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"La tournée" - Maxime Rossi
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"Être infirmier libéral, c’est pousser la porte. Derrière, il y a l’opportunité d’une rencontre." Au vu des points communs qui lient l’auteur et son héros, on comprend sans peine que "La tournée" se nourrit abondamment de la propre expérience du premier. Après avoir été libraire pendant quinze ans, Maxime Rossi, désireux d’exercer un métier plus "proche de la vie", s’est formé comme pompier et infirmier. C’est aussi le cas de son narrateur, dont nous suivons, sur une journée, la tournée d’infirmier libéral. Elle débute à cinq heures du matin, au moment où il prend la route au son de Bob Marley et au volant de sa vieille Mercedes, qui lui sert aussi de bureau, et dont le tableau de bord est jonché de livres. Nous pénétrons à sa suite dans les intérieurs d’une patientèle dont des bribes d’intimité sont révélés par des détails -reliefs d’un dîner, contenu d’une bibliothèque-, qui souvent disent la vieillesse et la solitude. Car si l’occasion se présente par...
"Châtiment"- Percival Everett
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"Doux Jésus, fit Daisy. Il est vraiment neuneu, ce gamin. Y saurait même pas vider la pisse d’une botte avec le mode d’emploi écrit sur le talon…" C’est par ironie que la ville de Money, Mississippi, a été ainsi nommée. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les citoyens aux côtés desquels nous y pénétrons ne brillent pas par leur richesse intellectuelle… Le ton est immédiatement donné, et le contexte planté. Nous voilà plongés dans l’univers des rednecks , des " trouducs portant des casquettes Trump ", partagés entre fou rire et affliction face à leur vulgarité, leur bêtise crasse et leur méchanceté. Et ce n’est pas du mépris de classe de ma part, c’est juste ainsi que nous les présente l’auteur, forçant volontairement le trait et abusant des clichés. L’intrigue débute avec le drame qui touche l’une de ces familles de ploucs, les Milam, dont le cadavre du chef de famille est retrouvé dans sa maison, émasculé, aux côtés du corps sans vie d’un noir de petite taill...
"Au cœur d’un été tout en or" - Anne Serre
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"Dans les nouvelles, les romans, il y a souvent des chutes en forme d’explication qui permettent d’avaler une histoire et de bien la digérer. Dans la vie, parfois, il n’y en a pas." C’est un court recueil, composé de trente-trois textes eux-mêmes très brefs, dépassant rarement les trois, quatre pages. Ils évoquent des épisodes assez hétéroclites : anecdotes à caractère personnel ou concernant des célébrités, souvenirs d’enfance, fictions parfois empreintes d’étrangeté… La quatrième de couverture les définit comme des "facettes", et cela me semble assez juste, car des récurrences lient l’ensemble, la plus évidente étant la présence de cette narratrice anonyme, qui semble être toujours la même, et qui est écrivaine. Des thématiques reviennent par ailleurs régulièrement dans les récits, comme celle du mystère que constitue la multiplicité des êtres, la part inconnue des autres ou de soi-même -possiblement génératrice d’angoisse, mais aussi source de richesse- ou encore...
"Proies" - Andrée A. Michaud
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"Non, cette enfant ne sortirait jamais du bois." La forêt qui jouxte le village de Rivière-Brûlée est une forêt sans légende, à laquelle n’est lié aucun souvenir de drame. Elle va pourtant devenir le lieu du calvaire de trois adolescents partis y camper. C’est le cœur léger que partent Alexandre, Abigail et Judith, pour cinq jours d’escapade en totale liberté. Au programme baignades, balades, bières, et histoires effrayantes à raconter au coin du feu. Mais assez vite, le séjour s’assombrit d’une inquiétante étrangeté. Les jeunes se sentent observés, et des traces de passage sur leur campement confirment bientôt qu’il ne s’agit pas que d’une impression. Le lecteur quant à lui les sait épiés, et même par qui, puisque l’auteure nous installe par intermittences aux côtés du prédateur, dont la cruauté décomplexée laisse présager le pire. C’est qu’il se divertit, lui, à l’idée d’instiller la terreur au sein du trio dont la jeunesse l’excite, à qui il va imposer une chasse macabre....
"La disparition d’Hervé Snout" - Olivier Bordaçarre
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"Le patron est invité, toujours avec une main autour du quiqui et une clé du poignet droit à la limite de lui tresser le radius avec le cubitus, à entrer en lui-même pour constater, déjà, les premiers signes d’un changement radical de comportement." Les Snout ont réussi, passant de la caste des salariés sans envergure à celle de ces petits-bourgeois que l’on désigne communément comme des "parvenus". L’ostentation de leur pavillon cossu, avec ses colonnades et sa décoration intérieure un peu kitsch, les inscrit d’ailleurs dans ce cliché. A trente-huit ans, Odile Snout est une belle blonde énergique, compétente dans son travail, qui passe son temps libre à reproduire sur toile des chefs-d’œuvre impressionnistes. Le foyer compte par ailleurs deux adolescents, des jumeaux on ne peut plus dissemblables. Tara est une fille brillante mais inadaptée au milieu scolaire, une rebelle qui s’adonne à la course à pied de manière compulsive et refuse depuis quelque temps de manger...
"Les forces" - Laura Vazquez
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"Les heures étaient longues dans mon enfance, mais je ne me suis pas tuée. J’ai l’air calme. Plus jeune, je cherchais tout. Et je pouvais rester devant les fleurs à la recherche de la scène : un pétale en train de tomber. Je voulais des scènes." Certaines lectures sont l’occasion d’une rencontre mémorable avec une plume, s’achèvent sur la certitude d’avoir découvert une voix inédite. Laura Vazquez est poète, et cela se vérifie dans chaque phrase de ce texte incroyable, par le soin apporté au choix des mots et aux images -souvent improbables mais toujours justes- qu’ils convoquent, par la musicalité qu’ils façonnent et le rythme qu’ils instaurent, qui donne d’emblée la sensation que voix de la narratrice investit votre esprit. Narratrice qui nous emmène dans un singulier périple, guidés par son regard dont l’intransigeante acuité met à nu l’absurdité et la violence du monde, mais se révèle aussi capable de transcender les apparences pour capter la beauté de l’insignifiant. Une...
C'était 2025...
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Voici venu le temps de la rétrospective annuelle… D’abord quelques chiffres et événements littéraires/bloguesques marquants : ******** En reparcourant la liste des titres lus cette année, je réalise que les gros coups de cœur ont été peu nombreux, mais que j’ai en revanche beaucoup apprécié la plupart de mes lectures, notamment pour leur diversité -classiques et primo-romans, nouvelles, polars, non-fictions … Les nombreuses activités que vous avez proposées tout au long de 2025 ont une fois de plus été l’occasion de faire d’enrichissantes découvertes, en explorant des territoires inhabituels. Plutôt que d’effectuer un classement, j’ai donc préféré répertorier les livres qui ont constitué des moments forts de mon année de lecture (cliquer sur les images pour accéder au billet correspondant). S’il fallait n’en retenir qu’un Le classique enfin lu (et adoré) L’auteure, décidemment, à suivre Le sans précédent Le défi personnel Le premier roman TRES prometteur Le divertis...