"Maleficium" - Martine Desjardins

Pardonnez-moi, mon Père, car j'ai pêché...

Comme prologue à "Maleficium", un avertissement de son éditeur, sur la nature à la fois rare et prohibée du texte qui va suivre... et sur le risque d'excommunication qui guette celui qui s'aventurera à le lire...

Quoi de plus tentant ?

Ce récit se compose de confessions consignées par le prêtre Jérôme de Savoie au début du XXème siècle, celles de sept pêcheurs venus lui révéler l'abomination des punitions qu'ils eurent à subir pour avoir succombé à diverses tentations.

Ces hommes, animés de passions plus ou moins coupables (celui-là se pâmera devant la croupe d'une jeune fille, quand tel autre nourrira une véritable obsession pour les insectes, ou pour l'odeur du safran) ont voyagé dans de lointaines contrées, parcouru les routes du Cachemire et les terres de Zanzibar, ont rencontré de hauts dignitaires éthiopiens, ou d'inquiétants sorciers œuvrant au cœur du désert.
Ils ont surtout tous, à un moment ou un autre, croisé le chemin  d'une étrange créature dont le bec de lièvre n'était pas la pire de ses difformités, puisqu'elle exhibait de surcroit tantôt un sexe en forme de pistil, tantôt un nombril habité par une larve, et je ne vous dévoile pas toute la diversité de ses appas monstrueux et vénéneux...

Martine Desjardins nous enveloppe d'une atmosphère exotique, sensuelle, et en même temps capiteuse et délétère, presque écœurante. Son univers d'odeurs fortes, de chaleur lourde, est très évocateur, se fait une invitation au voyage, un voyage à la fois mystérieux et effrayant, mais fascinant.

Les confessions rapportées dans son roman se présentent comme des contes surnaturels et cruels dont la conclusion, surprenante, rehausse encore la qualité de l'ensemble.

"Maleficium" est un récit original et prenant que je vous invite instamment à découvrir.

>> Les avis de Nina et de La Ruelle Bleue.

Commentaires

  1. Ca a l'air vraiment très curieux comme ouvrage! Je ne suis pas certaine d'avoir tout compris mais en tout cas je suis intriguée par ce thème qui ne ressemble à rien de ce que j'ai jamais lu. Si jamais je tombe sur cet ouvrage...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je n'ai peut-être pas été très claire..
      Pour résumer : l'auteure imagine qu'un manuscrit secret et jusque-là resté caché a été retrouvé, dans lequel un prêtre, rompant le secret de la confession, détaille les récits que lui ont fait 7 hommes.
      Le roman est la transcription (imaginaire, bien sûr) de ces confessions.

      Et c'est vrai que c'est en partie son originalité qui fait l'intérêt de ce roman. Et aussi son atmosphère, assez étrange..

      Supprimer
  2. C'est toujours un peu fascinant, ces atmosphères de confessionnal. C'est sans doute ce qui m'a séduite dans "Morin, prêtre", de Béatrix Beck.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. D'autant plus que dans ce roman, l'atmosphère de confessionnal se mêle à l'évocation sensuelle et quasi érotique d'aventures vécues dans des contrées exotiques...

      Supprimer

Enregistrer un commentaire