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Affichage des articles associés au libellé Mexique

"Chiennes de garde" - Dahlia de la Cerda

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"La vie est une chienne. C’est pour ça qu’il faut ruer dans les brancards, même si elle est féroce, cette fille de pute." C’est un recueil tourné vers le féminin, empreint de rage et de détermination. Il est composé de treize textes portés par des voix de femmes, donc, et caractérisés par l’énergie qui résulte du mélange de crudité et de colère avec lequel elles s’expriment. La narration à la première personne du singulier a systématiquement pour destinataire un "tu" anonyme et silencieux, chaque partie se déroulant en un long monologue qui installe une oralité très prenante. On trouve parmi les héroïnes la fille d’un richissime narco-trafiquant élevée dans un luxe indécent, une jeune femme issue d’une lignée de célèbres politiciennes, une tueuse à gages, une voleuse, un travesti, une villageoise émigrée à Ciudad Juarez pour travailler dans les maquiladoras … plusieurs d’entre elles parlent d’outre-tombe. Certaines apparaissent dans plusieurs textes, personnages sec...

"L’invincible été de Liliana" - Cristina Rivera Garza

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"Parce qu’il n’y a pas de responsabilité plus sacrée et plus terrible que celle qui nous oblige à être nous-mêmes." Liliana Rivera Garza a été assassinée le 16 juillet 1990 à Mexico. Le coupable, rapidement identifié en la personne d’Ángel González Ramos, son petit ami, s’est enfui, et n’a jamais été arrêté. Il a fallu trente ans à sa sœur Cristina pour se sentir capable de revenir sur ce drame. Entreprenant des démarches pour relancer l’affaire, elle cherche à obtenir une copie des dossiers d’investigation. Il devient rapidement évident que l’entreprise est vouée à l’échec. Le récit se mue alors à la fois en un hommage à sa sœur, et à une réflexion sur l’ampleur du phénomène des féminicides au Mexique. C’est un texte protéiforme, composé d’une succession d’épisodes, alternant analyses de l’auteure et témoignages, extraits des longues correspondances qu’entretenait Liliana avec ses proches… Cristina Rivera Garza entreprend comme un pèlerinage sur les lieux du quotidien de Lil...

"La frontière de verre" - Carlos Fuentes

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"Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des États-Unis", prononcera un jour avec tant de succès un autre dictateur, puis à voix plus basse un autre président : "Entre les États-Unis et le Mexique, le désert". Sous-titré "roman en neuf récits" -que la quatrième de couverture qualifie quant à elle de nouvelles-, "La frontière de verre" est en réalité un assemblage de textes dont les intrigues sont indépendantes les unes des autres, mais que lient un lieu et une thématique communs. Ce lieu est la frontière qui sépare le Mexique de son puissant voisin américain, et il n’est pas question ici que de géographie. Le premier texte nous présente un personnage que l’on croisera tout au long du recueil, de manière souvent fugace. Don Leonardo Barroso est l’homme puissant du nord du pays, son influence s’étendant jusque dans la capitale. C’est aussi un jouisseur, plus charismatique que beau, dont l’élégance et l’assurance évoquent la vieille aristocratie ...

"Signes qui précéderont la fin du monde" - Yuri Herrera

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"La culpabilité fait de la réalité un serrement de cœur à heure fixe." Makina vit au Village, près d’une Petite Ville métisse que la folie tellurique menace régulièrement d’engloutir. Comme nombre de ses compatriotes, elle projette de traverser la frontière. La différence, c’est qu’elle compte bien revenir, et le plus vite possible : attachée à son territoire, elle a en charge la petite centrale où se trouve l’unique téléphone à des kilomètres à la ronde, et s’efforce de remplir cette mission, capitale à ses yeux, avec constance et célérité. Si elle veut passer "de l’autre côté", c’est uniquement pour satisfaire la demande de Cora, sa mère, qui souhaite qu’elle en ramène leur frère et fils, parti y réclamer le terrain soi-disant hérité d’un père qu’ils n’ont jamais connu. Son périple est rendu possible grâce au réseau, fondé sur l’entraide et le sens de la débrouille indispensables à la survie dans ces régions de violence et de pauvreté, que s’est constitué Cora. En...

"Anna Thalberg" - Eduardo Sangarcia

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"Anna Thalberg, (…) vous êtes accusée d'avoir assisté aux esbats sur les rives du Blutsee-Moor ainsi qu'au grand sabbat de Walpurgis se tenant au Harz, où vous vous êtes rendue en chevauchant une chèvre pour danser avec le Diable jusqu'à tomber d'épuisement avant de vous accoupler avec lui per angostam viam." Entre la fin du XVIème siècle et le début du XVIIème, la bourgade bavaroise de Würzburg est le théâtre d’un des épisodes d’une chasse aux sorcières qui est alors à son apogée. Le Prince évêque de la ville entend ainsi lutter contre la menace luthérienne. C’est un temps d’exécutions publiques dont les spectateurs se repaissent et de dénonciations opportunes, de tortures et de bûchers. Instaurer le règne de la douleur et de sa peur permet aux puissants d’asseoir leur emprise, en dissuadant les paysans de se rebeller et en nettoyant la région de tous ses indésirables : vagabonds, mendiants, et surtout les femmes, objets de tentation. Anna, taxée de commerce ...

"Le sauvage" - Guillermo Arriaga

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"S’il y avait bien quelque chose qui pouvait me sortir de mon marasme, c’était un loup survolté". Années 60, Unidad Modelo, quartier populaire de Mexico.  Juan Guillermo Valdes y est notre guide. Et à l’image du labyrinthe que constituent les ruelles de ce territoire que ses enfants parcourent en passant de toit-terrasses en toits-terrasses, la visite qu’il en propose se prête aux rebroussements, aux errements, aux traversées clandestines.  Le contexte est exposé d’emblée, marqué par la mort et une inextinguible soif de vengeance. Juan Guillermo est hanté des pertes successives qui ont ponctué sa vie. Et cela a commencé très tôt, avec la mort de son frère jumeau dans l’utérus maternel ; il en a hérité un sentiment d’abandon et le besoin de combler un vide émotionnel qui l’a précocement amené à convoiter les filles, désirant ardemment leur proximité, leur regard, leur nudité… puis il y a eu la mort de son grand frère Carlos, assassiné avec le soutien de l’église et de la polic...

"El ultimo lector" - David Toscana

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"(…) si l’eau est d’autant plus nécessaire en plein désert, comme la médecine l’est à la maladie, les livres sont d’autant plus indispensables là où personne ne lit.". Le village d’Icamole tire sa fierté d’un épisode historique, celui de la défaite de Porfirio Díaz face aux forces loyalistes du gouvernement fédéral. La lettre qu’un soldat écrivit alors à sa bien-aimée pendant sa longue agonie sur le champ de bataille en est devenue l’emblématique relique. Mais cet événement remarquable, à part pour les habitants d’Icamole, semble dorénavant aussi impalpable que l’idée de l'océan qui, dans un passé bien plus lointain, a recouvert ces terres qui n’en gardent plus que quelques fossiles. Ecrasés par une terrible et interminable sécheresse, les villageois doivent leur survie aux bidons d’eau fournis par les autorités, que le vieux Melquisedec transporte dans sa carriole. Remigio avait jusqu’à présent pu se passer de cet approvisionnement, le fond de son puits conservant un res...

"Les terres dévastées" - Emiliano Monge

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"Ils nous ont attachés et jetés là, à l'intérieur... ligotés aux pieds par des lacets de chaussure...par des cordons de chargeurs de portable aux mains... et dans nos bouches nos propres chaussettes." Le roman d’Emiliano Monge peut agacer, choquer, écœurer, mais ne laisse en tous cas pas indifférent.  Et si son sujet prête certes à des sentiments forts, c’est surtout la manière dont il le traite qui bouscule le lecteur. Le ton est donné d’emblée. Cela commence dans le chaos, avec la capture nocturne, dans une clairière au cœur de la jungle, d’un groupe de migrants par des trafiquants d’êtres humains.  La trame globale du récit est minimaliste : séparés en deux convois, après avoir subi viols et tortures, les captifs qui n’ont pas été tués prennent des chemins différents pour être vendus à divers acheteurs. Mais elle est tissée de multiples intrigues secondaires, formant un enchevêtrement un peu foutraque. Il y a l’histoire d’amour passionnel entre les amants Epitafio et E...

"La file indienne" - Antonio Ortuño

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Voyage au bout de l'enfer. Voici un roman dont la structure peut d'emblée déstabiliser, le récit alternant entre plusieurs narrateurs, et adoptant pour chacun un ton différent. Ceci dit, quelques pages suffisent pour se familiariser avec sa construction, et appréhender le sens de son intrigue. Irma, surnommée Negra, est assistante sociale à la Conami (Commission Nationale de Migration du Mexique). Appelée suite à un incendie dans un centre d'accueil pour migrants d'Amérique centrale ayant provoqué des morts et des blessés, elle est chargée de recevoir les survivants et les familles des défunts, pour s'assurer que les premiers ne feront pas trop de vague, et que les seconds accepteront sans broncher l'indemnisation qui leur est proposée. Elle est accompagnée de sa fille de six ans, qu'elle devait emmener à Disney grâce aux billets que leur avait offert le père de la petite, sacrifice qu'il lui rappelle avec véhémence à la moindre occasion. Les ...

"Gabacho" - Aura Xilonen

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Érudition et truculence... Enfant des rues, Liborio a fui à seize ans son Mexique natal et une pseudo tante maltraitante pour les Etats-Unis. C'est là que nous faisons sa connaissance, plus précisément dans les rayons de la librairie où il est employé, au noir, par un patron à l'humour méchamment humiliant qui ne déstabilise guère Liborio : il en a vu d'autres et il n'a pas non plus la langue dans sa poche... Ses journées s'écoulent entre le rangement des ouvrages en rayons, et l'observation des allées et venues de la " gisquette " de l'immeuble d'en face, qu'il n'est pas le seul à trouver très jolie. C'est d'ailleurs en volant au secours de son honneur que le narrateur connait un tournant dans sa vie. Voulant punir les " crevards " qui lui ont manqué de respect en lui mettant une main aux fesses, il subit un tabassage monumental avec un stoïcisme qui le rend célèbre, la vidéo de la bastonnade ayant été postée sur...

"Un doux parfum de mort" - Guillermo Arriaga

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"Il était désormais condamné à vivre comme réel ce passé imaginaire". Loma Grande est un trou perdu du Mexique, un village misérable, un microcosme replié sur lui-même. La découverte du cadavre de la jeune Adela, poignardée dans le dos, déclenche les inéluctables mécanismes qui y régissent les rapports entre les êtres, et amorce une série de circonstances qui vont mener au drame.  En quelques heures, la rumeur et la soif de sang font leur oeuvre : Ramon, qui a trouvé le corps, jeune épicier insignifiant vivant chez sa veuve de mère, est désigné comme le fiancé de la victime (dont il avait à peine croisé le regard). De même, le témoignage pourtant bancal d'un des forts en gueule de Loma Grande décide de l'identité du coupable, en la personne de celui que l'on surnomme le Gitan, dont les origines incertaines et le succès auprès des femmes excitent la jalousie et la malveillance. Mais c'est ainsi que ça se passe dans cette bourgade que l'on dirait ...

"Les temps perdus" - Juan Pablo Villalobos

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Pour vous éviter d'en perdre... Hasarderais-je un jeu de mots douteux, en indiquant que rarement roman aura aussi bien porté son titre, à un détail près : pour être tout à fait juste, il eut fallu que Les temps restent au singulier... car j'ai bel et bien l'impression d'avoir perdu le mien... L'humour est un art délicat, d'autant plus lorsqu'il s'exprime en littérature, où le recours à la gestuelle ou aux mimiques est exclus. Je suis personnellement persuadée que tout est dans le ton. Les successions de scènes cocasses, les anti-héros improbables, ne vous arracheront pas le moindre sourire, si l'ensemble manque de style. D'ailleurs, à l'inverse, un auteur doté d'un bon sens de l'humour n'a pas besoin d'imaginer des situations burlesques : c'est la façon dont il raconte son histoire qui la rend comique. Voyez, par exemple, Philippe Jaenada (sans doute mon humoristécrivain préféré), capable par exemple de nous d...

"Apportez-moi Octavio Paz" - Federico Vite

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Sitôt lu, sitôt oublié... Je serai concise, dans la mesure où je n’ai pas vraiment accroché au roman de Federico Vite, "Apportez-moi Octavio Paz"… Autant dire que ma déception a été grande, suite aux avis élogieux ( ICI et LA ) qui m’avaient incitée à le lire. Ce que je lui reproche principalement, c’est sa brièveté : en quelques 97 pages, l’affaire est pliée ! En dépit d’un synopsis au départ plutôt sympathique (un commandant de police qui se pique de velléités littéraires fait enlever le Nobel mexicain Octavio Paz pour pallier son manque d’inspiration) et d’un ton agréablement burlesque, qui permet à l’auteur de railler entre autres la corruption et la bêtise de la police mexicaine, tout m’a paru survolé, trop rapidement traité. Même si j’ai souri, notamment   en raison du portrait que brosse l’auteur d’Octavio Paz, décrit comme un écrivain exagérément imbu de sa personne, je dois avouer que, quinze jours après l’avoir terminé, il ne m’en reste qu...

"Pedro Paramo" - Juan Rulfo

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Héritage fantomatique. « Il y a des villages qui ont un goût de malheur. On les reconnaît dès que l’on avale un peu de leur air usé et stagnant, aussi appauvri et sec que la vieillesse ». Le village de Comala est de ceux-là. Tenant la promesse faite à sa mère au moment de son décès, Juan Preciado s'y rend. Il vient y faire la connaissance de son père, Pedro Paramo, qu’il n’a jamais rencontré, et exiger de lui son « dû », selon les propres termes de la défunte. Seulement, une fois arrivé à destination, les choses se corsent… Les rares âmes qui peuplent encore le village, ne sont justement que des âmes ! Accueilli par des fantômes, Juan va peu à peu apprendre de leurs murmures l’histoire de Comala, et notamment la place qu’y a occupé le fameux Pedro Paramo, grand propriétaire terrien qui imposa le règne de sa volonté par la terreur et la corruption. C’est dans une atmosphère dépaysante et quelque peu angoissante que nous plonge Juan Rulfo, avec ce récit qui oscille entre ...