"Les enfants verts" - Olga Tokarczuk

Rencontre du troisième type... ?

Difficile de trouver spontanément en librairie les titres publiés par les Editions de La Contre Allée... Leur petit format, associé à des choix éditoriaux favorisant les textes méconnus d'auteurs contemporains, suffisent-ils à expliquer cet état de fait ?

Une première expérience réussie avec Olga Tokarczuk m'a convaincue d'opter, dans le cadre de ma participation à l'éditeur du mois de mai, pour son récit "Les enfants verts", que sa brièveté définit comme une nouvelle.

Mi-XVIIe siècle... William Davisson, médecin originaire d'Ecosse mais amoureux de la France où il a vécu de nombreuses années, a accepté d'accompagner le roi Jean II Casimir dans un périple reliant la Lituanie à Lvov, dans le sud de la Pologne, avec pour mission de soulager les crises de goutte et les accès de mélancolie du monarque.

Le pays connaît alors des temps troublés, pris en étau entre les armées suédoises à l'Ouest et les troupes russes à l'est. Le but de cette expédition est d'aller prier la Vierge Marie dans la ville où le culte qui lui est voué lui confère une grande puissance, afin qu'elle intercède auprès de Dieu en faveur du peuple polonais.

C'est par ailleurs l'occasion pour notre médecin d'étudier la "plique polonaise", phénomène local qui le fascine, qui se traduit par des touffes de cheveux formant d'inextricables nœuds, et auquel s'attachent de nombreuses superstitions à connotations maléfiques comme bénéfiques. 

La routine qui entoure la progression du roi et de sa suite est bientôt troublée par la capture, à l'occasion d'une partie de chasse, d'un curieux gibier : deux enfants au teint étrangement verdâtre, couverts de feuilles et de boue. Les captifs, habitants de la forêt et des marécages, suscitent, par leur sauvagerie et leur mutisme, à la fois crainte et curiosité.

Blessé lors d'une chute, le narrateur se voit contraint d'interrompre son voyage, hébergé par le seigneur du domaine près duquel ont été trouvés les deux petits êtres. Se familiarisant peu à peu avec ces derniers, il entrevoit à leur contact les arcanes d'un monde fondé sur l'osmose avec le milieu naturel, une société secrète dont les habitants cohabitent en toute liberté et égalité, un havre de paix dissimulé aux yeux des hommes, préservé de leurs guerres et de leur barbarie...

J'ai apprécié la tonalité de ce conte qui mêle fantastique et réalité historique, l'auteure laissant planer le mystère quant à la véritable nature de ses enfants verts. J'ai regretté en revanche que ce texte n'ait pas été accompagné d'autres nouvelles, car sa lecture rapide m'a laissé un "goût de trop peu" !

Commentaires

  1. Je ne suis pas trop conte, mais pourquoi pas (Goran : http://deslivresetdesfilms.com)

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    1. Bonjour Goran,

      Cela fait plaisir de te revoir (j'ai vu que tu avais repris l'activité sur ton blog).
      Le texte d'Olga Tokarczuk n'est pas un conte au sens traditionnel du terme, disons plutôt qu'elle immisce des éléments fabuleux dans un récit qui démarre de manière tout à fait prosaïque.

      A bientôt...

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    2. Merci pour les renseignements et le reste… Moi aussi ça me fait plaisir de retrouver la blogosphère. À très vite… (Goran : http://deslivresetdesfilms.com)

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  2. J'avais trouvé "Sur les ossements des morts" sympathique mais ça ne m'avait pas non plus complètement enthousiasmée, du coup, je ne suis pas sûre de poursuivre avec elle. Elle semble avoir beaucoup d'imagination en tout cas.

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    1. Oui, je n'ai lu que deux de ses textes (car on ne peut pas qualifier Les enfants verts de roman, il se lit en une petite heure, et encore !), mais elle y déploie un univers singulier. J'aime beaucoup, je trouve que cela nous immerge dans une atmosphère très originale.

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