"Kramp" - María José Ferrada
"A huit ans ou presque, j’avais découvert que D. n’était pas très doué comme père, mais que c’était un excellent employeur." " Tout est possible dès lors qu’on a l’esprit décidé et le bon costume ". Telle est la conviction qui s’est emparée de D. le jour où l’homme a marché sur la lune, et qui l’a décidé à se lancer dans une carrière de vendeur d’articles de quincaillerie. C’est ainsi qu’il est devenu commercial pour la marque Kramp, et qu’il a par ailleurs rencontré en novembre 1973, alors qu’elle faisait du stop pour se rendre à l’université, la "plus belle femme du monde", avec laquelle il s’est marié. A l’âge de sept ans, leur fille, M., décide d’être son assistante. La fillette obtient gain de cause grâce à sa ténacité et au fait que sa mère, " quittée par une partie d’elle-même ", est partiellement absente (du moins mentalement) du foyer. M. est la narratrice, et elle revient sur cette période de son enfance où, entre comptoirs de quincail...