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Affichage des articles associés au libellé Lire le monde

"Autoportrait de l’autre" - Chahdortt Djavann

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"Ma vie s'est faite toute seule, elle n'avait pas besoin de moi pour avancer, pour grimper les années quatre à quatre ; pour m'épuiser. Je n'étais qu'un esclave, qu'un pion pour elle. Elle n'a jamais demandé mon avis. Elle va bientôt me lâcher. Maintenant qu'elle en a fini avec moi, maintenant que je ne peux plus la suivre, la servir. C'est une pute la vie." Au gré de sa solitaire (et mystérieuse) agonie dans le décor d’une pièce (une chambre ?) non moins mystérieuse dont il ne nous sera donné à voir que le plafond blanc, le narrateur nous embarque dans le flux fiévreux de ses pensées, de ses souvenirs. Et d’emblée s’exprime la mesure de l’amère douleur qui les imprègne. Le dénuement, l’isolement qui entourent ses derniers moments semblent en discordance avec l’existence qui fut la sienne, celle d’un très célèbre photographe de guerre présent sur tous les fronts du monde et de son temps, immortalisant, du Rwanda à la Yougoslavie, les images...

"Grand-père avait un éléphant" - Vaikom Muhammad Basheer

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"Si les gens deviennent orgueilleux, c'est par défaut de conscience." Je lis très peu de littérature indienne, et les rares incursions que j’y ai faites se sont parfois soldées par un abandon. Ainsi, ayant entamé Le Ministère du Bonheur Suprême en vue d’une participation au week-end indien organisé par Goran, Eva et Patrice , j’ai jeté l’éponge après une centaine de pages, plombée par un profond ennui… Je me suis donc mise en quête d’une lecture plus "facile", et je vous avoue que si mon choix s’est porté sur "Grand-père avait un éléphant", c’est essentiellement parce que c’était le titre indien le plus court disponible dans ma librairie habituelle… la jolie couverture des éditions Zulma ayant achevé de me convaincre. Kounnioupattouma est la fille adorée de ses parents, Oumma et Vattan Atima, qui comptent parmi les plus riches notables de la région. Jolie, et pourvue d’une petite excroissance noire sur la joue symbolisant la chance, elle a att...

"En mer" - Toine Heijmans

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"L'eau n'a ni sentiment ni histoire. Elle ne fait rien, elle est, c'est tout. Si elle t'assassine, si elle te noie, il n'y a là rien à rechercher que ta propre stupidité. La mer n'est ni une amie ni une ennemie." Lecture de plage… ? Le titre et la couverture pourraient le laisser penser, à condition d’occulter l'assemblement de nuages noirs surplombant la mer… Il n’empêche, c’est bel et bien à la plage que je l’ai lu, quasiment d’une traite, vu la brièveté de l’ouvrage. Donald a réalisé un de ses rêves : naviguer en solitaire. Ayant pris un congé sabbatique, il est parti pour un périple de trois mois en Mer du Nord, à bord de son voilier, nommé Ismaël en hommage au matelot de "Moby Dick". Et cerise sur le gâteau, Maria, sa fille de sept ans, l’a rejoint au Danemark pour l’accompagner lors des dernières quarante-huit heures de son voyage, direction les Pays-Bas où les attend Hagar, leur épouse et mère. Excité par ces deux jours ...

"Le Château du Baron de Quirval" - Jae-hoon Choi

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Digressions. Comme dans " Sept yeux de chats ", Jae-hoon Choi prend le lecteur à contre-pied en l’emmenant avec ce titre à travers des chemins surprenants, sans lien apparent les uns avec les autres. La première partie du roman annonce en quelque sorte l'éclatement narratif à venir, en explorant de manière protéiforme un sujet manifestement central : l'histoire du Baron de Quirval, sorte d'amalgame du conte de Barbe-bleue et du mythe Draculien, évoquant le cannibalisme dudit Baron, qui mangeait de jeunes enfants pour atteindre l'immortalité. A l'origine de cette fable macabre, un certain Perrault (non pas Charles, mais Michel) qui dans les années trente, écrit un récit s'inspirant d'une histoire que lui racontait sa grand-mère, qui fût ensuite adaptée pour le grand écran par un réalisateur hollywoodien dans années 60, puis par un cinéaste coréen au début des années 2000. Le parcours de cette oeuvre et de ses variantes nous est exposé par fra...

"Ninive" - Henrietta Rose-Innes

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"L'odeur âcre de la boue prouve la force de la vie."   J'ai tout de suite aimé ce que j'ai lu. Parce que j'avais l'impression de découvrir pour la première fois une telle histoire, et qu'il m'a semblé ne jamais avoir rencontré une héroïne semblable à celle que l'on rencontre dans "Ninive", pas excentrique mais profondément singulière, et surtout particulièrement marquante, malgré le vide apparent qu’est sa vie… Katya Grubbs est spécialisée dans les insectes, et toutes autres bestioles dont les autres n'ont qu'une hâte : se débarrasser. Elle s'occupe des mal-aimés, des moches ; elle est déménageuse, si on peut dire. Elle relocalise, pratique la désinsectisation sans extinction. Déplace les nids de guêpes, détourne des colonies de chenilles, ne fait pas la fine bouche devant une invasion de cafards ou un bataillon de souris. Elle protège les araignées. Sa philosophie consiste à respecter toutes les créatures qui ...

"Le meurtre du commandeur - La métaphore se déplace" (Tome II) - Haruki Murakami

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"S'il y a des choses que le temps vous prend, il y en a aussi qu'il vous offre. C'est une tâche importante que de faire du temps son allié". J'étais impatiente, après ma lecture du premier tome du "Meurtre du commandeur" , de retrouver son narrateur anonyme, Marié, Menshiki et Shôko... Allais-je enfin connaître le détail des événements survenus à Vienne à la fin des années trente, qui avaient inspiré la toile que Tomohiko Amada, après avoir peinte, avait dissimulée dans son grenier ? Le narrateur parviendrait-il à terminer le portrait de la petite Marié, et à quoi allait-il ressembler ? Le mystérieux Menshiki allait-il dévoiler ses secrets ? L'inquiétant individu " à la subaru blanche " resurgirait-il, et en saurai-je davantage à son sujet ? … Evidemment, pour des raisons déontologiques, je ne répondrai pas à ces questions. Sachez simplement que même en lisant ce deuxième opus du "Meurtre du commandeur", v...

"Un si bel amour et autres nouvelles" - Ludmila Oulitskaïa

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"Mais maintenant ils étaient tous morts ; c'est comme si la boucle de sa vie s'était refermée sur elle-même, et le passé, éclairé par la lumière cinématographique du bonheur, avait voracement englouti tant le présent dépeuplé que l'avenir privé du moindre sens." Ce n'est qu'à la lecture du recueil de Ludmila Oulitskaïa, que l'on saisit la dimension complexe -voire cynique ?- de son titre. Car si d'amour il y est bien question, les formes sous lesquelles il se manifeste peuvent sembler inhabituelles. Peut-être parce qu'en mettant en scène, dans la plupart de ses textes, des personnages au seuil de l'adolescence, l'auteure capte le moment où, davantage soumis à ses élans instinctifs qu'à des exigences sociales, l'être se laisse aller à des engouements défiant la morale et la "normalité", bien que souvent platoniques... Elle montre à la fois la spontanéité et la vulnérabilité qu'entraînent la soif d'ini...

"La fille de la supérette" - Sayaka Murata

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"Les gens perdent tout scrupule devant la singularité, convaincus qu'ils sont en droit d'exiger des explications." Keiko a 36 ans. Cela fait dix-huit ans qu'elle travaille dans un "konbini", une de ces supérettes ouvertes 24 heures sur 24. Elle ne fait d'ailleurs pas qu'y travailler, elle vit au rythme du konbini, dont elle aime les vitres impeccablement polies et les rayons soigneusement rangés. Elle s'alimente presque exclusivement des denrées qui y sont vendues, organise toute sa vie dans l'objectif d'être efficace au travail. Se considérer comme un rouage de ce mécanisme au sein duquel elle effectue chaque jour les mêmes tâches robotisées, scandant les mêmes slogans promotionnels, portant le même uniforme que ses collègues, est pour elle une routine sécurisante et gratifiante, et représente même une certaine fierté. Son emploi au konbini lui donne l'impression d'avoir trouvé sa place dans la mécanique du monde. P...

"Moi qui n'ai pas connu les hommes" - Jacqueline Harpman

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"Je n'ai rien compris au monde où je vis". Elles étaient quarante, enfermées depuis si longtemps dans une cage souterraine qu'elles avaient oublié les événements à l'origine de cet enfermement. Parmi elles, "la petite", seule enfant présente, sans doute par erreur, qui grandit dans cet environnement, vierge de tout souvenir de quelque avant. Surveillées vingt-quatre heures sur vingt-quatre par des gardes qui n'avaient qu'à les menacer de leur fouet pour se faire obéir, elles n'avaient le droit ni de se toucher, ni de pleurer. Baignées dans une lumière artificielle permanente les privant de toute intimité, elles s'étaient organisées pour cohabiter dans cette vaste pièce où elles dormaient, mangeaient, se lavaient et soulageaient leurs besoins naturels aux yeux de toutes. Un jour, un incompréhensible et heureux concours de circonstances les libéra de leur geôle et de leurs gardiens. Elles découvrirent dehors une terre hostile, une pl...

"Trouble" - Jeroen Olyslaegers

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"Voilà la tragi-comédie : en tout maître sommeille un pauvre esclave qui tremble de peur". Wilfried Wils se raconte, à l’attention d’un arrière-petit-fils innommé de dix-sept ans qu’il n’a pas vu depuis longtemps, sa famille ne voulant plus entendre parler de lui. Il revient sur une partie précise de sa vie, peut-être en quête inconsciente d’absolution, comme on le soupçonne peu à peu, mais son histoire s’apparente surtout à un témoignage par lequel il tenterait de s’approcher de lui-même. Anvers, 1940. Wilfried s’est engagé dans la police pour échapper au S.T.O. Une fois flic, il aide les occupants allemands à coffrer ceux qui veulent y échapper, mais ce n’est là qu’un de ses nombreux paradoxes. Tout au long du récit, il est en effet difficile de cerner les motivations, voire les pensées de cet homme, qui se positionne en froid spectateur des événements. Est-ce dû au coma dans lequel il fut plongé à cinq ans à la suite d’une méningite ? A son réveil, amnésique, il ...

"Le meurtre du commandeur - Une idée apparaît" (Tome I) - Haruki Murakami

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"Depuis quand le cours des choses avait-il donc pris une mauvaise direction ?" Comme dans nombre de ses romans, Haruki Murakami tire prétexte d'un événement qui, en venant percuter l'existence de son narrateur, le confronte à une phase de changement ponctuée d'épisodes étranges, propres à infléchir le cours de sa vie. L'événement déclencheur est ici une rupture sentimentale. Sa femme Yuzu le quitte après six ans de vie commune, sans réelle explication, ayant juste acquis la certitude qu'il lui était dorénavant impossible de vivre avec lui. Persuadé qu'ils menaient, aussi bien d'un point de vue charnel que spirituel, une vie conjugale saine, il a du mal à assimiler cette annonce.  Il faut dire qu'il s'est toujours laissé porter par le cours des choses. Etudiant en Beaux-Arts pouvant se prévaloir de quelque talent, il a finalement opté pour une banale carrière de portraitiste, assurant au foyer une vie raisonnablement confortab...

"Les cerfs noirs" - Inga Ābele

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"Laisse tomber tes menaces, Auguste, la pisse de chat comme on sait ne coule pas vers le haut." Encore une découverte due à Passage à l'Est , dont le blog est une véritable mine d'idées originales. Me voici donc partie pour une contrée littérairement inconnue, à l'occasion d'une incursion certes brève ("Les cerfs noirs" étant une courte pièce de théâtre) mais néanmoins prenante. Le lecteur est comme projeté dans l'épisode mis en scène par Inga Ābele, au cœur d'un huis-clos à l'ambiance pesante. Nous sommes à Rasa Panemune, coin reculé de Lettonie, royaume forestier boueux, battu par le vent et le froid. Dans la salle à manger d'une maison isolée, nous faisons connaissance avec la famille Alster : Alf, son épouse Nadine, et sa fille adolescente Ria.  D'autres personnages orbitent autour de ce trio, dont Papi, aïeul robuste et grincheux, et Auguste, une vieille connaissance d'Alf, qui surgit à l'improviste, et s...

"L'Outil et les Papillons" - Dmitri Lipskerov

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Démembrement... Avec Dmitri Lipskerov, le monde se transforme en une gigantesque farce... pour qui aura lu " Le dernier rêve de la raison ", du même auteur, la surprise sera sans doute moindre face aux péripéties qui nous sont ici contées, toutes plus incroyables les unes que les autres. Quant à ceux qui le découvrent, il n'y a plus qu'à leur souhaiter la bienvenue dans ce univers qui est certes bien le nôtre, mais semble avoir subi quelques distorsions... Arséni Andréiévitch Iratov se réveille un beau matin amputé de son pénis. Pour cet homme séduisant et dégourdi accoutumé à la réussite, le choc est rude. Il faut dire qu'Arséni a par ailleurs toujours été un chaud lapin, dont les exploits sexuels passés ont disséminé ici et là quelques enfants illégitimes... Depuis, il s'est rangé sans regrets, ayant épousé la belle Véra, qui lui rend aussi bien l'amour profond que l'attirance charnelle qu'il éprouve pour elle. Et si, aidé par une baisse c...

"L'empire de Nistor Polobok" - Iulian Ciocan

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Au bord du gouffre. " Sexagénaire trapu à la barbe en fil barbelé poivre et sel ", Nistor Polobok est chef du cabinet Architecture-Urbanisme-Cadastre à l'hôtel de ville de Chișinău. Comme tous ses pairs, il a bâti sa fortune sur la corruption. Il vit dans une maison digne d'un palais et possède une BMW avec chauffeur, signes extérieurs de richesse qui exhaussent l'amertume résignée des moins bien lotis.  En rentrant chez lui après une journée de travail (consistant en l'obtention d'un dessous-de-table de 3000 euros pour avoir autorisé la construction d'une station-service dans un petit parc du centre-ville), il se tord la cheville sur une fissure apparue sur le trottoir devant sa maison, événement contrariant mais anodin au vu de de ce qui s'annonce... Car cette fissure s’agrandit inexorablement, devient crevasse, malgré les interventions des ouvriers venus la combler. Bientôt, elle menace sa maison. Nistor fait des rêves qui le hantent ...

"Les enfants de Hansen" - Ognjen Spahić

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"La laideur du corps favorise peut-être l'expression de l'autre laideur, celle enracinée au tréfonds de chaque être." Ils sont atteints d'une maladie d'un autre temps, qui n'a pas été totalement éradiquée, et envers laquelle les comportements n’ont guère évolué. Dans la dernière léproserie d'Europe, au sud-est de la Roumanie, ils vivent en reclus, rejetés par le monde. Parmi eux, un ex-agent secret américain ; un homme né au début du siècle, interné depuis 1928, dont tous les camarades ont été exécutés par les allemands ; une vieille femme (la seule de l’établissement) ayant connu le goulag… Ils sont treize, y compris le narrateur, tacitement considéré comme leur chef, car il est celui dont les organes génitaux sont le moins touchés. Il partage sa chambre avec Robert, l’américain, qui a su conserver son caractère débonnaire et généreux ainsi que sa dignité, portant sa croix en s'efforçant de ne pas devenir une maladie à forme humaine plutôt ...

"L'été où maman a eu les yeux verts" - Tatiana Ţîbuleac

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"Pourquoi maman ne s'est-elle pas mise à mourir plus tôt ?" Voilà incontestablement mon deuxième coup de cœur de ce Mois de l’Europe de l’Est 2020. L’entrée dans le récit est abrupte : le narrateur nous prend à froid, en exprimant avec force sa haine pour une mère " petite et grosse, bête et laide ", qu’il rêve de tuer. Une mère qui bouleverse le projet qu’il devait concrétiser à la fin de sa scolarité dans un établissement spécialisé -un séjour à Amsterdam avec deux de ses camarades-, en l’emmenant passer les mois de juillet et août dans une maison du sud de la France. Ce seront ses dernières vacances, puisque, ainsi qu’elle le lui annonce, elle est malade, et sur le point de mourir.  C’est avec un recul de plusieurs années qu’il évoque cet été, comme on le comprend au fil du récit, écrit dans le cadre d'une psychothérapie. Devenu peintre, et célèbre, il reste hanté par le traumatisme d’une enfance marquée par la perte et la culpabilité, plac...

"De joyeuses funérailles" - Ludmila Oulitskaïa

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"Servez-nous de la vodka dans des verres en carton". Le titre du roman de Ludmila Oulitskaïa exprime merveilleusement l’apparente contradiction de son propos, la mort y côtoyant une joyeuse effervescence. L’auteur y met en scène des représentants de la diaspora russe, installés aux Etats-Unis, qui se retrouvent au chevet d’Alik, gravement malade, dont les jours sont comptés. On trouve là ses proches : sa femme Nina, fragile et superstitieuse, voire stupide ; sa maîtresse Valentina ; l’une de ses ex, Irina, accompagnée de sa fille surnommée Tee-shirt, une gamine anciennement mutique que seul Alik a su faire parler. Mais grouille aussi une foule de quidams dont le lien avec le futur défunt est plus ou moins lointain, parmi lesquels son médecin, une guérisseuse qui encombre la chambre de ses flacons aux plantes miraculeuses, un prêtre -Nina ayant insisté pour que son époux se fasse baptiser avant de quitter ce monde- et un rabbin -l’intéressé ayant accepté à condition que...

"Dans le noir" - Svetlana Velmar-Janković

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"De nouveau, deux présents éloignés dans le temps, deux points très éloignés l'un de l'autre se croisent, ou plutôt se confondent". Ma lecture de "Dans le noir", roman de l'autrice serbe Svetlana Velmar-Janković que je découvre avec ce titre, a été, malgré sa passionnante thématique, rendue poussive par une écriture que j'ai trouvée bavarde, et un procédé narratif qui m'a laissé perplexe... Début des années 1980. La narratrice, Milica Pavlović, une bourgeoise octogénaire, revient sur une période de sa vie concomitante avec l'occupation allemande de la Yougoslavie pendant laquelle la Serbie fut dirigée par un gouvernement fantoche et collaborationniste puis avec la prise de pouvoir par les communistes. Son mari, le Professeur Pavlović, éminent critique et historien d'art est alors arrêté et ses biens confisqués par des représentants du nouveau pouvoir, en l'occurrence l'ex-concierge de leur immeuble, l'épicier d...

"Dernière nuit d'amour, première nuit de guerre" - Camil Petrescu

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"On ne devient intéressant en tant que spécimen de l'espèce humaine qui si on est tué en même temps que des dizaines de milliers d'autres". 1916. Le narrateur, Stefan Gheorghidiu, vingt-trois ans, a récemment été mobilisé suite à l'entrée en guerre tardive de la Roumanie. Obnubilé par l'obtention d'une permission qui lui permettra d'honorer un rendez-vous crucial, il se montre très insistant auprès de ses supérieurs... C'est Ela, sa femme, qu'il doit retrouver à Câmpulung, une ville voisine. En revenant sur leur tumultueuse union, il nous éclaire sur l'empressement anxieux avec lequel il attend cette rencontre. Les époux se sont connus étudiants, et mariés assez vite. A la suite d'une sordide histoire d'héritage, Stefan refusant de faire valoir ses droits par dégoût du conflit et des démarches, leurs rapports se refroidissent. Il est bientôt la proie d'une jalousie maladive, allumée à l'occasion d'un séjour à ...