"Meshugah" - Isaac Bashevis Singer


New York, 195... Aaron Greidinger, écrivain juif polonais proche de la cinquantaine, travaille pour un journal yiddish, dans lequel il publie des feuilletons et prodigue des conseils en tous genres à ses lecteurs, issus de la diaspora. Il retrouve l'une de ses connaissances de Varsovie, Max Aberdam, de 20 ans son aîné, qui a perdu sa 1ère femme et ses 2 filles dans les camps de concentration, et qui est à présent remarié.
Max lui présente Miriam, sa maîtresse de 27 ans. Ils vont former une sorte de ménage à trois, la jeune femme étant éprise des deux hommes, qui se vouent mutuellement amitié et respect.

Isaac Bashevis Singer nous brosse le portrait d'une communauté juive déracinée de sa Pologne natale, souvent marquée par les épreuves infligées par les nazis à eux-mêmes ou à leurs proches, mais qui, grâce à sa faculté d'adaptation et à une forte solidarité, connaît aux États-Unis une certaine "réussite" financière... (car d'un point de vue psychologique, elle garde les stigmates desdites épreuves, notamment sous la forme de cette "folie" dépeinte par l'auteur et matérialisée par le terme "meshugah", qui signifie "fou à lier, fêlé, cinglé, fou de joie et de tristesse").

J'ai été frappée aussi par les contradictions dont fait preuve le personnage d'Aaron : il considère la polygamie d'une façon très libertaire, puis est choquée d'apprendre que Miriam a du, pendant la guerre, vendre son corps pour survivre... De même, il est très imprégné de la culture et de la religion juives, auxquelles il se réfère constamment, mais a une façon très personnelle de considérer Dieu, qui n'est pas pour lui un Dieu de compassion, ni un Dieu tout-puissant, mais simplement celui qui a bâti le monde et se contenterait à présent de l'observer, l'Homme conservant toujours son libre arbitre.

Un ouvrage qui se lit facilement, plutôt plaisant, mais je ne peux pas dire non plus que j'ai adoré, sans trop savoir pourquoi... disons qu'il n'a pas éveillé en moi cette sensation d'être plongée dans l'histoire, ni celle d'éprouver de l'empathie envers les divers personnages...

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