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Affichage des articles associés au libellé Espagne

"La tristesse du samouraï" - Víctor del Árbol

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"Les dieux et les héros, ça n’existe pas. Il n’y a que des miasmes." Barcelone, mai 1981. Une femme agonise sur un lit d’hôpital. Comme elle a refusé toute visite, seul un inspecteur de police passe la voir : suspecte dans une affaire mêlant plusieurs assassinats et l’évasion d’un prisonnier, elle a promis qu’elle allait "tout lui raconter". A partir de cette scène qui ouvre le roman, Víctor del Árbol remonte le temps, reconstituant le fil des événements qui y aboutissent. C’est d’une tumeur au cerveau qu’est en train de mourir María Bengoechea, 35 ans. Contrairement à ce que l’on nous fait croire de prime abord, son implication dans cette histoire ne remonte pas au moment (trois ans auparavant) où cette avocate en droit pénal a fait condamner César Alcalá, un policier véreux qui a torturé jusqu’à le plonger dans le coma un indic qui menaçait de le dénoncer. Ce moment de gloire a fait décoller une carrière jusqu’alors faite d’une routine insatisfaisante et peu r...

"Le bourreau affable" - Ramón Sender

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"Parfois, il pensait que la religion était noble et véridique mais que quelque chose allait mal dans la manière dont les curés l’appliquaient." Rien ne destinait Ramiro Vallemediano à devenir bourreau. C’est pourtant dans cette fonction que le narrateur fait sa connaissance à l’occasion d’une exécution à laquelle il assiste. Comme il a suscité sa sympathie, le bourreau accepte de lui raconter son parcours. Enfant illégitime né dans un village d’Espagne, Ramiro est vif, adroit, et avide d’apprentissage. La découverte de la philosophie de Sigismond, personnage qu’il joue au collège lors d’une représentation théâtrale, le convainc d’adopter son crédo, qui est aussi le titre de la pièce (de Pedro Calderón de la Barca) : "La vie est un songe". Il aime en effet se plonger dans des errances fantasmagoriques, et ses nuits sont animées de rêves foisonnants peuplés de monstruosités, d’étranges animaux ou de têtes sans corps, chargés d’un symbolisme aux tendances prémonitoires...

"Docile" - Aro Sáinz de la Maza

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"Pourquoi tant d'acharnement à s'aimer, bordel. Hommes et femmes, et ils continuent tant qu'ils peuvent. Mais pour quoi faire ?" Une tuerie est perpétrée dans une maison de Barcelone, faisant cinq victimes d’une même famille, frappées à mort avec des pierres. Seul un enfant de deux ans est épargné. Au même moment, la bijouterie dont le père était propriétaire est cambriolée. Très vite, les soupçons se portent sur Lucas Torres, un adolescent qui dès l’aube suivant le meurtre s’est présenté, couvert de sang et à peine conscient, au commissariat. Après quelques recherches, le passé de ce fils d’un riche couple de Barcelone présente en effet des éléments troublants, qui le lient au massacre. Pourtant, la docilité du garçon surprend ceux qui l’interrogent, et son profil -plutôt celui d'une victime- constitue une énigme. Milo Malart est chargé de l’enquête. Il revient tout juste d’une semaine de vacances forcées, qu’il doit à l’insistance avec laquelle il a enquêté ...

"La Maison des chagrins" - Víctor del Arbol

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"Celui qui écrit nos scénarios, là-haut, a un sens de l’humour plutôt tordu." Concentrez-vous. Eduardo Quintana, ex-peintre de renom, sort de prison après avoir purgé sa peine. Il a été condamné pour le meurtre du chauffard responsable de la mort de sa fille et de sa femme. Malgré les quatorze ans écoulés, le poids de cette perte l’écrase. Il survit à coups d’alcool et de psychotropes, comme absent au monde, imperméable à toute joie, hanté par un sentiment d’autodestruction. Sa voisine et amie Graciela, mère d’une petite Sara souffrant de troubles du comportement, s’épuise à lui faire des avances vouées à une triste indifférence. Déterminée à lui faire reprendre pied, sa galeriste, Olga, l’incite à accepter une commande très particulière.  Gloria A. Tagger, célèbre violoniste, a elle aussi perdu un enfant dans un accident de la circulation : sous l’emprise de l’alcool, un homme a écrasé son fils adolescent, en même temps qu’une fillette de six ans. Son besoin obsessionnel de ...

"Le temps de la haine" - Rosa Montero

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"Les êtres humains sont ainsi : même aux portes de l’Apocalypse, nous nous adonnons à la musique et à la danse. Je ne sais trop si c’est héroïque ou stupide." C’est à chaque fois un plaisir de retrouver Bruna Husky, l’androïde de la trilogie madrilène et futuriste de Rosa Montero. Une héroïne déstabilisante, l’auteure nous la rendant profondément attachante en dépit de sa dimension « robotique ». Il faut dire que Bruna est un modèle de réplicant ultra sophistiqué, physiologiquement similaire à tout être humain -si l’on excepte la verticalité de ses pupilles-, et surtout capable d’éprouver sentiments et émotions. Son impressionnante stature, sa force et son agilité (Bruna est une réplicante de combat) dissimulent une angoisse persistante, celle de sa fin, programmée, comme pour tous ceux de son "espèce", dix ans après sa mise sur le marché, à l’âge 25 ans. La première pensée qui lui vient, à l’entame de chaque journée, est ainsi celle du macabre compte à rebours qui...

"L’imposteur" - Javier Cercas

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"Un livre peut-il réconcilier un homme avec la réalité et avec lui-même ?" Comment un homme a-t-il pu faire croire, à de multiples reprises, et de manière publique, à son passé fantasmé de rebelle républicain et de déporté de camp de concentration ? Car tel est l’exploit, si l’on peut dire, d’Enric Marco (âgé aujourd’hui de 101 ans !), qui a pendant des années, dans des écoles et lors de conférences télévisées ou radiophoniques, témoigné de son internement au camp de Flossenbürg, nourrissant ses propos de moult détails et anecdotes, sans avoir jamais mis un pied dans un camp de concentration. C’est l’historien Benito Bermejo qui découvre, en 2005, l’imposture : si Enric Marco a bien été en Allemagne au début des années 40, c’était volontairement, pour y travailler et fuir la misère de l'Espagne franquiste. C’est après beaucoup d’hésitations que Javier Cercas se décide à écrire sur ce sujet. Suite à l’échec de plusieurs tentatives pour écrire de la fiction, il tourne autou...

"Imaginer la pluie" - Santiago Pajares

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"- N’est-ce pas l’acte d’un insensé ? Ecrire sans savoir qui peut le lire. - Au contraire. Cela le rend encore plus beau." Ionah vit dans le désert où il est né et qu’il n’a jamais quitté, avec pour unique abri un appentis rudimentaire. C’est un survivant, celui d’un monde que la cupidité, l’envie et l’entropie ont mené à sa perte, et que sa mère, alors enceinte, a fui, ne trouvant d’autre refuge que cette immensité de sable. Le prénom qu’elle lui a donné signifie "colombe", en souvenir de cet oiseau dont la seule obsession était de revenir à la maison. Mais Ionah n’a jamais vu de colombe, et pas seulement parce qu’il vit dans le désert : comme tant d’autres choses du "monde d’avant", les colombes ont disparu. Sa mère aussi, morte il y a neuf ans, Ionah n’étant encore qu’un jeune adolescent. Mais elle ne l’a pas laissé démuni. Elle lui a appris à avoir un cœur de pierre, à se battre et à ne jamais pleurer, à survivre enfin, car c'est au seul prix d...

"Pas les mères" - Katixa Agirre

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D’un côté, un sordide fait divers qui secoue l’Espagne -le temps des quelques jours que lui octroient la macabre richesse de l’actualité et la versatilité de ceux qui s’en abreuvent- : Alice Espanet a commis l’inconcevable en noyant ses bébés (des jumeaux) dans leur baignoire. De l’autre, une narratrice elle-même maman depuis peu, d’un petit Erik qu’elle aime profondément bien que sa grossesse ait été plus fortuite que désirée, mais qui depuis son accession à la sacrosainte maternité, a la vague impression que sa vie se réduit à une succession de tâches ingrates, abêtissantes, et qu'elle se perd, installée dans une existence de tiédeur et de pragmatisme, agréable mais vide de tout feu. Il faut dire que l’événement est tombé au mauvais moment, celui où elle avait enfin atteint l’un de ses rêves, en obtenant pour son premier roman -un thriller politique- une reconnaissance concrétisée par un prix littéraire. A la fois déterminée à redevenir soi-même et obsédée par la figure d’Alice E...

"L'enfant des colonels" - Fernando Marías

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"Pourvu que tu ne rencontres jamais personne comme lui. Mais moi, j’étais ambassadeur et je devais faire avec. Et j’ai fait avec…" Fernando Marías pratiquait dans son roman " Je vais mourir cette nuit " l'art d'une concision tranchante et efficace. Avec "L'enfant des colonels", il déploie une intrigue dense et protéiforme, dont il maîtrise parfaitement toutes les facettes. Ainsi, malgré ses multiples ramifications, le lecteur ne s'y perd jamais.  Au cœur de cette intrigue, un manuscrit, rédigé par Victor Lars à l'attention d’une de ses vieilles connaissances, le professeur Laventier. Les deux hommes se rencontrèrent dans les années 30 à Paris où ils suivaient des études de psychiatrie. Avec la guerre, leurs chemins se sont séparés et leur amitié défaite. Laventier, héros malgré lui pour avoir (sans le savoir) secouru Jean Moulin, est devenu une figure de la résistance. Victor, lui, a servi aux côtés des pires représentants de l'occu...

"Les défenses" - Gabí Martinez

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"La folie me concède la froide sincérité du visionnaire monstrueux qui se contente de transmettre crûment. La coquille de la sagesse défaite, aucune diplomatie n'incite à feindre. L'avenir devrait se concevoir à partir de cette absence de bruit et de désir d'étalage." Curieux roman que celui de Gabí Martinez, dont on ne sait pendant longtemps où il nous mène… Sa genèse même est singulière, faisant suite à la rencontre de l’auteur, lors d’une manifestation culturelle, avec Camilo Escobedo. Ce dernier, neurologue à Barcelone, lui apprend que pendant une époque de sa vie, il est devenu fou à lier. Ainsi est né "Les défenses", roman de l’impuissance face à laquelle place la folie. En 2006, Camilo tombe malade pour des raisons inconnues. Suite à une crise de démence au cours de laquelle il agresse des proches, il est hospitalisé puis interné dans un établissement psychiatrique n’accueillant que du personnel médical (cachez ces soignants fous que n...

"Le poids du cœur" - Rosa Montero

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"Nous sommes des êtres fugaces et nous le sommes tous, très chère." Où nous retrouvons Bruna Husky, l'androïde (ou "réplicante") rencontrée dans " Des larmes sous la pluie ". Pour ceux qui n'auraient pas suivi ses premières aventures, Bruna est une citoyenne des Etats-Unis de la Terre, unifiée après les guerres successives ayant marqué le XXIème siècle. La durée de son existence, comme celle de tous les androïdes, est limitée à dix ans. "Mise en production" à l'âge de vingt-cinq ans, elle est donc condamnée à mourir à celui de trente-cinq, après une détérioration aussi spectaculaire que douloureuse. Qu'importe, me direz-vous, puisqu'il s'agit d'un robot ? Eh bien, ce n'est pas si simple... ces "réplicants", comme ils sont le plus souvent désignés, sont dotés d'une mémoire artificielle, censée les "humaniser" en leur donnant un passé, des souvenirs, et donc des émotions. Et d...

"Tout cela je te le donnerai" - Dolores Redondo

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"La seule chose qui puisse libérer de la pire des souffrances un homme bon est la douleur d'autrui". Je tourne depuis un moment autour de la "trilogie basque" de Dolores Redondo, et je me suis dit que commencer sa découverte par un autre de ses titres (sans m'engager pour trois volumes) pouvait constituer une bonne introduction à son oeuvre... Or, à l'issue de cette lecture, je ne suis pas sûre d'avoir très envie de renouer avec son écriture... Le monde de Manuel, écrivain, s'écroule avec la mort de son mari Álvaro dans un accident de voiture. Le choc lié à la brutalité de cette disparition s'accompagne d'une douloureuse incompréhension avec la révélation de mensonges et de secrets dissimulés par le défunt. Ce dernier était censé avoir coupé les ponts avec une famille qui n'avait jamais accepté son homosexualité... Or, Manuel apprend que son conjoint non seulement continuait d'entretenir des liens avec les siens, mais q...

"Cette putain si distinguée" - Juan Marsé

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Trous de mémoire. Espagne, début des années 80. Le narrateur, écrivain en mal d'inspiration, est sollicité par un producteur de cinéma pour écrire le scénario d'un film qui s'inspirera d'un fait divers survenu trois décennies auparavant : l’assassinat, par l'un de ses amants, d'une prostituée, perpétré dans la cabine de projection du cinéma où travaillait le meurtrier. Peu convaincu par ce projet, il laisse néanmoins le pragmatisme et la perspective d'une rémunération bienvenue l'emporter sur sa dignité. Fermín Sicart a purgé sa peine. C'est un homme vieillissant, dont l'insignifiance surprend. Le romancier organise des rencontres avec lui, afin de reconstituer non seulement le crime mais aussi les circonstances qui l'ont précédé. Il en résulte des interviews fondées sur la traque d'une vérité illusoire, soumises aux tergiversations de la mémoire de l'interrogé, somnambule et capricieuse. Fermín se souvient avoir tué mais a o...

"Des larmes sous la pluie" - Rosa Montero

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"Cesser de se rappeler détruit le monde." Le roman de Rosa Montero nous immerge dans un contexte (malheureusement) familier : montée du populisme, recrudescence de la méfiance et de la stigmatisation envers les communautés minoritaires, entretien par les médias du sentiment d'insécurité... c'est pourtant dans le futur que se déroule son récit, plus précisément au début du XXIIème siècle, à Madrid. Les grandes nations de la planète ne forment plus qu'une unique fédération : les Etats-Unis de la Terre. Les progrès de la conquête spatiale ont permis d'explorer (et d'exploiter) de nouveaux horizons, et à certaines sectes d'illuminés de s'exiler sur des îlots artificiels flottant dans l'espace. Le réchauffement climatique et la pollution croissante ont fait de l'eau une denrée hors de prix, et le dernier ours est mort depuis longtemps, son ersatz (un clone) s'ébattant sur les rives artificielles d'un muséum madrilène. La banalit...

"Pepita Jiménez" - Juan Valera

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Dieu versus Pepita. "Pepita Jiménez" est la pseudo transcription d'une liasse de documents appartenant au doyen de la cathédrale de ***, comprenant pour l'essentiel des lettres de son neveu, dont le contenu est ensuite éclairé par le témoignage du doyen sur les faits qui y sont relatés.  Le neveu, dont l'éducation a été confiée depuis ses 10 ans à son oncle, séminariste, maintenant âgé d'une vingtaine d'années, va bientôt être, selon son plus cher désir, ordonné prêtre. Auparavant, il rend visite à son père, cacique d'un village andalou. C'est donc depuis sa région natale qu'il écrit à son oncle -le fameux doyen-, notamment pour évoquer sa rencontre puis les relations qui vont l'unir à Pepita Jiménez, jeune femme à qui son père fait la cour. Issue d'un milieu modeste, cette dernière est devenue riche à la mort de son époux octogénaire. Propriétaire de vergers et d'élevages, la jolie Pepita, coquette sans ostentation, pi...

"La folle du logis" - Rosa Montero

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"Voilà ce qu'est l'écriture : un effort pour transcender l'individualité et la misère humaine, un désir de s'unir aux autres pour former un tout, une volonté de conjurer l'obscurité, la douleur, le chaos et la mort". Après la lecture de " Glose ", que j'ai pourtant beaucoup apprécié, j'avais des envies de romanesque, de fluidité. Aussi, lorsque j'ai entamé la lecture de "La folle du logis", et découvert qu'il s'agit d'un essai, me suis-je dit "mauvaise pioche"... Une déception bien vite évaporée, car on comprend rapidement que nous sommes loin, ici, de tout académisme. Rosa Montero nous livre, plus qu'une analyse, le ressenti né de ses expériences, réelles ou inventées, les enrichissant de la parole d'autres écrivains ainsi que de diverses anecdotes qui s'intègrent naturellement à son récit et le pimentent. Sa réflexion a d'ailleurs, ainsi qu'elle l'admet elle-même, em...

"Les lois de la frontière" - Javier Cercas

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Brigand héroïque ou simple voyou ? Comme dans " Les soldats de Salamine ", Javier Cercas utilise comme matériau, pour nourrir l'intrigue des "Lois de la frontière", les éléments collectés par un auteur en vue de l'écriture d'un ouvrage. Et comme dans "Les soldats de Salamine", il y explore la fragilité de la limite séparant la fiction de la réalité. Ce titre est ainsi la transcription des entretiens de cet auteur avec quelques-uns de ceux qui ont connu celui qui sera au centre de son ouvrage : Zarco, grande figure du banditisme catalan des années 70.  L'essentiel de ces entretiens se déroule avec Ignacio Cañas, avocat qui, dans une ancienne vie à laquelle rien ne le prédisposait et qu'il a toujours dissimulée à son entourage, fit partie de la bande de Zarco, au sein de laquelle il était surnommé Le Binoclard. Lycéen sans histoires issu d'une classe moyenne aussi discrète que laborieuse, Ignacio fit la connaissance de Za...

"La pièce obscure" - Isaac Rosa

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De la séduction de l'aveuglement... Parce qu'ils ont fortuitement expérimenté, à l'occasion de l'obscurité provoquée par une coupure d'électricité dans la salle louée pour leurs réunions amicales, une ébauche d'ébats collectifs, ils ont décidé de créer un lieu où ils pourraient, quand bon leur semblerait, se replonger dans des conditions propices à cette communion des corps. Ainsi est née la pièce obscure, où le moindre rai de lumière a été occulté, où le silence s'est naturellement imposé, et où durant quinze ans, ces amis se sont retrouvés, au fil de réunions au départ hebdomadaires puis d'allées et venues aléatoires, parfois tous ensemble, parfois à deux, à trois, à quatre, ignorants la plupart du temps de l'identité des autres membres présents, protégés par un anonymat permettant à la fois intimité et désinhibition. La pièce obscure est peu à peu devenue bien plus que la simple possibilité d'expériences sexuelles. Espace de médit...