"La fin du chant" - Galsan Tschinag
Un autre monde. En quelques deux-cent pages et une intrigue se déroulant sur trois jours, Galsan Tschinag nous dépayse en nous immergeant dans la tranche de vie d'une famille Touva, tribu nomade de Mongolie. Dès l'entame du récit, le lecteur est confronté à l'âpreté des steppes du Haut Altaï, au cœur d'un quotidien déterminé par un environnement naturel à la fois grandiose et hostile, et les traditions séculaires qui ont permis de s'y adapter. Dombuk, adolescente débrouillarde et mature, tente avec l'aide de ses frères de faire adopter par une jument qui vient de perdre son petit un poulain que sa naissance a laissé lui-même orphelin. La scène -la résistance de la jument effrayée et pleurant la mort de sa progéniture dont Dombuk a entravé les membres ; la terreur du poulain survivant affamé et recouvert de la peau du petit défunt pour l'imprégner de son odeur- exhale une violence qui rend l'entrée dans le roman abrupte. Pendant que Dom...