"Les temps perdus" - Juan Pablo Villalobos

Pour vous éviter d'en perdre...

Hasarderais-je un jeu de mots douteux, en indiquant que rarement roman aura aussi bien porté son titre, à un détail près : pour être tout à fait juste, il eut fallu que Les temps restent au singulier... car j'ai bel et bien l'impression d'avoir perdu le mien...

L'humour est un art délicat, d'autant plus lorsqu'il s'exprime en littérature, où le recours à la gestuelle ou aux mimiques est exclus.

Je suis personnellement persuadée que tout est dans le ton. Les successions de scènes cocasses, les anti-héros improbables, ne vous arracheront pas le moindre sourire, si l'ensemble manque de style. D'ailleurs, à l'inverse, un auteur doté d'un bon sens de l'humour n'a pas besoin d'imaginer des situations burlesques : c'est la façon dont il raconte son histoire qui la rend comique. Voyez, par exemple, Philippe Jaenada (sans doute mon humoristécrivain préféré), capable par exemple de nous divertir en évoquant l'incendie de forêt qui les a contraints, sa femme, son fils et lui,  lors de vacances estivales, à une fuite éperdue le long du rivage des Pouilles.

Juan Pablo Villalobos accumule, dans "Les temps perdus", des épisodes censés être désopilants, et choisit comme narrateur un septuagénaire politiquement incorrect, asocial et obsédé par le sexe, dont la personnalité aurait dû prêter à rire, ou du moins à sourire.

Malheureusement, non seulement je n'ai pas souri une seconde face aux tribulations du vieux Teo en butte à l'hostilité de ses voisins suite à son refus de devenir membre de leur société littéraire, mais j'ai éprouvé durant la majeure partie de cette lecture un ennui profond... le style manque de truculence et d'originalité, le rythme de vivacité, et le personnage principal, avec ses réflexions redondantes, finit par agacer davantage qu'il n'amuse.

Est-il bien utile que je vous en dise plus sur ce titre que, vous l'aurez compris, je ne vous recommande pas ?

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