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Affichage des articles associés au libellé Portugal

"Les hommes n'appartiennent pas au ciel" - Nuno Camarneiro

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"Les biographies devraient se classer par lieux et non par dates (...). Personne ne sait décrire une ville, ce sont les villes qui nous écrivent". Je me félicite de n'avoir pas lu sa quatrième de couverture avant la lecture de ce titre, car elle m'a laissée bien perplexe. Elle y évoque le passage d'une comète comme point central du récit, alors que je n'ai vu cet événement (décrit sur quelques brèves pages) que comme un détail dispensable, un ornement stylistique dont je n'ai pas vraiment compris l'intérêt.  "Les hommes n'appartiennent pas au ciel" est l'alternance de trois récits, ceux de trois hommes dont l'histoire est profondément ancrée dans les villes qu'ils habitent. Karl, jeune immigré d'Europe de l'est, est laveur de vitres à New York, où il côtoie chaque jour, perché sur ses échafaudages, l'immensité vertigineuse des gratte-ciels. Sa vie fruste et solitaire, marquée par la pauvreté, suit le...

"Mystères de Lisbonne" - Camilo Castelo Branco

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"Qui décide de l'avenir de l'homme, hors du commun des masses qui avancent comme des machines ? C'est la première femme que l'on aime". On pénètre les "Mystères de Lisbonne" en compagnie de João, orphelin de quatorze ans instruit du secret de sa naissance lors de retrouvailles avec sa mère, Ângela de Lima. Mariée au Comte de Santa Barbara, qui ne lui a jamais pardonné un passé marqué par la brûlante passion à l'origine de la naissance de João, Ângela subit l'enfermement et les tortures conséquentes à cette rancœur. Mais assez vite le récit bifurque, se concentrant sur le prêtre qui recueillit et éleva l'orphelin, puis le mit en relation avec sa mère, avant, enfin, de venir au secours de cette dernière : le père Dinis. Au gré des circonvolutions d'un récit dense et labyrinthique, dont il est le fil rouge, il apparaît tel un ange gardien aux côtés des plus faibles, revêtu d'identités multiples, avec une opportunité presque...

"Une jeune fille perdue dans le siècle à la recherche de son père" - Gonçalo M. Tavares

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"Si vous voulez un conseil, tâchez d'avoir au moins une partie de votre corps un peu à distance du monde, sinon vous ne survivrez pas". Voici un roman aussi singulier qu’envoûtant, que l'on referme avec le sentiment de ne pas avoir compris grand-chose, sans pour autant que cela provoque la moindre frustration... Il débute par une rencontre, dans la rue, entre Hanna, une adolescente trisomique, et le narrateur, un homme dont on devra se contenter de savoir qu'il est en fuite, rencontre qui sera suivie de beaucoup d'autres, toujours improbables, parfois inquiétantes, mais souvent très touchantes.  Hanna, qui n'a sur elle, lorsqu'ils font connaissance, qu'un classeur composé de fiches éducatives pour personnes handicapées, dit être à la recherche de son père. Elle ne peut dire son nom, sous peine de se voir arracher la langue et les yeux, mais le prétend à Berlin, où se rend alors le duo nouvellement formé. Ce voyage, et la recherche de c...

"La main de Joseph Castorp" - João Ricardo Pedro

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"Ce n'est pas moi qui ai commencé. Ce sont mes mains". Adeptes de la linéarité... allergiques aux questions sans réponse... passez votre chemin ! Car ce n'est pas sur une route toute tracée que vous emmène João Ricardo Pedro. Et la piste des énigmes sur laquelle il nous lance gardera jusqu'au bout une part de son impénétrabilité... Cela commence avec l'assassinat de Celestino, dans un village portugais au nom de mammifère, le jour de la mort de Salazar. Et cela bifurque presque aussitôt vers une chronique familiale vagabondant sur trois générations, au fil d'un récit dont nous suivons les méandres avec le ravissement que suscite l'inventivité de l'auteur, sa parfaite maîtrise de ce roman puzzle, et sa capacité à transformer son écriture au gré de la tension qu'il impulse à son histoire. Du médecin Augusto Mendes, qui quitta la perspective d'une carrière bourgeoise et lucrative dans sa ville natale pour s'installer dans ...

"Le livre de l'intranquillité" - Fernando Pessoa

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"J'ai conquis, un petit pas après l'autre, le territoire intérieur qui était mien de naissance. J'ai réclamé, un petit espace après l'autre, le marécage où j'étais demeuré nul. J'ai accouché de mon être infini, mais j'ai dû m'arracher de moi-même aux forceps". "Le livre de l'intranquillité" est un ouvrage inclassable. Tel qu'il nous est présenté, c'est un assemblage de fragments, la compilation de textes retrouvés dans une malle après la mort de leur auteur, où ils ont été regroupés en quelque sorte par thèmes, en fonction de similitudes dans leur contenu. Sous-titré "autobiographie sans événements", il est celle de Bernardo Soares, l'un des hétéronymes de Fernando Pessoa, qui y livre une suite de réflexions sur sa conception de la manière dont il convient d'appréhender l'existence. Une parenthèse s'impose ici, pour vous préciser que Fernando Pessoa, auteur portugais du début du XXème siècl...

"L'année de la mort de Ricardo Reis" - José Saramago

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"Je suis peut-être revenu au Portugal pour savoir qui je suis". Les habitués de José Saramago ne seront pas dépaysés : on retrouve avec "L'année de la mort de Ricardo Reis" cette écriture torrentueuse qui le caractérise, ce flux quasi continu qui vous laisse à peine respirer entre deux paragraphes. Je l'ai pourtant trouvé différent des deux autres de ses titres que j'ai lus, par sa limpidité, et une fluidité qui nous accroche rapidement à ce texte qui est par ailleurs d'une beauté à la fois simple, riche et poétique. Un texte énigmatique aussi, que l'on parcourt avec à l'esprit une omniprésente question : qui est Ricardo Reis ? Après avoir vécu seize ans au Brésil, le héros, qui se définit lui-même comme docteur et poète, rentre au Portugal. Il s'installe à Lisbonne, dans un premier temps à l'hôtel Bragança, dans une chambre avec vue sur le Tage. Ses journées sont ponctuées de longues ballades dans une Lisbonne constamment pl...

"Les mémorables" - Lídia Jorge

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Amnésie collective versus souvenirs individuels. Quel dommage ! Il s'en est fallu de peu que "Les mémorables" me passionnent. Un peu pourtant essentiel, puisqu'il tient au style, et à tous ces moments où, pendant ma lecture, me venait une subite envie de tailler dans le texte, d'y pratiquer des coupes franches pour le rendre plus efficace, plus percutant. Je lui en voudrais presque, à Lídia Jorge, d'avoir amoindri la portée de son texte avec d'inutiles fioritures stylistiques, et sa propension au bavardage... ***** Ana Maria, journaliste, se laisse convaincre de participer au projet d'une série de reportages commandée par la chaîne CBS. "L'Histoire réveillée" mettra en valeur des événements historiques "positifs", de ces "miracles" qui, le temps d'une pause, certes souvent fugace, interrompent le cours de l'habituelle barbarie humaine. C'est ainsi que la jeune femme, installée depuis cinq...

"Le vent qui siffle dans les grues" - Lídia Jorge

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Faire dans la dentelle... Lídia Jorge est une brodeuse. Avec patience et minutie, elle construit son texte un rang après l'autre, s'attardant méticuleusement sur chacun, et ce n'est qu'une fois l'ouvrage terminé, après de longues heures d'élaboration tatillonne, que peuvent être perçus, dans toute leur ampleur, la cohérence et la beauté de l'ensemble... C'est pourquoi, dans un premier temps, le lecteur se sent un peu perdu. Drôle de coïncidence -ou pas-, l'héroïne du roman elle-même s'égare... Elle s'égare en tergiversations, en pensées a priori chaotiques mais qui répondent finalement à une certaine logique, elle perd ses moyens et ses mots, hantée par une angoisse fébrile. Vous ne comprenez rien ? C'est normal ! Il faut un temps d'adaptation pour appréhender le contexte du "Vent qui siffle dans les grues". Le narrateur, qui parle au nom d'un "nous" difficile à cerner au départ, relate cette histoire d...

"Les intermittences de la mort" - José Saramago

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La mort en suspens... mon intérêt aussi. José Saramago est un auteur qui m'effrayait un peu jusqu'à ce que je lise " L'aveuglement ". Son style particulier, fait de longues phrases à la ponctuation a priori fantaisiste, où dialogues et narration se suivent sans transition, me faisait craindre une lecture fastidieuse. Or, il n'en fut rien : quelques pages ayant suffit à m'accoutumer à son écriture, j'ai ensuite réellement apprécié le ton et l'histoire étonnante de ce roman. On retrouve dans "Les intermittences de la mort" ce style propre à l'auteur, mais ce n'est pas son seul point commun avec "L'aveuglement". En effet, le postulat de départ y est à peu près similaire : José Saramago imagine là aussi qu'un événement vient bouleverser l'ordre habituel des choses. Ce fait extraordinaire est en l'occurrence le suivant : dans un pays quelconque, le premier jour d'une année quelconque, la mort a...

"L'aveuglement" - José Saramago

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Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir... "L'aveuglement" désespérait sur ma PAL depuis de longs mois que je daigne lui accorder un peu plus qu'un vague regard fuyant... Je l'avais, certes, bien feuilleté distraitement, mais j'avoue que ce rapide examen m'avait effrayée : voici un roman dont le texte se présente tout d'un bloc, avec pour unique ponctuation des virgules (très nombreuses, car les phrases sont souvent très longues) et des points, pas de guillemets ni de retour à la ligne pour introduire les dialogues, aucun alinéa... j'imaginais tout cela d'une densité bien indigeste ! Et d'après ce que j'ai cru comprendre, José Saramago a écrit tous ses romans sur ce même modèle. Personnellement, je ne vois pas très bien ce que cela apporte au récit, à part peut-être l'instauration d'un rythme de lecture particulier imposé par l'auteur ? Ceci dit, je serais de mauvaise foi si j'affirmais que cett...