"La Dame n° 13" - José Carlos Somoza

"La poésie est la maladie du monde (...), la fièvre de la réalité. Elle guette l'homme au coin de la rue. Tu marches tranquillement et un jour, au moment où tu t'y attends le moins, la poésie bondit et... te dévore".

Imaginer la poésie dotée de pouvoirs surnaturels...
Imaginer que les femmes qui ont inspiré les plus grands poètes sont d'immortelles et superbes sorcières...
Voilà a priori des idées fort romantiques... mais qui, sous la plume de José Carlos Somoza, sont le point de départ d'un haletant thriller fantastique flirtant avec l'horreur !

Tout commence d'ailleurs par d’oppressants cauchemars, ceux qui hantent depuis une semaine les nuits de Salomón Rulfo, professeur de littérature au chômage, dont l'allure désinvolte, pour ne pas dire négligée, séduit les femmes. Malgré cela, il vit seul, depuis la mort accidentelle, deux ans auparavant, de Beatrix, petite amie dont la disparition l'a plongé dans une profonde dépression.
Lorsqu'il se rend, préoccupé par la récurrence de ses mauvais rêves, chez le docteur Ballesteros, ce dernier les impute d'ailleurs au traumatisme lié à la perte de Beatrix.
Seulement, Salomón remet rapidement en cause ce diagnostic, lorsqu'il s'aperçoit que les événements auxquels il assiste dans ses cauchemars ont réellement eu lieu, et qu'une jeune femme mystérieuse et belle à damner un saint fait les mêmes..

Comme dans "Clara et la pénombre", José Carlos Somoza fait preuve dans "La Dame n°13" d'un formidable talent pour mêler les genres, au point qu'il nous convaincrait presque de la facilité de l'exercice !

Des meurtres mâtinés de surnaturel, dont l'atrocité -car l'auteur ne nous épargne aucun détail- fait frémir, une pincée de mythologie, une dose de symbolisme, de la poésie, bien sûr, et même des histoires d'amour (qui finissent TRÈS mal, en général !)... le tout forme un récit passionnant, parfaitement homogène, servi par une écriture riche et soignée.

Je ne vous en dis pas plus, et vous invite, comme je l'ai fait, à dévorer "La Dame n° 13".

Commentaires

  1. Alors que j'avais aimé d'autres romans de l'auteur, j'ai trouvé celui-ci complètement raté, une vraie série Z, bourrée de clichés.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai l'impression que nous n'avons pas lu le même !?
      J'ai vraiment bien aimé, moi...

      Supprimer
  2. J'ai adoré, comme tous ses romans.
    Finalement celui-ci ne fait que pousser à l'extrême un cliché mille fois rabâché, celui du "pouvoir des mots".

    RépondreSupprimer
  3. Il y a longtemps qu'on me recommande de découvrir Somoza, je ne l'ai toujours pas fait. Lequel des deux me conseilles-tu le plus volontiers? Clara ou la dame N°13?
    Ce n'est pas la première fois que je lis une critique défaitiste de la dame n°13 (cf Voyelle et Consonne), mais j'aimerais avoir ta préférence - ton avis...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Comme tu l'as compris, j'ai bien aimé les 2, mais je te conseillerais plutôt "Clara...".
      Je ne sais pas lequel des deux a été écrit en premier, mais il m'a semblé plus "abouti", plus dense.

      Supprimer

Enregistrer un commentaire