"Les déferlantes" - Claudie Gallay

Un certain manque de sel...

Bon, c'est vrai, j'avais un a priori : la lecture de "Dans l'or du temps" qui remonte pourtant à quelques années, m'avait laissé un goût de... comment dire ? De "ternitude" ? De fadeur ? 
Mais je ne suis pas particulièrement obtuse -enfin, je ne crois pas-, et j'avais entendu dire beaucoup de bien de ces fameuses "Déferlantes" par des lecteurs tout à fait recommandables... d'où sa présence dans ma PAL. La proposition de Lectures & Cie de faire de ce titre une lecture commune, a été l'occasion de l'en exhumer. 

J'avoue que "Les déferlantes" a tout pour faire un bon, voire un excellent roman.
Il y a d'abord cette atmosphère prégnante, entretenue par un environnement naturel omniprésent qui fracasse et tonitrue, les odeurs d'embruns et de varech, les tempêtes apocalyptiques. 
Et puis on y croise une galerie de personnages attachants, des gens de la mer laconiques et peu souriants, mais que l'on découvre riches de trésors cachés, dès que l'on prend la peine de fureter derrière leurs apparences bourrues... des artistes un peu marginaux... une ornithologue blessée par la perte de l'amour de sa vie, qui a quitté son poste d'enseignante en biologie et la clémence du climat avignonais pour comptabiliser cormorans et autres macreuses, et se faire fouetter par la brise normande lors de ses longues ballades dans la lande... 
Il y a même, au début du moins, un certain suspense, suscité par la présence de ce beau quadragénaire qui, après des années d'absence et le drame qui a décimé sa famille -une sortie en voilier qui a mal tourné- traîne son amertume dans les rues de La Hague... il flotte des relents de secrets et de vengeance, qui se mêlent à ceux des tourteaux et des crevettes. 

Alors pourquoi me reste-t-il des "Déferlantes" une vague sensation de lecture poussive ? Pourquoi n'avais-je pas hâte, chaque soir, d'en retrouver les pages, d'en découvrir la suite ? 
Est-ce dû à l'agacement qu'a parfois provoqué la complaisance dans son malheur de la narratrice ? Ou au fait que, très rapidement, le mystère retombe, parce qu'on a tôt fait de deviner le fin mot de l'histoire ? 

Je crois surtout que mon désintérêt est lié au sentiment que m'a donné Claudie Gallay de disposer d'excellents outils pour construire son récit, sans jouir d'un véritable génie pour les manipuler... Il manque aux "Déferlantes" un rythme, un style qui mettent en valeur les éléments qui le composent. C'est un roman qui se lit facilement, certes, mais qui ne passionne pas, parce que la trame qui lui sert de support est trop visible, et cela m'a empêché de me sentir vraiment impliquée dans l'intrigue. 

Je suis maintenant curieuse de savoir ce qu'en aura pensé Lectures & Cie...

Commentaires

  1. Je viens de publier mon billet, j'ai fini ma lecture hier soir... Je comprends parfaitement ton avis et je suis parfaitement d'accord avec les faiblesses que tu as relevé. Pourtant et malgré ses faiblesses, j'ai beaucoup apprécié cette lecture. Merci pour cette lecture commune

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai laissé un commentaire suite à ton billet.
      J'y ai écris que c'est bien, d'avoir des avis différents suite à une lecture commune, cela enrichit les points de vue...
      Ceci dit, nous sommes en effet d'accord sur pas mal d'éléments.

      Supprimer
  2. Il est vrai que les blogueuses en général ne tarissent pas d'éloges sur ce roman... Mais comme je n'ai jamais été tenté malgré tout, ce n'est pas toi qui va me faire changer d'avis ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est en effet, (à mon avis, hein...), un roman dispensable !

      Supprimer
  3. Ben moi, comme j'avais une tonne d'à-priori, je l'ai trouvé pas du tout finalement ce titre, j'aime bien les grands vents, les vagues, les tempêtes ... Ceci dit, je rejoins tes bémols sur l'ensemble du roman ! D'ailleurs, pas d'autres titres de cette auteure qui me disent assez pour retenter une lecture. Mais les lectrices, ce n'est pas ce qui lui manque à Claudie Gallay ! Et tant mieux ... Dispensable mais honnête.

    RépondreSupprimer
  4. Oui, c'est bien résumé... Et comme toi, je pense en avoir fini avec Claudie Gallay, deux essais suffiront !

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire