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Affichage des articles associés au libellé Israël

"Et la guerre est finie" - Shmuel T. Meyer

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"Nous allions vers l’effroi, irrémédiablement, vers des jours poisseux comme une nappe de pétrole." "Et la guerre est finie" est une trilogie constituée de trois recueils de nouvelles qui nous emmènent, au gré de textes souvent très courts (pas plus de deux, trois pages pour la plupart), de l’Europe aux Etats-Unis, en passant par Israël. " Les grands express Européens " se présente comme les différents motifs d’une fresque dont les détails du décor importent autant que le thème central. Au fil des textes, nous croisons une multitude de protagonistes dont plusieurs ont pris le même train de luxe traversant l’Europe, au cours d’un trajet rendu macabrement mémorable par le suicide d’une femme qui s’est jetée sur les rails, puis de manière plus anecdotique par l’évanouissement conséquent de la star de cinéma présente à bord.  Les liens entre quelques protagonistes se tissent peu à peu, tout en restant parfois ténus ; l’évocation régulière de certaines personna...

"Incident au fond de la galaxie" - Etgar Keret

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Des fourmis qui s'agitent... En une profusion de vingt-deux textes souvent très courts, Etgar Keret fait se percuter tragédies existentielles et anecdotique avec une inventivité et un humour grinçant qui dans un premier temps mettent en évidence la dimension absurde -voire complètement déjantée- de ses textes. Mais assez vite, tout en continuant de savourer son sens du burlesque et ses affinités pour l’étrange, le lecteur y décèle aussi l’expression de la mélancolie, voire de la détresse, qui hantent la plupart de ses personnages. De nombreuses nouvelles évoquent ainsi les stratégies manipulatrices ou les procédés pathétiques que déploient les individus pour s’assurer de l’affection de leurs proches, pour susciter chez l’autre une manifestation de gratitude ou d’intérêt leur donnant, ne serait-ce que pendant un instant, l’illusion de leur propre valeur. Parmi eux, cette mère qui profite de la déficience mentale de son fils pour le rendre complétement dépendant d’elle, ou cet ho...

"Réveiller les lions" - Ayelet Gundar-Goshen

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"On vit tous en supposant que ce qui a été sera". Le docteur Ethan Green est un homme honnête, incorruptible. La preuve, il a refusé de toucher des pots-de-vin et menacé de dénoncer son moins scrupuleux chef de service, son mentor pourtant, auprès duquel il exerçait à l'hôpital de Tel-Aviv. Résultat, le voilà relégué dans un établissement de seconde zone à Soroka, ville de poussière et de médiocrité. Un drame, plus précisément un accident, le confronte aux limites de son intégrité... Lors d'une virée nocturne en 4x4 dans les dunes du désert proche de Soroka, il écrase un homme, un noir d'origine érythréenne, un clandestin. Après de vains efforts pour le réanimer, il fuit sans donner l'alerte. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'un témoin a assisté à toute la scène... assez vite, la veuve de l'individu se présente à sa porte. Sirkitt l'érythréenne est belle, et d'une dureté stoïque. Elle lui impose un marché : son silence contr...

"Scènes de vie villageoise" - Amos Oz

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Chronique fantastique (ou fantastique chronique...). Le reproche qui est souvent fait aux recueils de nouvelles est leur manque de cohésion, d'homogénéité. Reproche que l'on ne saurait faire à ce titre d'Amos Oz, dont les textes sont liés par un point commun qui les cimente en une habile et solide construction : le village de Tel-Ilan.  Chaque récit, qui s'attarde sur l'un de ses habitants, représente ainsi une facette de cette bourgade séculaire, environnée de champs, de vignes et de vergers, dominée par le Mont Manassé, dont les nuits apparemment paisibles sont parfois traversées du cri d'un chacal, ou du miaulement des chats errants fouillant les poubelles. Une bourgade qui connait des mutations, devenant peu à peu un lieu de villégiature secondaire. Les étrangers, venus de la ville, y sont de plus en plus nombreux, créant une effervescence jusqu'alors inconnue de ce village où tout le monde se connaissait... Le samedi, les voitures envahissent le...

"Une panthère dans la cave" - Amos Oz

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"Chaque chose possède un côté obscur, en quelque sorte. Et l'ombre elle-même ne fait peut-être pas exception". 1947, Jérusalem. L'empire britannique occupe encore (mais plus pour très longtemps) la ville, soumise au couvre-feu le soir tombé. Le narrateur, jeune adolescent surnommé "Profi" (prof) par ses amis en raison de son amour des mots, vit dans un quartier dont la plupart des habitants sont, comme ses parents, des réfugiés d'Europe de l'est et d'Allemagne. Son père et sa mère ont perdu leur famille dans les camps, et sont encore hébétés par le silence du monde face à l'holocauste. Ces déracinés sont pour la plupart des êtres discrets, cérébraux, dont le teint blême et l'allure malingre tranche avec l'air résolu, la large carrure et le visage hâlé des juifs des kibboutz. C'est du moins ainsi que Profi les imagine, s'amusant de ce que, pour réduire cette différence, les immigrés européens gavent leurs enfants de ...

"Badenheim 1939" - Aharon Appelfeld

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"Le secret et la crainte accompagnant une nouvelle compréhension enveloppait de plus en plus les gens". Badenheim, ville thermale d'Autriche, s'apprête en ce printemps 1939 à accueillir le festival de musique qu'y organise chaque année l'imprésario Papenheim, qui montre comme d'habitude un empressement inquiet à l'idée que des musiciens lui fassent faux bond. Les estivants présents, issus pour la plupart de la bourgeoisie, y ont également leurs habitudes. Les discussions se tiennent autour d'une pâtisserie ou d'un thé pris à l'hôtel, les jardins du Luxembourg accueillent les promeneurs... Seule Trude, la femme du pharmacien, prise depuis quelque temps d'une mélancolie morbide, ne goûte pas la gaieté du printemps qui s'annonce. Suite à l'intrusion dans l'euphorie et l'agitation ambiantes, de représentants des services sanitaires, l'angoisse et la suspicion s'infiltrent subrepticement, et l’atmosphère des li...

"Histoire d'une vie" - Aharon Appelfeld

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Empathie. C'est presque pêle-mêle qu'Aharon Appelfeld nous livre les souvenirs d'une enfance à la fois tragique et extraordinaire. Fils unique d'un couple de "bourgeois juifs assimilés" d'une petite ville des Carpates, sa vie bascule avec l'arrivée de la guerre, qui fait de lui un orphelin. Il va connaître la déportation, puis la fuite et la survie, seul dans la forêt, après son évasion du camp où il était interné. J'ai ressenti plusieurs fois, au cours de ma lecture de "l'Histoire d'une vie", l'impression de recevoir un coup de poing au ventre, tant ce récit exprime de souffrance. Et pourtant, nulle description, ici, des horreurs vécues par l'auteur dans le ghetto ou dans le camp de déportés où il échoue à l'âge de 8 ans... il ne s'étend pas non plus sur les mauvais traitements que lui firent subir les personnes chez lesquelles il trouva refuge après son évasion dudit camp. Et comment le pourrait-il ? N...