"La grande à bouche molle" - Philippe Jaenada

Dissection d'un héros.

Détective privé dans une modeste agence d’investigations parisienne, Philippe Jaenada se voit confier une mission de routine : recueillir les preuves de l’infidélité d’un époux volage. Suite à un malheureux concours de circonstances, il se retrouve à sillonner les autoroutes du sud de la France en compagnie d’une jeune femme qu’il a prise en stop dans une station-service, et mêlé à une sombre affaire de meurtre et d’enlèvement.

Dans ce 2ème roman que j’ai découvert de l’auteur, j’ai retrouvé avec grand plaisir LE style Jaenada. Mais qu’est-ce donc, me direz-vous (si vous n’avez pas encore eu la chance d’ouvrir un ouvrage du maître) ?! Eh bien tout d’abord, ledit Jaenada est Le Roi de la digression : chaque situation, chaque rencontre est le prétexte à d’interminables analyses et associations d’idées. Plus que le récit d’événements, qui finalement en deviennent presque secondaires, ses romans sont des incursions dans l’esprit parfois tortueux et fantasque du héros. Une véritable dissection cérébrale !

Autre caractéristique du style propre à l’auteur, son sens de l’humour inaltérable : même les situations les plus dramatiques deviennent burlesques, car il fait preuve d’un sens de l’autodérision et d’une naïveté quasi enfantine dont il parvient de surcroît à donner l’impression qu’ils sont involontaires. Comme s’il ne le faisait pas pour nous faire rire, mais parce qu’il est vraiment comme ça (peut-être est-ce d’ailleurs le cas..).

Le résultat, c’est bien sûr que l’on s’amuse, et qu’il se crée entre le narrateur et nous une intimité qui le rend proche et sympathique. Et puis, dans ses délires imaginatifs, ses complexes et ses interrogations, ses lâchetés, je crois que l’on retrouve un peu de nous-mêmes. Non ?

Pour résumer, un moment de lecture à la fois hilarant et touchant.

Commentaires

  1. OUAIS ! Philippe Jaenada, Président des Chats ! :-)

    Sérieusement, je le sens bien parti pour bouter les précédents aristos hors de nos cœurs. "La grande à bouche molle", je l'ai lu il y a un an environ, dans le train... car il y a les romans de gares, et ceux dont on parle moins, les romans de trains. Un roman de train, c'est quand même le top du top... parce qu'il faut qu'il soit vachement bon pour qu'on ne le lâche pas alors qu'il y a un bébé qui chiale dans le wagon que la baie vitrée fait loupe que votre voisin de droite sent la transpiration et que celui d'en face sent la droite et fait une tête goguenarde en dévorant le Figaro (oui, pensez-donc, il y a un an, les présidentielles venaient juste de passer...). Je lui aurais bien mis un coup de beretta, moi...

    RépondreSupprimer
  2. Je suis en train de lire "Le Chameau sauvage", mais cette critique fait aussi très envie !
    Par contre, je ne sais pas qui est le coupable... Mais quel est ce rose fluo, criard, dans le titre ? On a commencé avec un violet sobre, et au fil des semaines, les couleurs de titres sont de plus en plus pétantes !!

    RépondreSupprimer
  3. D'autant qu'en plus, là, ça jure avec la couleur de la couverure du roman...

    RépondreSupprimer
  4. (merci les filles de noter que la mise en page en a perdu depuis que j'ai passé la main à Zaph :-)

    (heureusement il part bientôt en vacances, ça va s'arranger !)

    RépondreSupprimer
  5. Zaph est daltonien !

    RépondreSupprimer
  6. Regardez-moi ce petit brigand ;)

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire