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Affichage des articles associés au libellé Exils & migrations

"Shanghai, cinq heures quarante" - Ada Walter

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"(….) Je suis un type qui gagne de l'argent pour ne l'offrir à personne, ce n'est pas ça qui me fait honte, (…) nos rituels sont ridicules, je n'arrive pas à m'enlever de la tête que nous régressons, que nous rapetissons, je ne le déplore pas particulièrement, peut être que, devant tant de médiocrité, je ne dois pas hésiter à occuper de l'espace encore quelques années, consommer de la matière que je digère et expulse." Cinq heures quarante est l’heure à laquelle le narrateur a atterri à l’aéroport de Hongqiao. Venu de Singapour, il doit alors joindre l’autre aéroport de Shanghai -Pudong-, où il prendra un vol pour Tokyo. Il y sera interrogé dans le cadre d’une enquête menée sur les activités illicites de la société qui l’emploie, ce qui ne semble pas l’affecter outre mesure. Il effectue ce trajet d’une soixantaine de kilomètres d’abord à l’arrière d’un taxi dont le chauffeur fume comme un pompier. Pour éviter que ce dernier l’assomme avec d’ineptes b...

"Le livre des souterrains" - Phoebe Hadjimarkos-Clarke

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"L’abjection gueusarde était sans doute mon plus bel atour." C’est un livre fait d’enchâssements. Il débute par l’avant-propos d’une certaine Gabrielle Camara, historienne de l’art, qui présente le texte à venir, transcription du journal que l’artiste Marie Marzouk a rédigé au cours des dernières semaines précédant sa mystérieuse disparition, survenue le 30 juillet 2030, à l’occasion d’une performance réalisée pendant le festival de Glücksheim. Le journal, retrouvé dans la chambre d’hôtel où logeait Marie, donne à voir selon Gabrielle les préliminaires (inconscients) à la création artistique, ce qui se joue dans le corps et l’intimité de l’artiste pour donner naissance, presque à son insu, à l’œuvre. Il débute au moment où Marie accepte l’invitation au festival, sans trop savoir pourquoi. Elle manque d’inspiration, a délaissé depuis longtemps les performances, et est entièrement focalisée sur son nouveau passe-temps : voler sous terre. Il s’agit, plus prosaïquement, de ...

"Entre deux mondes" - Olivier Norek

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"Nous devenons tous des monstres quand l'Histoire nous le propose." Je poursuis tranquillement ma découverte de l’œuvre d’Olivier Norek, dont de vilains a priori m’ont longtemps tenue éloignée… Nous abandonnons avec ce titre son héros récurrent Victor Coste, rencontré dans Code 93, pour faire la connaissance d’un autre flic prénommé Bastien. Ce dernier vient d’arriver, en tant que responsable de section, à la BSU - Brigade de la Sûreté Urbaine en charge de la petite et de la moyenne délinquance- de Calais, où il a demandé sa mutation. Un choix incompréhensible pour nombre de ses collègues qui considèrent la ville comme un repoussoir. Mais c’est aussi celle dont sa femme Manon est originaire, et cette dernière a souhaité, suite au décès de son père, se rapprocher de sa mère devenue veuve. Si le seul nom de Calais fait frémir (entre autres) les représentants des forces de l’ordre, c’est parce que s'y trouve ce que l'on désigne comme "la Jungle", ce g...

"La saga des émigrants – Tome V : Au terme du voyage" - Vilhelm Moberg

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"Dans la jeune République d'Amérique du Nord, il se passait plus de choses et il intervenait plus de changements en l'espace d'une année que dans le Royaume de Suède en cent ans." Episodes précédents : La saga des émigrants, tomes I & II : Au pays & La traversée La saga des émigrants, tome III : La terre bénie La saga des émigrants, tome IV : Les pionniers du Minnesota C’est leur septième noël dans le Nouveau Monde, et les Nilsa le passent dans leur nouvelle maison, plus grande et plus confortable que la précédente, où ils n’ont plus à craindre les hivers mortels du Minnesota. Soixante mille nouveaux émigrants sont arrivés entre 1955 et 1856 dans ce qui deviendra deux ans plus tard le trente-deuxième des Etats-Unis d’Amérique. La colonie suédoise s’est elle aussi accru, dispose dorénavant d’une église digne de ce nom, et même d’une petite ville. La région suit peu à peu les mutations qui transforment le pays, en pleine extension et entré dans l’ère de ...

"La saga des émigrants – Tome IV : Les pionniers du Minnesota" - Vilhelm Moberg

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"Mais en Amérique, il fallait toujours être plus intelligent qu’en Suède, même quand on n’était qu’un simple valet." La fin du tome III laissait nos Suédois, après un long et pénible périple, enfin installés dans le Minnesota. Cela fera bientôt quatre ans qu’ils ont débarqué à New York. Karl Oskar a construit une petite maison pour remplacer la cabane en rondins dans laquelle, avec sa femme Kristina et leurs enfants, ils ont passé un premier hiver difficile. Leur famille s’est agrandie avec la naissance de Dan, premier américain de la famille. Les dernières récoltes ont été bonnes, et Karl Oskar projette de construire une nouvelle maison digne de ce nom, plus grande, et qui ne laisse pas passer l’eau lors des épisodes de pluies qui sont ici, comme toutes les manifestations climatiques -qu’il s’agisse du froid, de la chaleur ou des orages-, toujours intenses. L’ancienne prostituée Ulrika est devenue Mrs Henry O. Jackson en épousant le pasteur de la communauté baptiste d...

"Pour tout l’or de la forêt" - Matthieu Delaunay

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"Le problème avec les hommes qui s’ennuient c’est qu’ils ne savent pas quoi faire de leurs mains." L’ouvrage compte huit nouvelles, dont la cohérence est à la fois géographique -elles ont toutes le Québec pour cadre- et thématique. Il y est question de la domination et de la violence perpétrées par les hommes aussi bien sur leurs semblables que sur le reste du vivant. "Le golfe" inaugure le recueil et a pour narratrice une baleine. Au fil d’un compte à rebours basé sur ses pulsations cardiaques, de plus en plus lentes, le cétacé nous rappelle quelques évidences que l’on a tendance à occulter, celle de la responsabilité de l’avidité et du sentiment de toute puissance de l’être humain dans son extinction en cours, celle des souffrances et des horreurs que ce dernier, de tout temps, lui a infligées, celle de notre inconséquence mortelle et de notre catastrophique indifférence, ayant mené à l’empoisonnement de l’ensemble de notre environnement… La chute, surprenante...

"Faire bientôt éclater la terre" - Karl Marlantes

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"Le faux mythe du marxisme ne gagnera jamais face au faux mythe de l’Amérique." Après celle du suédois Vilhelm Moberg -dont je vous parlerai bientôt du tome IV-, voici une autre saga d’émigrants scandinaves. Il s’agit cette fois de Finlandais, et si leur exil survient un demi-siècle après celui des Nilsa, leur destination est la même. Nous sommes à l’aube du XXème siècle. La Finlande est alors sous une domination russe dont les manifestations se font de plus en plus concrètes. La famille Koski vit dans la région de Kokkola, au nord des côtes finlandaises, d’une ferme qu’elle loue et des revenus aléatoires de sage-femme de la mère. Le roman s’intéresse aux trois aînés des enfants qui suite à divers circonstances, migrent aux Etats-Unis, et plus particulièrement à leur cadette, Aino. C’est une adolescente fougueuse et rebelle, séduite par l’idéologie socialiste, dont le petit ami Voitto fait partie d’une cellule révolutionnaire très active. A la suite de l’échec d’un attenta...

"Quatre jours sans ma mère" - Ramsès Kefi

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"Au vrai, je ne l’ai jamais autant aimée que depuis qu’elle a filé." Elle avait vraiment besoin de s’absenter. Elle reviendra quand elle sera prête. Voilà en substance les mots qu’Amani a prononcés au téléphone à son époux Hédi et laissés sur une note à son fils Salmane, avant de disparaître. Pour les deux hommes, c’est la stupeur. Le premier réflexe d’Hédi est d’éviter que cette fâcheuse affaire s’ébruite. Son deuxième est de jeter son alliance et de décréter qu’il est hors de question qu’Amani remette un jour les pieds chez eux : "ici, une femme ne se barre pas en laissant un homme à la maison. Elle doit rester, quoi qu’il en coûte". Ici, c’est La Caverne, ensemble HLM des environs de Paris dont les habitants, inspirés par son nom, ont décoré les tours d’aurochs et autres mammouths. Mais c’est surtout sur la réaction de Salmane, dont il fait son narrateur, que s’attarde l’auteur. Salmane est un grand garçon de trente-six ans qui vit toujours chez ses parents...

"La saga des émigrants – Tome III : La terre bénie" - Vilhelm Moberg

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"Mais celui qui n’était pas capable de prospérer dans ce pays, sur ce sol fertile et au sein de cette liberté, n’était pas bon à grand-chose sur cette terre." Nous avons laissé à la fin du tome II nos émigrants prêts à débarquer en Amérique après une traversée aussi interminable que douloureuse, qui a scellé le caractère définitif de leur exil. C’est à New York que les Nilsa et leurs compagnons foulent enfin le sol de ce Nouveau Monde dont ils attendent tant, comme les deux tiers de ceux qui constitueront la plus grande migration de l’histoire mondiale, ces "millions d’audacieux qui vont transformer les Etats-Unis d’Amérique du Nord" décidés à faire table rase du passé. Du côté des Nilsa, Karl Oskar est préoccupé par le retard pris au cours de leur voyage, qui n’est pas terminé : la fin du mois de juin arrive, et il craint de ne pas trouver à temps une terre à exploiter ; Kristina débarque en milieu de grossesse, enceinte d’un cinquième enfant conçu dans l’An...

"La saga des émigrants" – Tomes I & II : "Au pays" et "La traversée" - Vilhelm Moberg

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" (…) quiconque prétendait que les hommes étaient égaux et devaient mettre leurs biens en commun n’avait rien de bon à attendre de la vie." "La saga des émigrants", série romanesque, déploie le destin de paysans suédois qui émigrèrent, au milieu du XIXème siècle, vers les Etats-Unis d’Amérique. Originellement parue en quatre romans, elle est scindée, dans sa traduction française au format poche, en cinq volumes. Le premier, "Au pays", met en place la galerie de personnages que nous allons suivre tout au long de la saga -du moins je le suppose-, et expose les conditions et les motivations à l’origine de leur exode. L’intrigue gravite autour de la famille Nilsa, lignée de fermiers du Småland (région du sud-est suédois) comptant régulièrement parmi ses membres un homme au nez proéminent au point de le défigurer, cette caractéristique physique s’accompagnant d’un caractère bien trempé. Le dernier en date à avoir hérité de l’insigne tarin est Karl Oskar, ...

"Dernier cri" - Hervé Commère

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"Dans les affaires, on n’assassine pas après, on élimine avant." Dans une autre vie, Etienne Rozier a été flic. Trouvant ce métier bien peu rémunérateur au vu de l’investissement requis, il est devenu garde du corps pour sommités politiques, avant de se faire engager par des lobbyistes pour lesquels il se charge des basses œuvres, notamment en intimidant les idéalistes susceptibles d’empêcher les puissants de gagner leurs millions en toute impunité. Une reconversion qui ne lui pose aucun problème de conscience, puisque " le monde ne s’en porte pas plus mal ", et qu’il s’en met plein les poches… Sa vie personnelle est elle aussi source d’épanouissement. Sa femme Nelly et lui sont les parents d’une lumineuse petite Telma, eue sur le tard, et d’un adolescent un peu rebelle, avec qui la communication est parfois difficile -rien que de très banal, en somme… Sa vie bascule lors d’une escapade à Rotterdam où il retrouve une ancienne camarade de classe rencontrée quelques j...

"La frontière de verre" - Carlos Fuentes

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"Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des États-Unis", prononcera un jour avec tant de succès un autre dictateur, puis à voix plus basse un autre président : "Entre les États-Unis et le Mexique, le désert". Sous-titré "roman en neuf récits" -que la quatrième de couverture qualifie quant à elle de nouvelles-, "La frontière de verre" est en réalité un assemblage de textes dont les intrigues sont indépendantes les unes des autres, mais que lient un lieu et une thématique communs. Ce lieu est la frontière qui sépare le Mexique de son puissant voisin américain, et il n’est pas question ici que de géographie. Le premier texte nous présente un personnage que l’on croisera tout au long du recueil, de manière souvent fugace. Don Leonardo Barroso est l’homme puissant du nord du pays, son influence s’étendant jusque dans la capitale. C’est aussi un jouisseur, plus charismatique que beau, dont l’élégance et l’assurance évoquent la vieille aristocratie ...

"Signes qui précéderont la fin du monde" - Yuri Herrera

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"La culpabilité fait de la réalité un serrement de cœur à heure fixe." Makina vit au Village, près d’une Petite Ville métisse que la folie tellurique menace régulièrement d’engloutir. Comme nombre de ses compatriotes, elle projette de traverser la frontière. La différence, c’est qu’elle compte bien revenir, et le plus vite possible : attachée à son territoire, elle a en charge la petite centrale où se trouve l’unique téléphone à des kilomètres à la ronde, et s’efforce de remplir cette mission, capitale à ses yeux, avec constance et célérité. Si elle veut passer "de l’autre côté", c’est uniquement pour satisfaire la demande de Cora, sa mère, qui souhaite qu’elle en ramène leur frère et fils, parti y réclamer le terrain soi-disant hérité d’un père qu’ils n’ont jamais connu. Son périple est rendu possible grâce au réseau, fondé sur l’entraide et le sens de la débrouille indispensables à la survie dans ces régions de violence et de pauvreté, que s’est constitué Cora. En...

"Un bref instant de splendeur" - Ocean Vuong

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"Qu’étions-nous avant d’être nous ? On devait être debout sur le bas-côté d’une route pendant que la ville brûlait." C’est une longue lettre adressée par un fils à sa mère qui lui a demandé ce que c’était que d’être écrivain. Il y " balance tout en désordre ", en une succession de souvenirs en coq-à-l’âne qui peu à peu dessinent la trame de l’histoire familiale.  Une histoire marquée par la guerre et l’exil, inscrite dans le corps et l’esprit de sa grand-mère au dos courbé et atteinte de schizophrénie, qui se réfugie sous une table pour échapper aux tirs de mortiers à chaque feu d’artifice. Une histoire qui a laissé à sa mère les souvenirs du racisme auquel sa peau trop blanche -preuve de son ascendance partiellement américaine dans un Vietnam déchiré par la guerre- la mettait en butte, et un illettrisme dû à l’interruption, à cinq ans, de sa scolarité, lorsqu’une attaque au napalm a détruit son école.  La barbarie de la guerre s’insère ainsi par flashs dans le réci...