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"Pukhtu – Primo" - DOA

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"La guerre est mère de toutes les commémorations mais c’est une mauvais mère, elle ne respecte rien, ni les grandes idées, ni les hommes, elle les dévore et leur survit. Toujours." 2008.  Les forces de coalition de l’OTAN mènent depuis sept ans leur guerre contre le terrorisme en Afghanistan, où les talibans, éjectés du pouvoir en 2001, regagnent peu à peu du terrain et le soutien de la population. C’est notamment le cas le long de la frontière avec le Pakistan, dont les autorités mènent un double jeu, luttant officiellement contre le terrorisme, pendant que certaines factions de leurs services secrets, par crainte de la montée en puissance du voisin et ennemi de toujours, l’Inde, le soutiennent. Dans le même temps, le pays est redevenu le premier producteur mondial de pavot, manne financière non seulement pour les insurgés, qu’elle permet de s’équiper en armes, mais aussi pour une population qui, souffrant d’une extrême pauvreté, vivote des miettes que lui laissent les trafi...

"L’enfant noir" - Camara Laye

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"Je n'avais pas l'âge ni la curiosité d'interroger les vieillards, et, quand enfin j'ai atteint cet âge, je n'étais plus en Afrique." L’auteur se remémore son enfance, puis ses années étudiantes.  Il grandit à Kouroussa, un village de Haute Guinée, dans un environnement fortement imprégné de traditions et de magie. Son père est forgeron et orfèvre. Son atelier, où l’enfant aime observer la dextérité paternelle, est la pièce maîtresse de la concession, constituée de plusieurs cases, où vit la famille. En tant qu’aîné, le narrateur vit, entouré de grigris pour éloigner les mauvais esprits, dans la case de sa mère, femme indépendante et un peu sorcière, à la personnalité imposante.  A la saison des moissons, il rejoint sa famille maternelle (oncles et grand-mère) à la campagne, à quatre heures de marche. Il y fait paître le bétail, se livre à des jeux d’extérieur, un peu engoncé dans ses vêtements de citadin qui font sensation auprès de ses camarades. Il s’y ...

"Zola à bicyclette - Libre et dans le vent" - Jean-Paul Vespini

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"À bicyclette, je vis dans le vent, je ne pense plus et rien n'est d'un aussi délicieux repos." Toute la presse est en émoi et, il faut bien le dire, un peu moqueuse : Emile Zola, au mépris de son embonpoint, s’est offert une bicyclette ! Et pas n’importe laquelle. Il a porté son dévolu sur une Rudge à mille francs (le double du prix moyen d’un deux-roues), dotée des dernières innovations techniques : un cadre, un frein avant, et des pneus à air. Il est le deuxième acquéreur de ce modèle de luxe, le premier ayant été vendu à Charles Terront, qui vient de réaliser l’exploit de relier Saint-Pétersbourg à Paris à bicyclette, justement ; 3000 kilomètres de chemins défoncés, parcourus en 14 jours, 7 heures et quelques minutes. Zola amène sa bicyclette à Médan, où il a sa maison de campagne, et en commande une deuxième pour Jeanne, sa maîtresse de vingt-sept ans sa cadette, qu’il installe pour l’été à Verneuil, et qu’il pourra ainsi aller visiter à vélo… Sa femme Alexandrin...

Pause...

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  L'heure du départ a enfin sonné ! Séjour au vert et au calme, entre Vercors et Diois, lectures, marches et baignades en rivière... Voici venu le temps de mettre le blog en pause, puisque les vacances sont synonymes de déconnexion totale, sans écran ni internet. Il y aura tout de même un peu de vie par ici, avec deux billets programmés en mon absence, un  le 15 août , à l'occasion des  Escapades Européennes de Cléanthe sur le thème du voyage ,  et un  le 25 août , dans le cadre des  "Classiques fantastiques" de Moka, qui nous invite à lire des classiques africains . Vous pourrez bien sûr commenter ces billets, mais je ne validerai et répondrai à vos commentaires qu'à mon retour, fin août. ************************************** Le programme de la rentrée sur le blog est déjà partiellement établi. Il y aura encore quelques  Pavés , voire des  Epais , ainsi qu'une participation au défi que propose Philippe autour des "Trilogies et séries de l'été",...

"Apeirogon" - Colum McCann

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"Quand on est sur la corde raide... on regarde au loin. Pas en bas." On y apprend ce qu’est un apeirogon (je ne suis pas sûre d’avoir compris, j’ai toujours eu du mal avec la géométrie), et ce qui définit les nombres amicaux. Que le bois d’olivier se conserve même dans l’eau, ou comment les dolines de la mer Morte peuvent engloutir des bâtiments et de portions de routes. Il y est beaucoup question d’oiseaux, notamment des migrateurs, mais aussi des ortolans qui ont constitué le dernier repas de François Mitterrand. Récurrentes aussi, les données balistiques, l’histoire des armes et leur utilisation, de la fronde aux drones, en passant par le shrapnel ou le M-16. La guerre y est ainsi omniprésente, et avec elle cette éternelle propension qui semble pousser les hommes à la mener, l’inventivité -voire l’imagination délirante- avec laquelle ils ont conçu, à travers les siècles, les moyens de tuer et de torturer leurs semblables. Mais ce n’est pourtant pas sur cela que Colum McCan...

"Stöld" - Ann-Helén Laestadius

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"Un lapon mort est un bon lapon." Elsa, neuf ans, fillette samie, vit dans un village proche du cercle polaire arctique, au nord de la Suède. Son quotidien est rythmé par les coutumes de la communauté dont elle fait partie, inextricablement liées à l’élevage de rennes qui, plus qu’un moyen de subsistance, constitue le fondement du mode de vie sami. L’existence aurait pu être paisible, entourée de parents attentionnés -malgré l’humeur souvent maussade de la mère- d’un frère adolescent un peu rebelle, et d’une extravagante grand-mère. C’est pourtant une enfant pétrie d’angoisse, qui se sent désespérément seule depuis qu’elle a été témoin d’une scène qui ne cesse de la hanter, celle d’un homme la menaçant en silence alors qu’il venait juste de tuer son faon…  Cet homme, c’est Robert Isaksson, du village voisin, tueur de rennes notoire. Et il n’est pas le seul. Ce n’est pas la première fois que les éleveurs ont à déplorer la perte d’une bête… et les coupables se cachent à peine, ...

"Des murmures" - Ashley Audrain

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"Est-ce qu'on va faire comme si rien ne s'était passé ?"  Leurs voisins sont réunis chez les Loverly. Les femmes sont parées de leurs accessoires les plus coûteux, les hommes ont sorti leur plus belle paire de chaussures. Le traiteur est formidable, la maison moderne et luxueuse, les photos diffusées sur les réseaux sociaux rendront forcément justice à la perfection du moment… perfection soudainement égratignée par un incongru accroc : depuis la fenêtre ouverte d’une chambre à l’étage, on entend la maîtresse de maison hurler des insultes à Xavier, son fils de dix ans. Neuf mois plus tard, c’est depuis cette même chambre que Xavier fait une chute qui provoque son coma.  S’intéressant aux femmes qui orbitent autour de ce drame, l’auteure reconstitue les événements qui l’ont précédé. Elles habitent toutes Harlour Street, rue d’un ancien quartier populaire d’immigrés portugais en dernière phase de gentrification, où hôtels de luxe, épiceries végan et boutiques hors de pri...