"Brûlons tous ces punks pour l'amour des elfes" - Julien Campredon

 Un titre qui tient ses promesses...

Des maires exécutés par leurs concitoyens parce qu'ils ont, sous l'emprise de l'alcool, endetté leur village en se faisant escroquer par un singulier représentant de commerce...
Un docker de Sète qui, pour les beaux yeux d'une "pachole", affronte de fantasmagoriques tempêtes...
Un jeune homme qui s'installe, au sens propre du terme, sous la jupe d'une veuve éplorée attendant jour et nuit sur une jetée le retour de son naufragé de mari...

... et ceci n'est qu'un échantillon des personnages loufoques et des situations abracadabrantesques que la lecture de "Brûlons tous ces punks pour l'amour des elfes" vous permettra de découvrir et de savourer.

Deuxième recueil de l'écrivain Julien Campredon, originaire de la région toulousaine, publié pour la première fois en 2006, il a fait l'objet d'une nouvelle parution en 2011, sous la forme d'une "édition véloce", c'est-à-dire amputée de certains de ses textes... 
J'aurais bien sûr préféré lire la version complète, mais je n'ai su que les deux parutions étaient différentes qu'une fois ma lecture achevée, et la première mouture est de plus malheureusement introuvable en librairie.
Ce regret ne m'a empêchée d'éprouver beaucoup de plaisir à la découverte de cet auteur qui fait rimer burlesque et grivoiserie, absurde et ironie.

Les nouvelles qui composent le recueil évoquent des contes, mais des contes politiquement incorrectes, dans lesquels Julien Campredon n'hésite pas à faire intervenir sexe, alcool et baston... 
Le ton n'y est donc pas si léger qu'il y paraît de prime abord, chaque texte recelant sa part de violence, de cruauté, de déchéance, mais l'ensemble est relaté avec une telle truculence, enrichi de tant de trouvailles langagières ou fictionnelles que l'auteur semble sortir de son imagination fertile comme un magicien les lapins de son chapeau, que l'on ne peut s'empêcher de sourire, voire de rire, des tribulations de ses héros, même lorsqu'ils sont pathétiques ou détestables.

Julien Campredon utilise son sens de la dérision pour transporter notre quotidien ordinaire dans un univers à la fois féroce et hilarant, qui sait aussi, dans certains textes, se faire particulièrement poétique... c'est complètement déjanté, mais véritablement réjouissant !

Commentaires

  1. Insaisissable ce Campredon : aucune des trois bibliothèques que je fréquente ne possède de livres de lui... va falloir être plus radicale sur ce coup-là...

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    1. C'est à peu près, en substance, ce qui est écrit sur la quatrième de couverture : Julien Campredon serait une légende, et n'existerait pas !
      Ceci dit, il est bien dommage que ses ouvrages se fassent si rares...

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  2. Voilà qui est tentant et assez titillant... À voir...

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    1. Je suis persuadée que tu ne le regretterais pas..

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