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Affichage des articles associés au libellé Congo

"La sonate à Bridgetower" - Emmanuel Dongala

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"Tout ce que l'on ressent aboutit à la musique : l'amour, la joie, la tristesse, la beauté. La musique est une révélation plus haute que toute sagesse ou philosophie." Quel destin atypique que celui du jeune George Bridgetower ! Fruit d'un mariage d'amour -inimaginable à cette époque !- entre un noir (Friedrich de Paulus, fils d'un esclave affranchi de la Barbade), et une polonaise, il apprend très tôt le violon, au château des princes austro-hongrois d’Eszterhazy, sous la tutelle de Haydn, le plus célèbre des compositeurs vivants. A neuf ans, son père l’emmène en France puis en Angleterre, pour réaliser, en exploitant le talent de son fils, ses rêves de fortune et d’élévation sociale.  C’est ainsi qu’en 1789, ils arrivent à Paris, où ils découvrent, loin de la rigueur protocolaire de la mondanité autrichienne, l’art comme liberté d’expression, valorisant l’individualité et le trait d’esprit, apprécié par des parisiens enthousiastes et expansifs. Jouant su...

"Photo de groupe au bord du fleuve" - Emmanuel Dongala

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"... tu te demandais, en te référant à ce que toi aussi tu avais vécu, s'il y avait pire endroit pour une femme sur cette planète que ce continent qu'on appelle Afrique". Elles sont veuves, divorcées, célibataires, ou mariées. Elles sont jeunes ou d'âge mûr. Elles sont filles ou mères, parfois filles ET mères. Elles sont analphabètes ou ex-femme d'affaire, certaines ont même fait des études... L'infortune -un accident de la vie ou la simple malchance d'être née pauvre et sans famille- les a rassemblées là, au bord du fleuve, à casser des pierres pour en faire du gravier qu'elles revendent 10 000 francs CFA le sac aux entreprises de travaux publics. Lorsqu'elles apprennent que la construction d'un nouvel aéroport fait grimper la valeur de cette matière première, ce dont se sont bien gardés de les informer leurs acheteurs, qui ont quant à eux augmenté leurs prix de manière substantielle, elles décident elles aussi de revoir leurs t...

"Johnny Chien Méchant" - Emmanuel Dongala

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Farce macabre. Après des élections que le perdant a jugé truquées, ce dernier a repris le pouvoir par la force. Les rebelles d'hier sont ainsi devenues les troupes gouvernementales d'aujourd'hui. Pour le peuple, peu importe : que le président soit tchétchène ou Mata Mata, le résultat est le même. Tous les camps se battent soi-disant au nom dudit peuple, pour s'empresser, dès leur accession au pouvoir, de le piller, le brimer, l'affamer... Les miliciens à la solde du nouveau gouvernant viennent d'ailleurs de se voir autoriser à un pillage général de quarante-huit heures... Parmi eux, Johnny Chien Méchant -ex Matiti Mabé, ou "mauvaise herbe"-, seize ans, profite de l'impunité ainsi offerte pour violer, tuer, voler. Comme il est allé à l'école jusqu'en CE1, Johnny est persuadé d'être un intellectuel. Il n'est en réalité qu'une brute débile, lâche et influençable, incapable d'éprouver la moindre empathie pour ses semblabl...

"Demain j'aurai vingt ans" - Alain Mabanckou

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Fraîcheur enfantine. Le dernier roman d'Alain Mabanckou, "Demain j'aurai vingt ans", a pour toile de fond la République populaire du Congo dans les années 70. Un régime marxiste-léniniste a été instauré au moment de l'indépendance du pays, une décennie plus tôt. Michel, le narrateur, a dix ans. Il habite à Pointe-Noire, avec maman Pauline, et certains jours avec papa Roger, son père adoptif (le reste du temps, ce dernier vit au sein de l'autre famille qu'il forme avec maman Martine et leur kyrielle d'enfants). L'oncle René est lui aussi très présent dans sa vie ; c'est un tonton intimidant, pétri de contradictions, qui lui assène à longueur de temps l'importance de ne pas être capitaliste ou "opium du peuple" (la pire insulte qui soit), mais qui n'hésite pas à léser ses sœurs lorsqu'il s'agit du partage de l'héritage familial... A travers le regard qu'il porte sur le monde qui l'entoure et ...

"Verre cassé" - Alain Mabanckou

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Humour "noir". Verre Cassé est un fidèle client du « Crédit a voyagé », le bar tenu par son ami L’escargot entêté. A la demande de ce dernier, il consigne dans un cahier les histoires que veulent bien lui rapporter les habitués du lieu, histoires tristes ou cocasses de leurs existences. Verre Cassé y mêle des bribes de ses souvenirs, ou parfois simplement ce qui lui passe par la tête au moment où il rédige ses notes. Il écrit comme il parle, dans un flot ininterrompu, qui m’a presque donné la sensation de l’écouter plutôt que de le lire ! Cette lecture m’a réjouie. Alain Mabanckou fait preuve d’un humour intarissable tout au long du récit, qui pullule de jeux de mots dont il tire la source de ses références littéraires, historiques, culturelles, bibliques… ce joyeux mélange abolissant toutes les hiérarchies, qu’elles soient sociales ou raciales. Verre Cassé est capable de faire l’apologie de la littérature au même titre que celle de la bouteille, de mêler propos de po...