"Heimska, La stupidité" - Eiríkur Örn Norðdahl

Stóri Bróðir.

Dans un futur proche...

... les individus sont privés de toute intimité, ce dont ils s'accommodent visiblement fort bien. En effet, pour ces citoyens d'un monde hyper connecté, l'omniprésence de caméras permettant à la planète entière de suivre leurs faits et gestes à tout moment, y compris chez eux, est devenu non seulement une évidence, mais aussi un besoin. Car ne pas être vu revient alors à disparaître, l'existence étant principalement définie par la possibilité du regard des autres.
"C'était peut-être ça, le plus terrifiant, l'idée d'être seul sans que personne vous voie, l'idée que tous pouvaient vous observer, mais que personne ne s'y intéressait".
Le dispositif qui régit techniquement cette vaste toile d'araignée est désigné sous le nom de surVeillance, comme si son principal but était la protection (de qui ? contre quoi ?) et non l'observation, voire le contrôle.

Áki et Lenita Talbot évoluent dans cette société du voyeurisme permanent. Ce couple d'écrivains célèbres se livre une guerre sans merci depuis la parution quasi simultanée de leurs derniers romans respectifs qui présentent des similitudes plus que troublantes. Sans qu'aucun d'entre eux n'ait laissé filtrer le moindre indice quant à leurs récits, au moment de leur élaboration, ils ont traité de la même thématique (la radicalisation d'un jeune islandais d'origine syrienne) et donné à leurs romans le même titre -Ahmed-. Séparés, les Talbot passent leur temps à s'épier et à se provoquer par l'intermédiaire de vidéos exhibant leurs ébats mutuels.

Le récit de leur joute ex-conjugale alterne avec des paragraphes évoquant la relation de Lenita avec sa soeur jumelle, quelques bribes de l'existence de cette dernière et de son époux, les préparatifs qu'un groupe de pseudo-terroristes peaufine en vue de couper l'électricité de toute la région d'Isofjördur -où se déroule l'intrigue-, des considérations socio-philosophiques sur l'avenir de l'humanité... bref, de quoi alimenter de nombreuses thématiques fort intéressantes, mais que l'auteur n'a pas pris le temps de développer vraiment, "Heimska, La stupidité" ne comptant qu'une petite cent-cinquantaine de pages...

Cette brève lecture m'a ainsi laissé un goût d'inachèvement et de confusion. Dommage, car j'attendais beaucoup de ce titre, dont l'auteur m'avait captivé et impressionné avec son premier roman, bien plus dense et profond.

Commentaires

  1. Dommage en effet, j'aimais beaucoup l'idée de départ et j'étais très tentée. Je vais cependant zieuter les autres titres de cet auteur.

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    1. A ma connaissance, il n'en a écrit que 2 à ce jour. Je te recommande TRES fortement son premier roman, Illska, qui aborde la thématique de l'omniprésence du mal avec originalité.

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  2. Ah oui, dommage ! J'avais noté Illska à sa parution. Bien sûr, je n'ai pas eu le temps de le lire encore, et quand Heimska est sorti, son résumé m'a encore plus tentée, du coup c'est celui que je comptais lire en premier. Maintenant j'hésite...

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    1. Oui, il faut lire Illska ! Tu peux lire aussi celui-là, qui est très court, et qui a plu à certains lecteurs, mais il ne faudrait pas que, s'il te ne convainc pas, tu t'arrêtes là, car Illska est complètement différent.

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  3. Bonsoir Inganmic, personnellement, je me méfie des histoires qui se passent dans un futur proche. Je n'adhère pas. C'est pour cela que ce roman que j'avais repéré ne m'attire pas du tout et ton billet me refroidit encore plus. Bonne soirée.

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    1. Il aurait pu être très intéressant, le fait qu'il se passe dans un futur proche étant l'occasion d'aborder des thématiques par lesquelles nous nous sentons concernés, mais leur traitement est trop superficiel.

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  4. Je n'ai pas du tout accroché à Illska, le roman précédent, donc je passerai mon tour pour celui-ci, dont le thème ne me tente pas (alors que celui d'Illska m'intéressait beaucoup)

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    1. Tu auras compris que je ne tenterai pas de te convaincre, c'est un titre à mon avis dispensable !

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