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Affichage des articles associés au libellé Maroc

"Chanson douce" - Leïla Slimani

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"Nous ne serons heureux, se dit-elle alors, que lorsque nous n'aurons plus besoin les uns des autres. Quand nous pourrons vivre une vie à nous, une vie qui nous appartienne, qui ne regarde pas les autres. Quand nous serons libres". Le danger tapi sous l'apparente perfection d'une nounou idéale, on nous l'a déjà fait... Et ce n'est d'ailleurs pas sur l'effet de surprise que compte Leïla Slimani, comme le démontre l'entame de son récit, puisque d'emblée, on connait l'issue de l'histoire, soit la mort des enfants de Paul et Myriam Massé, la culpabilité de leur nounou Louise ne faisant aucun doute. Ce qui, visiblement, l'intéresse, c'est de dresser le portrait de deux mondes parallèles qui se côtoient sans vraiment se comprendre, et de dépeindre le délitement psychologique qui va amener Louise à commettre l'impensable. Paul et Myriam forment un jeune couple parisien de la classe moyenne. Après des études de droit, M...

"Un pays pour mourir" - Abdellah Taïa

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Au nom d'elles. "Un pays pour mourir" est de ces récits qui se lisent en apnée, porté par les voix d'héroïnes exprimant les souffrances comme les espoirs de leur féminité malmenée. Zahira, marocaine, est prostituée à Paris depuis plusieurs années. Métier qu'elle exerce, surtout maintenant qu'elle se sait en fin de carrière, davantage par compassion que par pragmatisme, offrant son corps pour quelques euros aux migrants que l'état du monde pousse sur les routes. Elle est sans doute l'unique amie d'Aziz, qui, à l'issue de l'opération qu'il a finalement décidé de subir, deviendra Zannouba, avec ce fol espoir qu'enfin, son corps sera en osmose avec la véritable et profonde identité que ce huitième enfant d'une famille uniquement composée de filles a toujours revendiquée. A travers dialogues ou monologues, les deux femmes abordent l'intime, les traumatismes anciens dont elles continuent de subir les résonances -le s...

"L'armée du salut" - "Une mélancolie arabe" - Abdellah Taïa

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Crescendo... Dans ces romans écrits à deux ans d'intervalle, Abdellah Taïa revient sur certains épisodes de son passé, de ses années d'enfance marocaines à celles où, jeune adulte, il découvrit l'Europe en vivant à Genève puis à Paris. Une grande partie de "L'armée du salut" est consacrée à l'amour qu'il vouait à son frère aîné, Abdelkébir. Un amour inconditionnel, possessif, sensuel, qui semble avoir constitué les prémices à sa découverte du désir, à son attirance pour le corps masculin. Il y évoque certains des autres membres de sa famille, parmi lesquels sa mère, M'Barka, femme charismatique et un peu sorcière, ou encore son père Mohamed, à qui est d'ailleurs dédié ce livre. Par la description de scènes de la vie quotidienne parfois théâtrales (les disputes entre les deux parents sont de véritables moments d'anthologie !), de souvenirs parfois très intimes, le lecteur a un aperçu de l'ambiance qui régnait au sein de...

"Le jour du Roi" - Abdellah Taïa

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Amour, gloire et dureté. Au Maroc, le roi, ce n’est pas rien ! En l'occurrence, c'est Hassan II qui en cette année 1987 incarne la prestigieuse autorité royale. Or, la nuit dernière, Omar l'a vu en rêve. Il s'agit là d'un tel événement que l'adolescent s'empresse d'aller partager cette expérience nocturne avec Khalid, son meilleur ami. Son camarade se montre effectivement captivé par les détails du songe d'Omar, d'autant plus que le roi en personne va honorer de sa présence leur petite ville de Salé, et ce, dès le lendemain. Aussi, lorsqu'en classe, plus tard dans la journée, leur professeur annonce à ses élèves que Khalid, en sa qualité d'excellent élève, a été choisi pour aller baiser la main du souverain lors de sa visite, pour Omar, c'est la consternation, car son ami lui a caché cette extraordinaire nouvelle dont il avait forcément eu connaissance auparavant. La brièveté du "Jour du Roi" n'empêche pas ce r...