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Affichage des articles associés au libellé Colombie

"Ilona vient avec la pluie" - Álvaro Mutis

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"Le vacarme syncopé des orchestres qui animaient, sur un rythme afro-antillais plutôt frelaté, la vie des innombrables cabarets et des bars mal famés, parvenait jusqu’à nous. J’étais si habitué à ce tumulte monotone et triste, que je le confondais avec cette atmosphère de fin de voyage qui m’apportait toujours une légère anxiété, une crainte vague de l’inconnu qui m’attendait à terre." Où l’on retrouve Maqroll el Gaviero, aventurier et navigateur emblématique de l’œuvre d’Alvaro Mutis, amateur de grande littérature et de confiture au gingembre, dont j’ai fait la connaissance avec " Ecoute-moi, Amirbar ". "Ilona vient avec la pluie" lui est antérieur, mais ce n’est absolument pas gênant pour la compréhension de l’histoire.  Tombé sur son vieil ami le capitaine Wito à La Nouvelle-Orleans, alors qu’il cherchait à se sortir d’une mauvaise passe, Maqroll a embarqué sur son cargo délabré. Ruiné, désespéré après avoir appris la fuite de sa fille de quinze ans ave...

"Une rétrospective" - Juan Gabriel Vásquez

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"Il se garda de lui poser la question qui le taraudait depuis des mois et continuerait à le hanter, et qui était la suivante : quand des parents ont-ils la conviction que la révolution est plus aptes à éduquer les enfants qu'eux-mêmes ?" Séjournant à Barcelone pour y participer à une rétrospective de son œuvre, le réalisateur colombien Sergio Cabrera apprend la mort de son père Fausto. Alors sexagénaire, le cinéaste traverse une période difficile. Il souffre notamment de la séparation que lui a imposée sa femme, qui espère qu’il affrontera ainsi la dépression qui le rend, depuis de longs mois, amorphe. L’annonce du décès paternel réveille en Sergio des souvenirs occultés, des images désagréables. Fausto, dont il a conscience d’être un disciple, a pourtant eu une grande importance dans sa vie, et son fantôme plane sur chacun de ses films, où il apparaît même parfois en chair et en os. Il décide de ne pas se rendre aux obsèques, d’autant plus que ce séjour à Barcelone est l...

Un billet de Carmen : "Eva et les bêtes sauvages" - Antonio Ungar

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J'ai le plaisir de vous présenter une proposition de lecture de Carmen, fidèle participante, depuis ses débuts, du Mois Latino. Antonio Ungar est un écrivain colombien, né à Bogotá en 1974, architecte, Globe trotter. Il a obtenu le prix Herralde en 2010 pour "Cercueils blancs". Le roman est basé selon l'auteur sur des faits réels, survenus dans la jungle amazonienne, du côté de Puerto Inírida. Il aborde les thèmes de la violence à tous les niveaux, paramilitaire, guérilla entre narcos au milieu d’habitants indiens qui subissent. Eva, une infirmière, citadine de Bogotá, décide de tourner le dos à la ville et à ses addictions, avec sa fille Abril, pour trouver une vie meilleure dans la forêt et aider les autres, du côté de Puerto Inirida, une terre plutôt inhospitalière où règnent les narcos qui se disputent le contrôle des mines de métaux précieux. Le roman débute par une Eva à la dérive, sur un canoë, perdant son sang. Comment en est-elle arrivée là ?... On remonte l’...

"Le salon de beauté" - Melba Escobar

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"Les mecs font ce qui leur chante et les nanas font ce qu'on leur dit." Après le troublant " Mâchoires ", c’est à nouveau dans un univers féminin que je me suis plongée avec le roman de Melba Escobar. Claire, franco-colombienne, est de retour à Bogotá, sa ville natale, après avoir longtemps vécu en France. Cette psychanalyste de cinquante-neuf ans, bien qu’issue de la bourgeoisie, éprouve pour des pairs confits dans leur condescendante et capricieuse supériorité une détestation équivalente à son incompréhension pour une nouvelle génération que son obsession pour son apparence rend superficielle et inintéressante. Le ton sur lequel elle s’exprime, entre conversation amicale et confession faussement intime, embarque le lecteur sans peine. Sa narration révèle une femme discrète et sans doute sincère, qui se qualifie elle-même d’un "peu coincée". C’est à la Maison de la Beauté, salon d’esthétique où se croise l’élite de la capitale colombienne, qu’elle ren...

Un billet de Carmen : "Une maison à Bogotà" - Santiago Gamboa

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"Depuis tout petit j’étais intrigué par la maison que je viens d’acheter". Ce livre est un peu une autofiction, comme un voyage urbain où Bogotà est aussi un personnage. Le narrateur, un philologue, vit depuis son jeune âge avec sa tante qui l’a adopté après le décès accidentel de ses parents. Sa tante, qui ne porte pas de nom, tout comme le héros, fut juriste, et conseillère auprès des Nations Unies. C'est une femme à la forte personnalité, ayant du cœur car elle recueille un petit chien abandonné baptisée Marquise Pasionaria, deux termes antagonistes qui m’ont fait sourire.  Le narrateur et sa tante parcourent le monde sans attaches.  Grâce à un prix remporté ce philologue peut acheter la maison qu’il admire depuis toujours dans le quartier, plutôt cossu, du Chapinero. Après avoir emménagé avec la tante malade et vieillissante, il nous la fait visiter pièce par pièce, étage par étage, un peu comme un agent immobilier. Mais les portes ouvertes vont faire ressurgir le pas...

"Ecoute-moi, Amirbar" - Álvaro Mutis

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  "Oui patron, chaque mine a ses défunts. C'est comme ça. Un Indien qui vivait ici et qui était un peu sorcier disait qu'il n'y a pas d'or sans défunt ni de femme sans secret." Le narrateur retrouve son vieil ami Maqroll le Gabier, qu’il a pris l’habitude de croiser dans les endroits les plus inattendus du monde au gré de leurs changements d’emplois successifs, dans un motel sordide de Los Angeles, où il peine à se remettre d’un épisode de malaria. Situation inconfortable et inhabituelle pour cet aventurier qui, sous peine d’asphyxie et de frustration, doit rester à terre le moins longtemps et le moins souvent possible. Maqroll a de fait sillonné toutes les mers navigables, et fait partie de ces perdants magnifiques dont la superbe s’accommode aussi bien des tempêtes océanes que du sordide des bouges de ports et qui, s’ils ne connaîtront jamais la gloire et la fortune, dégagent un puissant magnétisme et comme une aura d’immortalité. Malgré la sombre vision de ...

"Perdre est une question de méthode" - Santiago Gamboa

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Lecture distraction. Je continue ma découverte de l’écrivain colombien Santiago Gamboa avec ce titre que je qualifierais de "mineur" au regard du sombre mais beau " Retourner dans l’obscure vallée ", ou de l’habile et protéiforme " Nécropolis 1209 ".  Nous sommes là, en effet, dans un registre léger, un peu loufoque, une enquête policière échevelée servant de prétexte à animer une galerie de personnages haut en couleur.  Cela commence pourtant de manière macabre, avec la découverte, au bord d’un lac de la région de Bogota, d’un cadavre empalé sur un pieu, à l’identité inconnue. Contrairement à une police visiblement peu préoccupée de résoudre l’énigme, le journaliste Victor Silanpa, contacté par un commissaire de sa connaissance qui l’informe du scoop, s’investit dans l’affaire avec persévérance, pendant que ledit commissaire consacre ses journées à préparer son discours d’entrée au sein d’une association religieuse spécialisée dans la perte de poids… Vict...

Un billet de Carmen : "Ilona vient avec la pluie" - Alvaro Mutis

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Carmen, visiteuse régulière de ces lieux et SBF (Sans Blog Fixe 😉) nous fait le plaisir de nous proposer un article qui s'inscrit dans notre activité latino-américaine. Alvaro Mutis est un auteur colombien né à Bogotá en 1903 et mort en 2013 au Mexique. Poète et romancier, auteur de nouvelles, moins connu que Garcia Marquez avec lequel il était ami. C’est dans les années 80 qu'Alvaro Mutis entame une saga romanesque avec le personnage de Maqroll le Gabier (Gabier étant un terme désignant un matelot). "Ilona vient avec la pluie" est le deuxième volet de cette saga. L’auteur nous conte les aventures de Maqroll, bourlingueur, navigateur éternel parcourant les mers en errance perpétuelle. Cela commence mal pour Maqroll, embarqué depuis La Nouvelle Orléans pour Panama, en général une escale de passage... Le capitaine Wito, rencontré à Chypre, se suicide, sa fille étant partie avec un Pasteur marié et à cause de déboires financiers. Obligé de débarquer sur la terre ferme, ...

"Nécropolis 1209" - Santiago Gamboa

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"Les vies sont comme les villes : propres et ordonnées, elles n’ont pas d’histoire. C’est dans le malheur et la destruction que naissent les meilleures." J’avais hâte de retrouver Santiago Gamboa, découvert avec le très beau " Retourner dans l’obscure vallée ", dont "Nécropolis 1209" s’est révélé très différent… Le narrateur, dont nous ne connaîtrons -et comme de manière fortuite- que les initiales, écrivain colombien, vit en Italie. Il se remet d’une longue maladie qui l’a coupé du monde pendant deux ans et l’a rendu sujet à des accès d’hypersensibilité. A sa grande surprise, il est convié -tous frais payés- à un congrès de biographes (ce qu’il n’est pas) qui se tiendra à Jérusalem, pourtant en état de siège… La liste de ses co-invités est non seulement éclectique, mais aussi fantaisiste. Elle compte notamment l’italienne Sabina Vedovelli, star du porno désormais productrice de films politiquement engagés à gauche (mais toujours pornos) et José Maturana, ...

"Retourner dans l'obscure vallée" - Santiago Gamboa

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"Si au bout du chemin il n’y a rien, qu’est-ce qui peut éclairer le cœur d’un homme ?" Voilà un roman qui dans un premier temps déroute, tant les multiples chemins qu'il emprunte semblent a priori divergents. Le Consul attend, dans une chambre d'hôtel madrilène, la visite de Juana. Il n'a pas hésité une seconde lorsque cette dernière lui a laissé un message lui donnant rendez-vous dans la capitale espagnole. Seulement, cette vieille amie dont il n'avait pas eu de nouvelles depuis plusieurs années tarde à se manifester. En attendant, il arpente les rues de la ville, et suit à la télévision les manifestations ininterrompues de la violence d'un monde dont il tente de décrypter les maux : un commando se revendiquant de Boko Haram a pris d'otage l'ambassade d'Irlande à Madrid, les rives nord de la Méditerranée se jonchent des cadavres de ceux qui ne verront pas cet Eldorado qu'ils ont tenté d'atteindre au prix de leur vie... Ce gra...

"Les oreilles du loup" - Antonio Ungar

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Enfance à l'état brut. "Les oreilles du loup" a pour narrateur un étrange garçon. Quoique, à la réflexion, il n'est pas si étrange, c'est juste un enfant. Seulement, Antonio Ungar restitue avec tant de justesse l'univers enfantin, que nous avons la sensation, dans un premier temps, d'avoir pénétré sur une autre planète. Il faut alors accepter de se souvenir de ses propres jeunes années. Attention, il ne s'agit pas de se souvenir d'événements alors survenus, mais de la façon dont nous percevions ces événements, dont nous les digérions... Alors, on réalise que oui, ce que décrit Antonio Ungar, par l'intermédiaire de son narrateur, est bel et bien le reflet de ces fantasmagories, de ces réflexes de défense, de ces émotions brutes, quasiment animales, de cet égocentrisme qui constituent le monde intérieur d'un enfant... En une succession de tableaux, le héros des "Oreilles du loup" nous fait découvrir ce monde, en évoquant ce...