"Mr. Vertigo" - Paul Auster

Ces traces que les livres laissent en nous...

Comment les événements, les rencontres, influent-ils sur le cours d'une existence ?
Quels sont les éléments responsables des tournants que prend parfois la vie ?

Telles sont les interrogations qui semblent préoccuper, dans nombre de ses œuvres, l'écrivain Paul Auster. "Mr. Vertigo" ne déroge pas à la règle. Dans ce roman qui associe à la magie du surnaturel le prosaïsme d'une réalité violente et injuste, l'auteur se penche plus précisément sur les événements qui vont faire de la vie de Walt une suite d'aventures extraordinaires.

Cela commence comme une histoire à la Dickens... 
Saint-Louis, années 20. Walt, neuf ans, est un orphelin misérable et crasseux. Maltraité par le couple qui l'a recueilli à la mort de ses parents, il fait la manche à la sortie des restaurants chics.
C'est là qu'il est abordé par un étrange individu qui, après s'être présenté comme étant Maître Yehudi, lui promet gloire et fortune. Il a en effet détecté chez l'enfant un don, et prétend qu'à l'issue d'un apprentissage que lui seul peut lui dispenser, Walt saura voler...
C'est ainsi que ce dernier quitte Saint-Louis pour rejoindre, en compagnie de son nouveau tuteur, le fin fond du Kansas, au sein d'une ferme isolée où cohabitent déjà deux hôtes que Yehudi a pris sous son aile. Esope, fils d'une esclave morte en couches, est un adolescent dont l'acuité de l'intelligence n'a d'égal que la disgrâce de son physique. Maman Sioux a quant à elle été sortie par le Maître des griffes d'un mari violent. Cette vieille indienne imposante et hommasse serait une descendante de Sitting Bull, et aurait connu, des années auparavant, son heure de gloire dans le monde du spectacle.

La relation de la difficile initiation de Walt à l'art du vol, puis celle de sa carrière, sous le pseudonyme de Walt le Prodige, s'accompagne de l'évocation de faits significatifs de l'état d'esprit qui règne alors aux États-Unis. Les protégés de Yehudi, en raison de leur différence, font notamment les frais du racisme et de l'intolérance ambiants.

Quant à Walt, son ascension progressera jusqu'à... je ne vous en dévoile pas davantage, l'intérêt de "Mr. Vertigo" résidant en grande partie dans les retournements de situation dont Paul Auster colore son récit.

Lorsque j'ai refermé ce roman, ma première impression était relativement mitigée. L'histoire m'avait plu, et j'avais apprécié l'écriture de l'auteur, tantôt élégante, tantôt populaire et gouailleuse (selon le personnage qui s'exprime). Mais j'y avais aussi trouvé quelques longueurs, qui avaient par moments émoussé mon intérêt.
Curieusement, avec le recul, m'apparaît comme une évidence qui, au premier abord, m'avait à peine effleurée : celle de l'immense mélancolie qui se dégage de ce texte. Une mélancolie liée à la perte des êtres chers, aux occasions perdues... parfois contrebalancée tout de même par d'heureux hasards ou des espoirs comblés !

C'est cela, qui me restera de "Mr. Vertigo".


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Commentaires

  1. C'est pourtant une note de lecture qui fait envie. Je ne suis pas une inconditionnelle de Paul Auster, mais j'ai bien aimé plusieurs de ses romans, et je pense que je vais m'intéresser à celui-là...

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    1. Oui, malgré ces longueurs que j'ai ressenties, il m'en reste une impression plutôt positive, à vrai dire...
      Et puis, l'histoire est atypique et assez prenante dans l'ensemble.

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  2. Pas lu cet Auster-là. Par contre, je termine le tout dernier, sorti en septembre en anglais. Billet à suivre...

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    1. J'attends ton avis avec impatience (même si je devrais personnellement attendre la traduction en français pour pouvoir le lire...).
      Je n'ai pas lu jusqu'à présent ses derniers romans, suite aux critiques dans l'ensemble négatives que j'ai pu glaner sur différents sites.

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