"Rumba" - Alberto Ongaro

Sur un air de...

Quel plaisir, que celui de continuer ma découverte d'Alberto Ongaro avec le délicieux "Rumba" !
Avec ce titre, l'auteur nous immerge dans une ambiance à la fois noire, cocasse et rétro.

Brésil, années cinquante.
John B. Houston, qui a adopté ce pseudonyme en raison de la fascination qu'il éprouve pour le film "Le faucon maltais", après avoir roulé sa bosse à travers le monde, est devenu auteur de polars. Un coup de fil de Valentin, compagnon d'orphelinat qu'il n'a pas vu depuis quelques décennies, va être le départ d'aventures dignes de Sam Spade, le privé créé par Dashiell Hammett, et joué à l'écran par Humphrey Bogart.

Valentin sort d'une prison uruguayenne où il a échoué après un braquage raté. Avant d'être incarcéré, il a eu le temps de se prendre d'une irrésistible passion pour la magnifique Cayetana, fille d'une richissime famille carioca aux nobles origines, qu'il n'a pourtant aperçue que quelques instants. Pendant qu'il croupissait en prison, la jeune femme a été assassinée, et il n'a qu'une idée en tête : rentrer au Brésil, ce qui ne pourra se faire que clandestinement, car il y est persona non grata, pour venger la mort de la belle.

Transformé en détective privé, le romancier va naviguer en eaux troubles, son enquête le menant tantôt dans les bas-fonds de Rio, tantôt dans les cercles ultra privés de la jet set, croisant en chemin femmes fatales et milliardaires pervers, avec comme musique de fond l'entêtante et nostalgique rumba dolce y bonita...

Alberto Ongaro joue avec les codes du genre hard boiled, s'en réappropriant les clichés pour les parer d'un humour attendri. Ainsi, son roman au charme suranné oscille entre mélancolie et fantaisie, rendant un bel hommage à cette œuvre culte qu'est "Le faucon maltais", et au roman noir des années 50 en général.

Comme dans "Le secret de Caspar Jacobi", il joue aussi sur l'idée de fiction, son héros portant parfois sur les autres personnages et les événements le regard amusé d'un spectateur qui juge la qualité d'un dialogue, la facture cinématographique d'une situation..

Un texte à la fois intelligent et réjouissant.

Commentaires

  1. Ca fait plaisir de lire un billet sur ce roman, peu commenté. Et...excellent. Tu peux le retrouver sur une vieille chronique car je l'ai critiqué aussi, chaleureusement.

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    1. Bonsoir Eeguab,

      J'irai lire ton avis avec plaisir.
      Je me demande d'ailleurs si ce n'est pas suite à ton conseil que j'ai lu ce titre (plus précisément suite à un commentaire que tu aurais laissé lors de la parution de mon billet sur Le secret de Caspar Jacobi).

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  2. Cinématographique, c'est bien ce que ce titre m'évoque à la lecture de ce beau billet et à la vue de la couverture. Ca donne des idées...

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    1. Bonsoir Al Capone,

      J'espère que tu prendras autant de plaisir que moi à cette lecture..

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  3. Bon.. certains forums me semblent pas assez prêts à l'échange, c'est dommage, mais sachez, Ingannmic, que je suis vos lectures de près, très grande ouverture vers des ailleurs.. Merci!!
    Et bonjour à Eeguab en passant, j'ai beaucoup pensé à lui quand j'ai vu que Heimat sortait en salle ..Merci encore à lui

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  4. Bonjour Mariecesttout,

    Quand vous parlez de forums, c'est à l'Agora que vous pensez (il me semble reconnaître votre pseudo) ?
    Si tel est le cas, je vous rejoins, j'y aimerais plus d'interactivité (ceci dit, j'avoue moi-même y laisser assez peu de commentaires).
    En tous cas, merci pour cette visite, et au plaisir de vous revoir en ces lieux (et si vous êtes tentée par une lecture commune, n'hésitez pas).

    Bonne journée.

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