"Larchmütz 5632" - Jean-Bernard Pouy

Le bonheur serait dans le pré ?

Benno et Adrien l'ont attendu vingt-cinq ans durant, ce jour où "l'Orga" a repris contact avec eux, et leur a demandé de reprendre du service...
Ces deux activistes de gauche sur le retour avait eu pour consigne de se mettre au vert, et c'est littéralement ce qu'ils ont fait, en s'installant dans une ferme de la campagne bretonne, où, pendant plus de deux décennies, ils ont travaillé la terre et veillé sur Simone, dite Momone, une vache télépathe.

Les voilà donc de retour dans la capitale, prêts à en découdre avec les méchants capitalistes. Et malgré cette longue période de mise en sommeil, les réflexes -de méfiance, d'autoprotection- reviennent vite.

"Larchmütz 5632" alterne entre le récit des tribulations des deux compères qui, à travers l'Europe, chassent patrons iniques et violateurs des droits de l'homme (du moins, c'est ce qu'ils croient dans un premier temps...), et la transcription des réflexions de Momone qui observe depuis son pré les curieux va-et-vient qui animent la ferme depuis le départ de Benno et d'Adrien. L'esprit colonisé par les pensées des hôtes divers qui occupent Larchmütz (puisque le titre du roman est aussi le nom de la retraite bucolique des deux héros), elle en vient à subir d'éprouvantes migraines...

Le roman de Jean-Bernard Pouy est l'occasion de passer un moment réjouissant, en la compagnie bien agréable de ses deux sympathiques personnages. Motivés par l'enthousiasme que suscite leur retour, en tant qu'acteurs, au sein d'un engagement auquel ils sont restés fidèles, ils finissent peu à peu, même s'ils ont du mal à se l'avouer, par se questionner sur le bien-fondé de cet engagement et l'utilité de leur action. Leurs doutes sont de plus alimentés par la nostalgie latente que suscite le souvenir de leur existence campagnarde.

En plus d'être drôle, "Larchmütz 5632" propose ainsi une réflexion sur la pérennité des idéologies fougueuses et intransigeantes qui, passées les années de jeunesse, subissent une érosion due à... une forme de lassitude ? De maturité ?

Commentaires

  1. Le coup de la vache télépathe est surtout ce qui me reste de cette lecture, un Pouy de la grande époque où le polar français se coltinait à bras le corps mais sans se prendre au sérieux avec les grands maux sociaux ou idéologiques ... (Bon, c'est moi qui fait nostalgique, là). En tout cas, j'avais beaucoup aimé !
    Rien à voir : je suis partante pour le Chirbes et pour le 15 février. A bientôt !

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    1. J'ai bien aimé la vache, moi aussi...
      Pour la LC, je note le 15, donc.

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  2. je suis un fan inconditionnel de Jean Bernard POUY ! tu me rappelles que je n'ai pas lu celui ci et qu'il serait temps que je comble cette lacune ! :) j'en profite pour te souhaiter une bonne année.

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    1. Et bien dans ce cas, bonne lecture, et excellente année à toi aussi, riche notamment en plaisirs livresques..

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  3. Quand je cherche une idée originale de polar, je viens faire un tour ici, même à retardement. Celui-là me tente bien. J'adore le titre énigmatique à souhait et la couverture (ça ressemble bien à JB Pouy).

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    1. Bonsoir Ray,

      C'est en effet un roman original, à la fois noir et drôle...

      Bonne lecture !

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