Soit dit en passant...

"Au coeur de ce pays" - John Maxwell Coetzee

Une ferme perdue au fin fond de l'Afrique du Sud. Baas, le maître des lieux, homme dur et violent, y vit avec sa fille Magda, pour laquelle il ne semble éprouver qu'indifférence. Magda est la narratrice. Elle raconte l'enchaînement des événements qui vont mener au drame, à partir du moment où Hendrik, le serviteur noir de la maison, y amène Anna, sa jeune épouse que Baas entreprend de séduire. Elle le fait de façon hallucinée, mêlant ses fantasmes de vierge aigrie et frustrée à la réalité, attribuant même plusieurs versions à certains événements, et le lecteur a parfois du mal à faire la part entre le vrai et l'imaginé, entre les faits et le ressenti.
En dépit de cette difficulté, j'ai trouvé ce roman très fort, à l'écriture très belle. On ressent l'aridité de l'environnement, la dureté de la vie dans ce Veldt Sud-Africain, et la montée progressive de la folie qui s'empare des protagonistes.

"Le maître des illusions" - Donna Tartt

Richard Papen, issu d'une famille californienne modeste et peu encline à l'affection, intègre l'université d'Alampden, Vermont. Intrigué par un groupe de cinq étudiants bénéficiant de l'exclusivité des cours d'un professeur de grec atypique, Jullian Morrow, il parvient à s'y faire accepter. Au sein de cette "élite", il va goûter aux excès de certaine vie étudiante (alcool, drogue...) et nous expliquer comment lui-même et quatre de ses compagnons vont être amenés à commettre l'impensable.

Je m'attendais à être davantage enthousiasmée par ce roman. C'est vrai, l'évolution des relations entre les personnages est remarquablement dépeinte, l'ambiance, la complexité et le machiavélisme de certains des protagonistes fascinants, mais j'ai trouvé que tout cela était gâché par des longueurs dues à un style très descriptif, et ce parfois inutilement à mon sens.


"Abattoir 5" - Kurt Vonnegut

A la suite d'un séjour sur la planète Tralfamadore, Bill Pèlerin a la capacité de voyager dans le temps. Le récit de ses pérégrinations temporelles nous emporte à divers moments de son histoire, de sa condition de soldat à celle d'homme marié, de son passage sur Tralfamadore à celui dans un camp de prisonniers allemand...
Vonnegut relate de façon précise, presque impersonnelle, faisant de son personnage principal un spectateur de sa vie, et le paradoxe, c'est qu'il parvient ainsi à susciter chez le lecteur une vive émotion face à l'absurdité du monde et à la barbarie humaine.
Billy, en pèlerin de sa vie, nous démontre que malgré cette barbarie, l'homme continue, cahin caha, à progresser dans l'existence, tout comme le fait chacun d'entre nous.

Commentaires

  1. Trouver sur la même page "Abattoir 5" et des extraits des poèmes en prose, ça fait plaisir ! :-)

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  2. Moi qui suis en pleine lectures sur la période du nazisme, tu me rappelles que Abattoir 5 est dans ma PAL !
    Très curieuse aussi de découvrir ce fameux Coetzee un jour. Mais ce titre me fait un peu peur : la difficulté à faire la part entre le réel et l'imaginaire me refroidi vraiment. Et tu sais que ta présentation de ce livre me rappelle mon ressenti sur "Le Bruit et la fureur" de Faulkner... je me demande si c'est bien comparable.

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  3. >>> Marc : et ce n'est rien que pour toi !

    >>> Pickwick : Abattoir 5, et Vonnegut en général, sont vraiment à découvrir. L'oeuvre de cet auteur est vraiment atypique et originale. J'avais aussi beaucoup aimé "Galapagos".

    Je ne sais pas si l'on peut comparer "Au coeur de ce pays" au "Bruit et la fureur", n'ayant pas lu ce dernier. Ceci dit, bien que la lecture du Coetzee n'est pas forcément facile, je l'avais trouvé très fort.

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