Daphné du Maurier - "Portrait maison"

Il était une fois...

Une petite fille prénommée Daphné, issue d’une famille d’artistes célèbres : un papa –Sir Gerald Du Maurier- acteur, un grand-père –Georges- illustrateur, et auteur de Peter Ibbetson*. Devenue une jeune femme, élevée dans une grande liberté, et disposant de tout l’argent dont elle voulait, elle voyagea en Europe avec ses amis, participa à des croisières, et écrivit son premier roman (« La chaîne d’amour », 1931) dont le succès fut immédiat. L’année suivante elle épousa le major Frederick Browning, un bel officier avec lequel elle allait couler des jours heureux jusqu’à sa mort (de l’officier, pas de Daphné, qui survivra, elle, jusqu’en 1989) dans leur prestigieuse demeure de Manabilly, en Cornouailles.

Sa carrière d’écrivain ne fut pas en reste : dès 30 ans, elle était célèbre dans le monde entier, prodigieusement riche, et sans nul doute l’une des romancières les plus lues du monde britannique.
Un merveilleux conte de fées, en somme…

Et d’ailleurs, à une époque où la littérature anglaise traite de l’engagement politique et du totalitarisme, des formes de sociétés et des religions, les romans de Daphné Du Maurier parlent amour, aventure, nostalgie, suspense, sont parfois même « de cape et d’épée», avec leur lot de pirates, d’amours contrariées et de belles dames en péril… mais il serait injuste et un peu rapide de la reléguer dans la catégorie des auteurs populaires à grands effets.

En effet, son oeuvre révèle aussi son incontestable sens du mystère, et un talent certain pour créer des atmosphères parfois gothiques, nous transporter dans des lieux oppressants.

De même, à la lumière de l’histoire de sa vie, qui apparaît comme quasi-idyllique, on peut s’interroger sur les origines de cette inspiration qu’elle puise dans les rêves, les terreurs et les forces obscures de l’inconscient humain, qui sont la source de nombre de ses récits, dans lesquels il est question de meurtre et de passion, de nature sinistre et grandiose, du Mal, incarné souvent par un séduisant personnage… troublante également est la fascination pour son père, qui traverse toute son œuvre de façon ambiguë, à la fois captivante et dangereuse, voire mêlée au thème de l’inceste.
Alors… ? Si, comme certains le pensent, il est certain que Daphné Du Maurier ait intensément vécu les histoires qu’elle racontait, on peut supposer qu’il y a dans sa biographie de mystérieuses zones d’ombre. A moins tout simplement qu’elle n’ait bénéficié d’une imagination débridée…


Tout cela nous amène à une sacrément bonne nouvelle, non ? Eh oui, grâce à ce nouvel aristochat, vous pourrez remonter sur la trace des pirates et des contrebandiers, suivre le sillage d’inquiétants fantômes, plonger dans les affres de l’amour, trembler de peur devant des volatiles… et ce sous des formes diverses et variées puisque vous aurez le choix entre :

-des romans (« L’auberge de la Jamaïque », « Rebecca », « Le Mont-brulé », « Ma cousine Rachel », « Le vol du faucon »…)
-des recueils de nouvelles (« Les oiseaux », « Le pommier », « Le point de rupture »…)
-du théâtre (« September tide »)
-des biographies (« Golden Lags »…)
et même des « guides régionaux » (« Enchanted Cornwall »). 
Et la liste n’est pas exhaustive !!

Bonne lecture…

*Peter Ibbetson : célèbre roman à caractère autobiographique paru en 1891.)

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