

"Terres de feu" - Michael Hugentobler

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"Le livre était là, seul sur ce banc peint en vert, au milieu d’une foule de gens qui allaient et venaient ; on entendait le clap-clap de leurs souliers pressés et le clac-clac métallique de leurs cannes." L’idée de ce roman est née d’une rencontre. Celle faite par l’auteur, lors d’un séjour dans une région désolée d’Argentine, avec un vieil homme. Ce dernier lui parle d’une légende locale, Thomas Bridges, un explorateur ayant écrit en Patagonie un dictionnaire de la langue des Yámanas, autochtones de la Terre de feu. S’intéressant de plus près à cette histoire, il découvre l’existence d’un autre protagoniste lié à ce dictionnaire : Ferdinand Hestermann. Dix ans plus tard, il a l’occasion, aussi incroyable qu’inattendue, de consulter l’ouvrage, conservé à la British Library, et décide alors d’en écrire une biographie en partie inventée, centrée sur le parcours de ces deux hommes. C’est d’abord Ferdinand Hestermann que l’on rencontre. Ethnologue, linguiste, il a alors la soixa...

"Le Turquetto" - Metin Arditi

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"Des riches qui jouaient à être de bons chrétiens… Des nobles qui se couchaient devant l’argent… Des citoyens qui se haïssaient… Une mascarade." Une analyse poussée du tableau "L’homme au gant", attribué au Titien, et notamment de sa signature, a fait naitre le soupçon qu’il serait en réalité l’œuvre d’un de ses élèves, surnommé Le Turquetto. Metin Arditi s’empare du destin de cet artiste resté dans l’ombre… Un destin qui débute à Constantinople, dans les années 1530. Elie Soriano est alors un jeune garçon dont le père, juif, est employé d'un marchand d'esclaves, seul métier que l’on permet à ceux de sa communauté d’exercer. C’est un enfant à l’étrange regard scrutateur, doté d’un non moins étrange talent pour le dessin. Sa plume, d'une sûreté absolue, sous laquelle les personnages prennent corps avec force, est capable de révéler dans les portraits qu’il exécute l’essence même de leur sujet. Sa religion interdisant de représenter la création de Dieu, il...

"Stella et l’Amérique" - Joseph Incardona

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"La seule façon qu'elle avait trouvée de n'appartenir à personne était de se donner à tout le monde." Stella Thibodeaux n’a pas encore vingt ans. L’auteur le dit lui-même : elle n’est pas très futée, et pas exactement belle… Elle est en revanche éminemment désirable, et surtout, elle a un incroyable don, ainsi qu’elle le réalise lorsqu’un de ses clients, affublé d’une grave pathologie qui le défigure, ressort de leurs ébats en parfaite forme physique. Car je ne vous l’ai pas (encore) dit, mais Stella est une prostituée -et on va voir par la suite que ce détail a son importance. C’est chez elle presque une vocation. Elle officie dans un camping-car qui lui permet de suivre de ville en ville une troupe de forains parmi lesquels elle compte sa seule amie, une vieille voyante mexicaine, traitant les hommes qu’elle y reçoit avec beaucoup d’humanité. Un autre de ses clients ayant à son tour miraculeusement guéri d’une incurable maladie à l’issue de sa passe, s’en confesse a...

"Tout garder" - Carole Allamand

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"Les gardeurs, les bergers de l'inutile : j'aime cette appellation légèrement bucolique et qui ne sent pas le renfermé." Carole Allamand vit aux États-Unis lorsqu'elle apprend le décès brutal de sa mère, Nelly Suter, jeune octogénaire. Elle se sent prise de court, amputée de la possibilité de rompre le silence, de franchir la muraille qui la séparaient de cette femme avec laquelle elle a toujours eu des relations distantes. Elle retourne pour la première fois depuis douze ans à Genève, afin d’organiser les obsèques et de vider l'appartement où elle a passé son enfance. À son arrivée sur les lieux, c'est le choc. L'appartement, où règne une intolérable puanteur, est envahi du sol au plafond d'objet divers, de vêtements et d’aliments formant des empilements qui rendent le logement impraticable, et dans un état d'insalubrité inimaginable. L’auteure découvre ainsi que sa mère, pourtant toujours élégante et tirée à quatre épingles, était atteinte du...

"Révolution aux confins" - Annette Hug

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"La balle cède devant le mot, parce que le mot s'élève dans l’harmonie des forces en présence et fait surgir une énergie que les puissances matérielles ne peuvent contenir…" (José Rizal). Annette Hug s’attarde sur deux années de la vie de José Rizal, héros national philippin dont l’implication dans l’émancipation de son peuple du colon espagnol lui valut d’être fusillé à l’âge de trente-cinq ans. En février 1886, il arrive à Heidelberg après avoir étudié à Madrid puis à Paris l’ophtalmologie et la philosophie. Il a vingt-quatre ans, est diplômé de médecine de l’université de Manille, et il a dû fuir son pays natal, mis en danger par sa dénonciation des vices de l’administration espagnole et de la mainmise des pouvoirs religieux.  Il a l’intention d’optimiser ses journées, " en opérant des yeux le matin, en apprenant l’allemand l’après-midi, et en travaillant, la nuit, au roman " qu’il a entamé. Mais il rejoint une fraternité d’étudiants, fréquente assidument les...

"La soustraction des possibles" - Joseph Incardona

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"Ce n’est pas de votre faute si vous êtes né pauvre. Mais si vous mourez pauvre, vous en êtes responsable." Les années 80. Genève et ses lieux qui attirent la richesse, ses club-houses et ses grands restaurants, ses salles de jeux et ses banques peu regardantes sur la provenance des fonds qui lui sont confiés. Il faut dire que d’un point de vue juridique l'évasion fiscale n'est pas considérée comme un délit par les autorités helvétiques, et la loi contre le blanchiment n'entrera en vigueur qu'en 1997. Et puis le capitalisme connaît alors, avec la chute du bloc soviétique, une de ses apogées : place au règne décomplexé de la finance, qui ne connait ni frontière ni garde-fou ! C’est donc une histoire d’argent ?  C’est en tout cas ce que l’on suppose d’emblée, en faisant la connaissance d’Aldo. Aldo Bianchi, 38 ans, est célibataire et professeur de tennis. Mais il peut faire mieux, et surtout ne veut pas se contenter de demi-mesures. Il veut grimper tout en-haut,...

"Sans alcool" - Alice Rivaz

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"Or, plus rien ne m’attend, et peut-être, après tout, que rien ne m’a jamais attendue nulle part, et c’est ce qui expliquerait tout ce qui m’est arrivé jusqu’ici, ou plutôt ce qui ne m’est pas arrivé. Il y a probablement des vies pour rien, comme des mesures pour rien." La nouvelle qui ouvre et donne son titre au recueil est la transcription du journal d’une quadragénaire qui se retrouve seule après le décès de ses parents, avec lesquels elle a toujours vécu. Le trio a mené une vie austère, délibérément ignorante des lieux de spectacles, de plaisirs. Aussi, elle a éprouvé dans un premier temps comme un parfum de transgression, de liberté, s’autorisant à fréquenter des restaurants, devant toutefois se contenter, vu ses modestes moyens, de ces établissements dits "sans alcool". Assez rapidement, l’impression de liberté s’étiole, remplacée par un immense sentiment de vacuité et de solitude, et la sensation d’être comme une orpheline de seize ans dans un corps vieilliss...

"La vache" - Beat Sterchi

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"Parfois, le monde lui semblait caché derrière un voile de vapeur et de tripes". Ambrosio débarque à Innerwald, bourg suisse débordant de bucolisme nourricier et d'opulence laitière, peuplé d'hommes et de femmes aux physiques charnus, aux bouches lippues, d'enfants aux joues roses et rebondies. C'est d'ailleurs pour travailler chez un éleveur bovin, Knuchel, qu'il a quitté sa famille et son Espagne natales. Son patron est de ces paysans, de plus en plus rares, qui restent férocement attachés aux pratiques ancestrales et refusent la pression croissante d'un progrès mis au seul service du rendement, aboutissant à une uniformisation croissante des exploitations et à leur rattachement à des groupes agro-alimentaires dont elles deviennent financièrement dépendantes. Knuchel lui, ne veut ni de machine à traire ni d'insémination artificielle, encore moins d'engrais synthétique. Il trait à la main, mène ses vaches au taureau et produit son p...

"Le rayon bleu" - Slobodan Despot

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"Le monde est comme un chat perché au sommet d'un arbre. Il est monté trop haut et tremble de peur. Si tu tends ton bras pour l'aider, il risque de ne pas comprendre et de tomber de sa branche." En Russie, au cœur d'une Cité de la Jeunesse désormais désertée, un homme continue d'entretenir l'installation radio du centre scientifique qu'elle abritait à l'insu de ses occupants, fermé suite à un incident nucléaire qui coûta la vie à tous les chercheurs alors présents. Une fois par semaine, il est chargé de relever le message codé qu'il y reçoit, qu'il téléphone ensuite en France, sur un numéro où l'on ne décroche plus depuis longtemps. Le téléphone en bakélite destinataire de ces appels, et dont la sonnerie, avec le temps, a fini par provoquer une certaine forme de terreur, trône au sein du domaine provincial des De Lesmures. Le maître des lieux, Herbert de Lesmures, l'avait réservé à son usage exclusif. Il n'y répondra pl...

"Mars" - Fritz Zorn

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"... j'avais grandi dans une maison où la vie n'était pas bien vue, car chez nous, on aimait à être correct plutôt que vivant". L'auteur, qui écrit sous un pseudonyme (vous comprendrez bientôt pourquoi) ce terrible essai autobiographique, y évoque son cancer. Un cancer médicalement avéré (et dont il mourra à l'âge de trente-deux ans peu de temps après avoir fini cet ouvrage), mais dont il explique la genèse d'une manière inattendue, et surtout extrêmement pathétique. Élevé par des parents riches et bourgeois, sur la "bonne rive" (la droite, celle que l'on surnomme aussi la "dorée") du lac de Zurich, il a subi dès son enfance les dommages d'une éducation trop policée, trop psychorigide. Il a baigné dans l'illusion d'une harmonie qui était en réalité le résultat d'une absence de toute énergie vitale : pour conserver à tout prix cette harmonie, ses parents déployaient plusieurs techniques, notamment d'évi...

"220 volts" - Joseph Incardona

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Plaisir fugace mais néanmoins réel. "220 volts" est typiquement le genre de titre que je recommanderais comme lecture de vacances. Ce court polar, à la fois distrayant et efficace, se dévore presque d'une traite, et si je suis persuadée qu'il ne me laissera pas un souvenir durable, il m'a permis de passer un bien agréable moment (et ce n'est déjà pas si mal...) Ramon Hill est devenu un écrivain à succès grâce à son deuxième roman, un best-seller mâtiné d'action et de suspense, dont ses nombreux lecteurs attendent la suite avec impatience. Seulement voilà, après avoir écrit un début médiocre à ce troisième opus, Ramon est pris du syndrome de la page blanche. Il traverse par ailleurs dans sa vie de couple une période compliquée, ce qui ne l'aide guère à retrouver son inspiration. Pleine de bonne volonté, sa femme lui propose de se mettre au vert. C'est ainsi qu'ayant laissé leurs enfants chez leurs grands-parents, ils parte...

"Derrière les panneaux il y a des hommes" - Joseph Incardona

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Jungle de bitume. L'autoroute... ... univers d'immédiateté et de mouvement, propice à la fluidité comme à la violence, cette dernière comme une possibilité de chaque instant, épée de Damoclès suspendue en permanence au-dessus de la tête de ses millions d'usagers... ... ses aires de repos, parenthèses spatio-temporelles où se côtoient hordes excitées de vacanciers, professionnels de la route aguerris et fatigués, et employés de restoroutes exploités... ... sa vie nocturne, clandestine, peuplée d'ombres d'hommes et de femmes oubliés, qui ont trouvé le moyen de s'adapter, se fondre, même, à ses espaces impersonnels... ... symbole des dérives de la civilisation : annihilation de l'environnement naturel, frénésie de consommation et règne du jetable... C'est au cœur de ce microcosme où se mêlent froideur et grouillement, que Joseph Incardona implante sa sordide histoire. Pierre et Ingrid sont dévastés par la disparition, six mois auparavant...

"Les enfants Tanner" - Robert Walser

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De la beauté des mots. Difficile d'évoquer ce roman... Vous avez l'impression qu'il vous mène de manière décousue d'un point à l'autre, sans réel fil conducteur, si ce n'est son héros, Simon Tanner, que l'on suit au gré de ses errements. Ce Simon est d'ailleurs un drôle de personnage. Nous faisons sa connaissance alors qu'il tente de convaincre le patron d'une librairie de l'embaucher, en lui expliquant que bien qu'il n'ait pas de références, et qu'il ait quitté ses dernières places assez rapidement parce qu'elles ne lui convenaient pas, il sera l'employé idéal...  Et il a de la faconde, Simon ! Malgré la première impression qu'il donne, d'être instable, et beau parleur, il est tellement passionné par son discours, et montre tant d'aisance dans l'argumentation, qu'il finit par convaincre... Il quittera peu de temps après la librairie.  Telle est l'existence de Simon : à vingt et un an...

"L'imprévisible" - Metin Arditi

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 Déclin et Renaissance... Genève, un bloc opératoire... Guido Gianotti, professeur d'art, admis en urgence, va subir une opération du cœur. Au moment où l'effet de l'anesthésie commence à se faire sentir, il entame mentalement un compte à rebours, à partir duquel il nous relate les événements qui ont abouti à cette triste issue. Tout commence lorsque Anne-Catherine Hugues, une richissime divorcée, lui demande d'effectuer l'expertise d'un tableau de la Renaissance italienne qu'elle souhaite mettre en vente. Guido, retraité de son poste de professeur, reste en effet un spécialiste reconnu du cinquencento florentin. Les relations entre ces deux personnages sont au départ empruntées et un peu tendues... Guido Gianotti a toujours eu du mal à fraterniser avec les "nantis", qu'il juge hypocrites, centrés sur eux-mêmes, et qui font pour lui partie d'un autre monde (ses parents étaient de modestes gens de maison employés par une fam...