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Affichage des articles associés au libellé Etats-Unis

"Le Tout" - Dave Eggers

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"Une espèce dont les membres restent immobiles, en cercle, à se regarder en chien de faïence, ne peut pas survivre." Los Angeles, demain (Bolsonaro et Poutine sont au pouvoir depuis cent ans). La presse locale et les journalistes ont été anéantis par les réseaux sociaux et l’apocalypse publicitaire, les diagnostics médicaux sont rendus par l’Intelligence Artificielle, la population placée -dès la maternelle- sous la vigilance constante des caméras de surveillance. Les pandémies ont réduit les contacts physiques, devenus problématiques. La quintessence de ce règne de l’hyper connexion et du contrôle permanent trouve sa parfaite expression au sein du Tout, conglomérat devenu, à force de rachat d’entreprises de tous les secteurs possibles -la dernière en date étant un géant du commerce en ligne-, la société la plus riche que le monde ait jamais connue. Le Tout contrôle ainsi ce qu’on fait, ce qu’on achète, mais aussi ce qu’on sait. Mae Holland en a récemment repris les rênes...

"Un jardin de sable" - Earl Thompson

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"Ce qui suit est une histoire de chrétiens ordinaires, travailleurs mais souvent sans travail, et Kansiens jusqu’à leur mort." "Un jardin de sable" est l’histoire d’une enfance. Jacky, natif du Kansas, grandit pendant la Grande Dépression et son contexte de misère généralisée et croissante. Sa mère, Wilma, s’est fait engrosser par un grand escogriffe de Suédois qui s’est quelques mois plus tard tué en voiture avec Miss Wichita 1933 à ses côtés. Ella a d’abord confié Jacky à ses parents, les McDeramid, fermiers mis à terre par la politique agricole de Roosevelt. Si ce revers n’a pas vraiment entamé la foi cardinale dans le rêve américain de John, le grand-père de Jacky, resté convaincu que pour peu que l’on soit honnête et travailleur le succès est garanti, il l’a investi d’une haine inextinguible pour le 32 e président des Etats-Unis, victime régulière (pour le plus grand plaisir du lecteur) de ses harangues aussi inventives qu’injurieuses. Et il a surtout mis ...

"La ville" - William Faulkner

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"Tous ici nous avons acheté des Snopes, bon gré mal gré (…)" Après s’être attaqué au hameau de Frenchman’s Bend , les Snopes partent à l’assaut de Jefferson, bourgade de trois mille âmes du comté de Yoknapatawpha. A leur tête, mais toujours à sa manière discrète -ou vicieuse-, on retrouve Flem Snopes et son indéboulonnable nœud papillon, qui après avoir roulé son beau-père Will Varner, s’est installé avec sa femme Eula -dont la sensualité débordante affriole toute la population mâle de Jefferson- et leur fille Linda (dont il n’est pas le père, ce que seule la principale intéressée ignore), dans une petite maison aux abords de la ville. En l’espace de deux ans, ce paysan qui n’avait probablement jamais vu d’usine électrique a pris la direction de celle qui alimente Jefferson. Et ce n’est qu’un début… Il poursuit son ascension avec ruse et ténacité. En douce, sans rendre de compte à personne. Mais s’il était jusqu’à présent essentiellement guidé par sa cupidité, c’est à a...

"Bien-être" - Nathan Hill

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"Il y avait deux ou trois choses qu’ils devaient savoir avant de se rendre à une partouze." Dans l’un des épisodes de "Bien-être", un des personnages, à l’aube du développement d’internet, explique à un autre le principe révolutionnaire du lien hypertexte, à partir duquel un récit se construit par interconnexions, au fil d’une navigation libre, libérée de toute linéarité. C’est sur ce même principe que Nathan Hill semble avoir construit son récit, comme s’il suivait le fil d’associations d’idées dont on ne voit pas toujours de prime abord ce qui les lie. Pour autant, le lecteur n’est jamais perdu, l’intrigue orbitant autour de deux personnages principaux que cette construction en "toile" dote d’épaisseur et de complexité. Cela commence, pour le coup de manière "logique", par leur rencontre. On est en 1993. Alors tous deux étudiants, lui en photographie, elle en psychologie, ils vivent dans le quartier de Wicker Park à Chicago, un lieu sale, p...

"Faire bientôt éclater la terre" - Karl Marlantes

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"Le faux mythe du marxisme ne gagnera jamais face au faux mythe de l’Amérique." Après celle du suédois Vilhelm Moberg -dont je vous parlerai bientôt du tome IV-, voici une autre saga d’émigrants scandinaves. Il s’agit cette fois de Finlandais, et si leur exil survient un demi-siècle après celui des Nilsa, leur destination est la même. Nous sommes à l’aube du XXème siècle. La Finlande est alors sous une domination russe dont les manifestations se font de plus en plus concrètes. La famille Koski vit dans la région de Kokkola, au nord des côtes finlandaises, d’une ferme qu’elle loue et des revenus aléatoires de sage-femme de la mère. Le roman s’intéresse aux trois aînés des enfants qui suite à divers circonstances, migrent aux Etats-Unis, et plus particulièrement à leur cadette, Aino. C’est une adolescente fougueuse et rebelle, séduite par l’idéologie socialiste, dont le petit ami Voitto fait partie d’une cellule révolutionnaire très active. A la suite de l’échec d’un attenta...

"Sidérations" - Richard Powers

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"Je ne savais pas comment être un bon parent." Le talent de Richard Powers pour entremêler détresses intimes et drame collectif s’exprime dans ce roman de manière poignante. La détresse intime est celle d’un deuil. Aly, infatigable activiste à la tête d’une ONG de défense de l’environnement, est morte dans un accident de voiture deux ans auparavant. Theo, astrobiologiste, s’est ainsi retrouvé à élever seul leur fils Robin, alors âgé de sept ans. Une tâche d’autant plus ardue que Robin n’est pas un enfant comme les autres. Aucun diagnostic n’a pu être concrètement posé sur son syndrome, que l’on découvre surtout par ses manifestations : crises de rage ou d’angoisse incontrôlables, hypersensibilité, attachement irraisonné à divers manies et rituels. C’est aussi un garçon très doué pour le dessin, doté d’une compréhension aigue des choses, d’une mémoire prodigieuse et d’une gravité qu’on ne s’attend pas à trouver chez un enfant de cet âge. Robin est, enfin, à la fois obsédé ...

"Le Peuple de l’Abîme" - Jack London

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"Et ainsi, bonnes gens, s’il vous arrive un jour de visiter Londres et d’y trouver des hommes endormis sur des bancs ou sur l’herbe, ne croyez surtout pas que ce sont là des fainéants, qui préfèrent le sommeil au travail." Eté 1902, Jack London doit couvrir la guerre des Boers comme correspondant pour un média américain. Mais lorsqu'il arrive en Angleterre le 6 août, la guerre est finie. Il reste alors à Londres et décide de vivre pendant six semaines dans le quartier pauvre de l'East End. Il va se plonger, "corps et âme", dans ces bas-fonds de la capitale anglaise, où vivent travailleurs misérables et sans abri. Son reportage est initialement publié en épisodes dans un magazine. Afin que l’immersion soit totale, il se met en quête d’un logement dans le quartier, y cherche du travail, dort dans un asile de nuit… En documentant ces expériences auxquelles s’ajoutent les nombreux témoignages qu’il collecte au contact des habitants, il restitue le spectacle quot...

"Diables blancs" - James Robert Baker

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"(…) j’ai un peu de mal avec les attardés qui suintent dans leurs fringues en polyester, les ploucs qui empuantissent ma Saab (…)" Si l’on en croit la préface de l’auteur, le récit est la transcription de six cassettes audio qu’une de ses connaissances, Tom Dunbar, lui a adressées. Ce dernier y détaille sa descente aux enfers… Le procédé instille au texte une oralité qui le dynamise, où se mêlent spontanéité et art du récit. Et pour cause : Tom Dunbar est écrivain. Après l’immense succès que lui a valu un ouvrage de true crime , il a écrit un roman plus exigeant et donc moins lucratif. Son épouse Beth, sublime et intelligente mais complètement givrée et droguée aux anti dépresseurs, a par ailleurs dilapidé leurs économies dans un projet de restaurant qui a périclité. Le couple, qui habite l’un des plus chics quartiers de Los Angeles, se retrouve endetté, mais refuse de renoncer à son train de vie ou d’en être réduit, concernant Tom, à écrire la biographie d’Imelda Marcos (veu...

"L’esprit d’aventure – Itinéraire d’un explorateur excentrique" – Reid Mitenbuler

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L’explorateur, c’est Peter Freuchen -prononcer Froy-ken -, un de ces aventuriers comme on n’en voit plus, dont les périples datent d’une époque sans GPS ni motoneige, sans duvet sarcophage ni communications radio. Né au Danemark à la fin du XIXème siècle, il a parcouru l’Antarctique et la jungle sud-américaine, visité l’URSS, la Maison-Blanche et l’Allemagne nazie, a participé aux débuts du cinéma à Hollywood. On le trouverait peu crédible comme personnage de roman tant il semble avoir été non seulement présent, mais surtout impliqué, dans les événements majeurs de son époque. Homme pluridisciplinaire - voyageur, conférencier, combattant pour la liberté, journaliste, écrivain…-, même son apparence est incroyable. Avec son mètre 95 et sa carrure d’ours, sa tignasse blonde en bataille et son étonnante voix douce, il a été surnommé " le plus grand hippie de l’histoire polaire " par une certaine génération danoise. Il a grandi dans une famille socialement à l’aise mais peu guindé...

"Le journaliste et l’assassin" - Janet Malcolm

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"L’hypocrisie est le lubrifiant qui permet à la société de fonctionner de manière agréable…" 1970. Jeffrey McDonald est accusé d’avoir assassiné sa femme enceinte et leurs deux petites filles. Médecin dans l’armée, l’homme est d’abord acquitté par un tribunal militaire avant d’être de nouveau mis en accusation par un tribunal civil, qui le condamne à la prison à vie. Mais c’est d’un autre procès dont il est ici question, celui que l’accusé intente à Joe McGinnis à l’été 1984. Ce dernier est journaliste, et avec l’accord de McDonald, il a suivi son affaire aux côtés de la défense dans le but d’écrire un livre. Il a alors noué avec son sujet une relation de proximité, voire d’amitié. Or, dans le récit résultant de ce travail (intitulé Fatal Vision ), il présente ce dernier comme un meurtrier psychopathe. C’est donc d’imposture –ou pour le dire en langage juridique de "tromperie et violation de contrat"- qu’il est accusé. Pour certains de ses pairs, il s’agit d’un préc...

"Le sang des innocents" - S.A. Cosby

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"Le mal n’est jamais très compliqué. Par contre, il a beaucoup de culot." Le comté de Charon, comme de nombreuses villes du sud des Etats-Unis, s’est bâti sur la violence et le chaos, et son histoire est jalonnée de terribles épisodes, allant d’une sombre affaire de cannibalisme à une tuerie familiale, en passant par une épidémie de malaria ou un empoisonnement collectif... Sans doute ses habitants ont-ils la mémoire courte, puisqu’ils estiment qu’avec seulement deux meurtres sur les quinze dernières années, Charon est une ville paisible. Plus pour longtemps… Une fusillade au lycée sonne le glas de son apparente tranquillité, en même temps qu’elle met un terme à l’existence de Jeff Spearman, son professeur le plus populaire, adoré de ses élèves comme des parents de ces derniers. Le jeune afro américain à l’origine de la tuerie, Latrell Mcdonald, n’y survit pas non plus. Il est abattu sur les lieux par un membre de l’équipe du shérif, dans des circonstances confuses. Lorsque l...

"Sweet Harmony" - Claire North

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"- Compte tenu du temps que j’ai passé à travailler dessus, je dirais que c’est notre corps." Londres, dans un futur proche. La descente aux enfers d’Harmony Meads commence avec un bouton sur le menton… Anodin ? Pas tant que ça, dans un monde où la perfection esthétique impose sa dictature. Pour atteindre ladite perfection, l’être humain s’augmente, si l’on peut dire, à l’aide de programmes, nommés extensions, vendus par l’incontournable Fullife, qui propose, des plus futiles aux plus physiologiquement fondamentales, toutes les fonctionnalités possibles : renforcer les fonctions organiques, détruire les graisses, avoir une sexualité épanouie, se sentir heureux ou remodeler la silhouette, mais aussi avoir un teint parfait ou un sourire radieux, une voix d’ange et les yeux brillants, effacer les grains de beauté, prévenir le gueule de bois, empêcher les fesses de se marquer de tâches rouges après une longue station assise… Ayant contacté son fournisseur, Harmony apprend qu’elle...

"Darktown" - Thomas Mullen

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"Lui aussi transpirait d’abondance, non qu’il eût fait un effort physique, au contraire, c’était l’obligation de se contenir, d’être une fois encore le témoin impuissant de cette brutalité, qui l’épuisait." Atlanta, 1948. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la ville, gros nœud ferroviaire, a connu un important essor commercial et industriel. Une prospérité qui perdure grâce au regain consumériste, par ailleurs favorisée par la main-d’œuvre bon marché et non syndiquée que fournit le Sud des Etats-Unis. Atlanta s’est agrandie, urbanisée. L’organisation de ses quartiers répond à la ségrégation qui maintient la population noire dans une inacceptable infériorité. La criminalité s’est elle aussi développée, notamment avec la contrebande d’alcool. Sous la pression du vote afro-américain, le maire de la ville a mis en place une brigade de huit policiers noirs. Sept d’entre eux ont fait la guerre, et la plupart possèdent un niveau d’instruction supérieur à celui de la moyenne des ...