"La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique" - Martin Page

Pas si simple...

Il m'a fallu quelques pages pour accepter de lâcher prise, et de me laisser aller au charme du roman de Martin Page.

Dans un premier temps, j'ai trouvé que le ton utilisé par l'auteur, qui se veut décalé, manquait de fantaisie, pâtissait d'une certaine fadeur. Sans doute cette impression était-elle en grand partie provoquée par la personnalité du narrateur.

Mathias est ce que l'on appelle un "homme de l"ombre", et cette fonction semble avoir déteint sur son caractère. A moins que ce ne soit l'inverse, que ce soit son manque de charisme, sa banalité, qui ait déterminé son choix professionnel. Cet employé de la municipalité de Paris est en quelque sorte le Cyrano du maire de la capitale, dont il est chargé de rédiger les discours.
Et cela le satisfait pleinement. Loin d'être un individu aigri, Mathias se montre d'une simplicité débonnaire. Il mène une existence sans vagues ni rébellions, se contente de tièdes certitudes et d'opinions consensuelles. Homme de gauche, ainsi qu'il se définit lui-même, il l'est sans passion. C'est un être à la conscience tranquille, qui affiche l'humble discrétion de ceux qui n'ont jamais connu de drame, ni jamais souhaité de mal à quiconque.

Son quotidien tranquille va être quelque peu bouleversé par sa rencontre avec Fata Okoumi, femme d'affaires camerounaise en visite à Paris. Suite à son refus de présenter ses papiers lors d'un contrôle de police, le coup de matraque conséquent de l'agent chargé dudit contrôle s'est soldé par un séjour à l'hôpital.
C'est là que Mathias lui rend visite, en vue d'élaborer le discours du maire suite à ce regrettable incident. Il éprouve pour la victime une immédiate et profonde sympathie, malgré son profil de "cruelle capitaliste" guère en accord avec ses convictions...

"La disparition de Paris..." a des apparences de fable peu subtile : nous avons là un héros ordinaire, qui vit une aventure à deux doigts de verser dans le fantastique, mais dont la chute s'avère finalement plutôt banale, ce qui, paradoxalement, surprend le lecteur.
Et pourtant, ce roman possède un charme indéniable, sans doute parce qu'il est sans prétention, un peu insensé, et qu'il lance mine de rien quelques intéressantes pistes de réflexion sur les préjugés, et pose la question de la pérennité des principes, lorsqu'ils sont confrontés aux réalités humaines.

Une lecture en somme bien agréable.

Commentaires

  1. La couverture ne me tente pas trop. Mais comme tu parles du charme indéniable du roman, je me dis peut-être. Je note donc.

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    1. La couverture n'est pas vraiment le reflet du contenu, ici...
      Si cela peut te motiver, c'est un roman qui se lit très facilement !

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