"Une odyssée américaine" - Jim Harrison

"Qui suis-je pour que la vie me déçoive ?"

Les habitués de Jim Harrison qui liront "Une odyssée américaine" ne seront pas désorientés...

Ils y retrouveront l'amour de l'auteur pour les grands espaces, ses digressions à caractère bucolique, son intérêt pour l'étude de la faune et de la flore des campagnes américaines.
Ils y feront connaissance avec l'un de ces personnages typiquement "Harrisoniens", qui mêle à une érudition éclectique un goût de la simplicité quasi rustique pour tout ce qui touche à son quotidien, et qui fait preuve d'une humilité naturelle ainsi que d'une absence d'a priori désarmantes.

Il se prénomme Cliff, et sa femme l'a quitté, après trente-huit ans de vie commune, pour les beaux yeux d'un ex camarade de classe retrouvé lors d'une réunion d'anciens élèves. Il a par la même occasion perdu la ferme qui lui a procuré travail et subsistance depuis qu'il en avait héritée de son beau-père, et pour laquelle il avait abandonné le poste de professeur que, par conséquent, il n'occupa que peu de temps. Ajoutez à cela la mort de sa vieille et fidèle chienne Lola... et vous comprendrez que notre homme se sente quelque peu déboussolé, en proie à des questionnements sur ses projets d'avenir.

Depuis toujours admirateur de Thoreau et de son "Walden", il décide de partir sillonner les États-Unis, notamment ses contrées sauvages. Il profitera de ce périple pour renommer les états américains, ainsi que les oiseaux qu'ils ont pour emblèmes.
En cours de route, il embarque avec lui Marybelle, une de ses anciennes étudiantes avec laquelle il a toujours gardé le contact. Peu farouche, exubérante, la jeune femme lui confie rapidement les déceptions et l'amertume engendrées par sa vie de famille.

Les habitués de Jim Harrison qui liront "Une odyssée américaine" seront peut-être déçus, ainsi que je l'ai été...

Ce roman est pourtant loin d'être désagréable : le personnage principal, avec ses perpétuelles remises en question, ses évocations de souvenirs attendris ou embarrassants, ses réflexions sur une certaine Amérique en laquelle il ne se reconnaît pas (celle d'une modernité où les prouesses technologiques occultent l'appauvrissement des relations humaines), est certes attachant. De plus, l'écriture, très fluide, rend la lecture facile.

Malgré tout, je ne me suis jamais vraiment imprégnée de ce récit. Son aspect décousu et la superficialité avec laquelle les sujets y sont abordés m'en ont détachée. Il m'a manqué, dans "Une odyssée américaine", la densité, le rythme lent mais envoûtant que j'ai tant apprécié dans "Dalva" ou dans "La route du retour", par exemple.


>> D'autres titres pour découvrir Jim Harrison :
"Dalva"
"Faux soleil"
"Retour en terre"
"La route du retour".

Commentaires

  1. Dommage, je voyais déjà à qui j'allais l'offrir (un fan de "Into the wild" et de "Sur la route".

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    Réponses
    1. C'est vrai que "Une odyssée américaine" est un peu dans l'esprit de ces "road books", mais il n'en n'a pas la densité, et c'est dommage.
      Pour apprécier tout le talent d'Harrison, ce n'est sûrement pas celui-là que je conseillerais...

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