"Le chantier" - Mo Yan

 Sur la route...

Un groupe de "rééduqués" -c'est-à-dire de condamnés à des peines légères- s'échine à la construction de la "Route de la Révolution Prolétarienne Constante". Le chantier, mobile, se déplace au fur et à mesure de la progression des travaux. Il est, au moment du récit, installé non loin du village de Masang, où certains ouvriers font quelques incursions nocturnes, tantôt pour tenter d'y séduire quelque femme esseulée, tantôt pour y chasser le chien qui, lorsque la faim devient trop pressante, constitue un supplément de nourriture bienvenu...

Le comportement des travailleurs fait un peu désordre dans une Chine régie par la discipline et le matraquage idéologique... Ils sont joueurs, buveurs, bagarreurs, sales, mais il faut préciser à leur décharge que les baraquements de fortune dans lesquels ils sont entassés ne sont pas vraiment propices au maintien de l'hygiène.

Nous faisons peu à peu plus amplement connaissance avec certains de ces hommes, avec les obsessions qui parfois les rongent, avec les souvenirs qui les hantent ou leur permettent de se donner du courage en attendant la fin de leur période de "rééducation", qui consiste à les faire renouer avec l'esprit de la Révolution, et à se plier docilement aux ordres parfois incohérents d'une hiérarchie tyrannique.

J'imagine qu'on peut qualifier le ton de burlesque, trouver la plupart des situations cocasses, contrastant volontairement avec le fond finalement tragique du récit. Le but de l'auteur est sans doute de mettre en avant l'absurdité et la cruauté d'un système qui convainc à coups de trique (réels ou psychologiques), et qui, sous de grands principes d'égalité et de partage, abrite corruption et cupidité.

Si je semble émettre quelques réserves, c'est parce que je n'ai pas réellement accroché à ce roman. Quant à vous expliquer pourquoi... disons que j'ai trouvé l'ensemble assez terne, les personnages plus agaçants qu'attachants.
J'ai eu le sentiment, léger et certainement subjectif, mais néanmoins gênant pour moi, qu'une sorte de raideur dans le style amoindrissait le potentiel truculent du texte. 
C'est pourquoi il s'agira probablement de ma première et dernière expérience avec cet auteur...

Commentaires

  1. Non, non, il faut que tu lises Grenouilles! Chantier était chiant à mourir :p
    Mais Grenouilles, ah, Grenouilles...

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    1. Bon, tu m'as convaincue de lui accorder, peut-être, une autre chance...
      Notons Grenouilles !

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  2. C'est dommage que t'aies pas aimé, j'adore Mo Yan. Mais il paraît que son meilleur c'est "La dure loi du karma". Et personnellement j'en lis toujours 2-3 d'un auteur avant de décrocher complètement. Mais bon, à chacun sa façon de fonctionner et merci de cette critique pcq je vais m'abstenir de ce "Chantier".

    À bientôt

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    1. On dirait que je n'ai pas choisi le bon titre pour découvrir cet auteur !!
      En ce qui concerne l'idée que je me fait d'un écrivain, disons que c'est variable. Je donne en général une seconde chance à ceux qui ne m'ont pas emballée, mais dont le premier récit lu comportait malgré tout un petit quelque chose qui me laissait entrevoir la possibilité d'un mieux...

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