"Le Grand Partout" - William T. Vollmann

Train-train rébarbatif... 

J'ai abandonné "Le Grand Partout"...
... ou comment vous dire joliment que j'ai dû interrompre avant son terme ma lecture de l'essai pourtant prometteur de William T. Vollmann.

Prometteur, oui : il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour me laisser séduire par les sirènes d'un quatrième de couverture qui me chantaient les louanges d'un "hymne à la clandestinité et au voyage, (...) au fil de pages splendides et inspirées qui réinventent la légende du Grand Ouest"...

Le synopsis lui-même était plutôt attrayant : l'auteur y relate son expérience dans le domaine de la "resquille ferroviaire" ; avec son ami Steve, il voyagent clandestinement dans les trains de marchandises, avec comme destinations celles que le hasard et la planification des sociétés du rail choisissent pour eux.

J'imaginais des rencontres insolites, des aventures picaresques, des descriptions éloquentes des paysages traversés...

Je n'y ai trouvé que l'ennui, et le désappointement. D'ailleurs, l'auteur avoue lui-même que "ce livre a peu de choses à dire". Dans ce cas, il aurait mieux fait de s'abstenir !
J'ai eu l'impression de tourner en rond : le récit est essentiellement composé du récit d'attentes, de montées et de descentes plus ou moins réussies, car plus ou moins risquées, et les sites traversés le sont trop rapidement pour susciter des commentaires véritablement intéressants. Du coup, William T. Vollmann préfère s'attarder sur la description de l’intérieur des wagons (souvent couverts de graffitis obscènes, parfois très délabrés).
De temps en temps, émerge une figure d'emblée attachante, celle d'un protagoniste avec lequel on aimerait faire plus ample connaissance, mais là aussi, la rencontre est fugace, et laisse un goût de frustration...

Imaginer William T. Vollmann, écrivain aux revenus confortables dont le physique vieillissant lui fait parfois subir ses défaillances, en voyageur clandestin et anonyme, est une idée sympathique... on lui souhaite de pouvoir continuer longtemps, mais qu'il ne se sente pas obligé de nous en faire part !

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