« Des anges dans la neige » - Stewart O’Nan

Joyeux Noël.

Arthur Parkinson est de retour pour les fêtes de Noël, comme chaque année, dans sa ville natale de Butler, Pennsylvanie. Il se souvient de l’année de ses 14 ans (1974), mémorable parce qu’elle fut celle de la séparation de ses parents, mais surtout parce que c’est cette année-là que Glenn Marchand assassina Annie, sa jeune épouse, et accessoirement ancienne baby-sitter d’Arthur.

Oubliez les clichés « Peace and Love » des années 70… En relatant les événements qui conduisent au meurtre d’Annie, et les difficultés pour Arthur et sa mère à composer avec leur nouvelle vie de famille monoparentale, Stewart O’Nan préfère s’attarder sur ceux pour qui la libéralisation des mœurs et le consumérisme grandissant n’ont été que source de déception.

Engoncés dans un confort matériel qui leur procure une apparente sensation de bonheur et de sécurité, les parents de certains des jeunes personnages dont il est question dans le roman ne parviennent pas à communiquer réellement avec eux. S’installe ainsi une incompréhension entre les générations qui laisse les enfants en proie au mal être, et au sentiment d’échec permanent. C’est notamment le cas de Glenn, qui inspire la sympathie et la compassion par sa gentillesse et sa volonté de bien faire, mais qui se retrouve toujours à côté de la plaque, par malchance et par maladresse, ce qui finit par le rendre fou. D’autres, comme les parents d’Arthur, par exemple, sont tellement empêtrés dans leurs propres contradictions affectives et leurs problèmes financiers, qu’ils assument difficilement leur rôle de garants de la cohésion familiale.

L’amour (parental, filial, conjugal) est présent, mais visiblement il ne suffit pas, et l’auteur donne l’impression que chacun, victime de cette incommunicabilité et de ses difficultés à gérer ses propres sentiments, se retrouve seul. Certains tentent de noyer cette solitude dans l’alcool ou le cannabis, d’autres dans le recours à la religion, mais ces illusoires compensations ne leur accordent qu’un réconfort passager…
O’Nan a choisi de dépeindre la morosité, la violence et les drames qui peuvent entacher l’existence, et il le fait avec une véracité et une simplicité qui nous rappellent que personne ne peut se targuer d’être à l’abri du malheur.

Commentaires

  1. Pas lu celui-ci, mais évidemment maintenant, j'en ai très envie !

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  2. C'est le premier roman de l'auteur. Il est différent d'"Un mal qui répand la terreur" par la forme narrative et le fait qu'il soit très ancré dans le réel, mais je l'ai beaucoup aimé aussi. Leur point commun, c'est qu'ils sont tous les 2 plutôt déprimant !

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  3. Bonjour,

    Je découvre ce blog qui m'a l'air très intéressant

    J'ai "Nos plus beaux souvenirs" qui m'attends dans ma bibliothèque. Je ne connaissais pas celui-ci mais vous me donnez très envie de le lire aussi.

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  4. Bonjour à Manu, qui possède aussi un blog félin ! Ca valait la peine d'être souligné !
    Moi, je n'ai jamais lu O'Nan, mais il est dans ma liste d'auteurs à lire absolument. Je sens que je vais aimer
    :)

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  5. Ah les chats, toute une histoire ;-)

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