"Son frère" - Philippe Besson

Condensé d'émotion.

Thomas a 27 ans.
Thomas est malade, et il va bientôt mourir.
Il choisit d’aller vivre ses derniers jours sur l’île de Ré, dans la maison de vacances familiale. Lucas, son frère d’un an son aîné, l’accompagne.

Comme pressé lui aussi par le peu de temps qu’il reste avant l’issue fatale, Philippe Besson, en quelques 150 pages, relate, par la voix de Lucas, les jours qui rapprochent Thomas de la mort.
C’est, dans un premier temps, la peur panique provoquée par l’annonce de la maladie, la froideur du milieu médical, qui impose ses protocoles douloureux et déshumanisés, l’attitude des proches, parfois lâche ou égoïste.
Puis c’est la maladie qui s’installe, qui prend possession du corps, qui le dévaste… Alors, il n’y a plus qu’à attendre, et à essayer de vivre, jusqu’au bout.

En peu de mots, finalement, tout est dit. Le ton est juste, empreint à la fois de pudeur et d'une grande force d'évocation.

Lucas s’inquiète, Lucas s’interroge, mais surtout il est là. Au-delà du constat de son impuissance à sauver son frère ou à la soulager, du constat de la solitude face à la douleur, au-delà de tous ses questionnements sur le rapport que l’on entretient à la mort, c’est sans doute ce qui m’a paru le plus fort et le plus émouvant dans ce roman : cet amour fraternel inconditionnel, généreux, viscéral.

C'est à la fois triste et beau.
C'est à la fois sobre et puissant.

Commentaires

  1. LE roman de Besson, à mon avis.
    Bien meilleur encore qu'En l'absence des hommes qui l'a fait connaître et dont tout le monde s'accorde à dire que c'est son meilleur.
    Le film qu'en a tiré Chéreau vaut également le détour.

    RépondreSupprimer
  2. J'avoue qu'au vu de ce que j'ai pu lire sur ses autres romans, je pense m'arrêter là concernant la découverte de cet auteur, en tous cas pour le moment.
    En revanche, je compte bien voir le film de Chéreau.

    RépondreSupprimer
  3. Un beau titre apparemment, alors que je n'en ai pas entendu parler! Je note ce titre, même si il a l'air triste!

    RépondreSupprimer
  4. Il est triste, certes, mais sans pathos, et c'est effectivement un beau texte qui mérite d'être découvert.

    RépondreSupprimer
  5. Merci pour ta visite sur mon blog. Je découvre le tien en ce moment :)
    Ce livre me fait de l'oeil depuis déjà un moment, pourtant, je n'ai jamais été totalement conquise par les romans de Philippe Besson (une bonne expérience avec "La trahison de Thomas Spencer", une moins bonne avec "Se résoudre aux adieux", mais dans les deux cas, pas de coup de coeur). Si "L'arrière saison", dans ma PAL depuis un moment, ne me fait pas davantage d'effet ultérieurement, je ne pense pas me laisser tenter, malgré le sujet interpellant abordé dans "Son frère".

    RépondreSupprimer
  6. Je n'ai lu que ce roman de Philippe Besson, et il est possible que cela restera le seul, car ce que j'ai pu lire ici et là sur ses autres romans ne me donne pas forcément envie de les découvrir. Ton commentaire conforte ma décision.
    A bientôt, Reka.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire